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Le Patriote
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Ouattara et la rigueur

Je sortirai un programme de gouvernement où je dirai voici ce que je ferais avec vingt ministres, dans combien temps, je le ferais. Je le ferais avec toutes les compétences. Ces propos sont du Premier ministre Alassane Dramane Ouattara. Il les a tenus le samedi 8 décembre dernier au cours du Forum civil de l'organisation des jeunes libéraux de Côte d'Ivoire. Pour le président du Rassemblement des Républicains, les choses sont claires. On ne peut diriger un pays pauvre comme la Côte d'Ivoire sans restriction et rigueur budgétaire. Cette rigueur dans la gestion des ressources de l'Etat doit commencer par le gouvernement. L'ancien Premier ministre d'Houphouët-Boigny estime que l'on peut être efficace dans l'action gouvernementale avec un effectif raisonnable. En la matière, l'ancien directeur général adjoint du Fonds monétaire international a démontré lors de son passage à la Primature que ce n'est pas la quantité qui importe. Mais plutôt la qualité. Avec une équipe d'une vingtaine de technocrates, le docteur Alassane Dramane Ouattara a abattu un travail remarquable qui marque encore les esprits. Il n'y avait pas une pléthore de ministres. Mais chaque jour, les Ivoiriens se rendaient compte du progrès effectué par le gouvernement. En moins de trois ans, la nouvelle équipe a réussi à construire les universités d'Abobo-Adjamé et de Daloa, à assainir les finances publics, à apporter les réformes nécessaires en matière fiscal et juridique, à renflouer les caisses de l'Etat à travers une privatisation des entreprises étatiques exsangues par plusieurs décennies de gabegie et à réduire le train de vie de l'Etat. Cette politique plein de rigueur et de clairvoyance a permis à la Côte d'Ivoire de renouer avec les institutions de Brettons Wood et de préparer la future dévaluation du 11 janvier 1994. Alassane Dramane Ouattara sait en homme d'Etat averti que si l'on veut inculquer l'esprit de travail et de sacrifice, il faut commencer par soi-même en tant que dirigeant. Ce pari, il l'a réussi lorsqu'il était le chef du gouvernement. Il avait pris des mesures qualifiées à l'époque d'impopulaires pour sauver l'Etat de Côte d'Ivoire qui était en faillite après la détérioration des termes d'échange à la fin des années 1980. Surtout dans la filière café cacao. Des ministres et des barons qui jusque là se croyaient ont été gentiment sommés de payer leurs impôts. Des cadres qui confondaient patrimoine public et privé, ne pouvaient plus utiliser les voitures D pour aller soit en week-end soit aux funérailles dans leur village. Les ministres qui rechignaient à venir tôt au bureau étaient tenus d'y être à 7h30 au risque de s'exposer à une visite inopiné de contrôle du Premier ministre d'Houphouët-Boigny. Cette nouvelle conception de la gestion étatique a permis à la Côte d'Ivoire d'être réellement au travail et de faire un bond quantitatif vers le développement. Malheureusement, elle s'est brusquement arrêtée le 7 décembre 1993 à la mort du sage de Yamoussoukro . Aujourd'hui, c'est cette symphonie inachevée qu'entend reprendre le docteur Alassane Dramane Ouattara pour le bonheur des Ivoiriens et surtout pour la jeunesse en proie au chômage. Mais dans l'austérité et la rigueur. Deux valeurs que doit immanquablement observer un dirigeant qui aspire à diriger un pays pauvre s'il veut réussir sa mission.
Jean-Claude Coulibaly

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.