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Ces grands disparus de la guerre

Ils sont tombés aux premières heures de l'insurrection armée du 19 septembre 2002. Dans des conditions non encore élucidées. Eux, ce sont les grands disparus de la guerre ivoiro ivoirienne. Aussi bien ici à Abidjan qu'à Bouaké. Et ils ont pour noms : Robert Guei, Emile Boga Doudou, Dagrou Loula, Dally Oblé, Yodé Emmanuel, Rose Doudou Guei, Fabien Coulibaly, Dosso Aboubakary Kodoumba et Diarrassouba Oumar alias Zaga Zaga, pour ne citer que ceux làDès que les armes se sont mises à crépiter dans la nuit du 18 septembre, on annonce au petit matin la mort de Boga Doudou rentré la veille d'une mission en Europe. Son collègue Lida Kouassi Moise a eu plus de chance et s'en est sorti à bon compte. Dans les mêmes conditions, on apprend la mort de Marcellin Yacé, célèbre musicien chanteur. De retour de son studio d'enregistrement au petit matin, il est pris entre deux feux dans les environs de Cocody. A la mi journée du 19 septembre, c'est le général Robert Guei qui tombe sans avoir eu à combattre. Victime des représailles de certains proches du régime ? Tout porte à le croire. Il ne s'en ira pas seul. Avec lui, son épouse Rose, son aide de camp, le capitaine Fabien Coulibaly et d'autres membres de sa garde prétorienne sont tombés. Les armes à la main ? Certainement pas. Puisqu'ils ont été désarmés avant d'être littéralement mitraillés, selon plusieurs témoignages concordants, par leurs bourreaux. Dans la même journée du 19 septembre, des officiers proches du régime d'Abidjan paieront de leur vie. Le colonel Yodé Emmanuel est tué par des combattants mystérieux alors qu'il rejoignait son poste en provenance de Yopougon. Les colonels Dagrou Loula et Dally Oblé, en poste à Bouaké sont tués au cours des combats les ayant opposés aux combattants venus du néant. Le capitaine Dosso Aboubakary Kodoumba, aide de camp de Alassane Ouattara est assassiné alors qu'il tentait de parlementer avec des soldats venus à la recherche de son patron. Une semaine plus tard, alors qu'ils s'apprêtaient à aller livrer bataille contre les loyalistes aux portes de Bouaké, le sergent Oumar Diarrassouba alias Zaga Zaga trouve la mort, tué accidentellement par balle. A cette longue liste des grands disparus de la guerre, s'ajoute celle tout aussi longue des victimes des escadrons de la mort à la solde du régime d'Abidjan. Le conflit armé en Côte d'Ivoire, on le voit, a été particulièrement meurtrier.

Kristian Kara

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.