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Résolution 1765 de l'ONU : Ce que cache la suppression du poste de Stoudmann

La dernière Résolution de l'ONU sur la Côte d'Ivoire supprime le poste de Haut Représentant pour les Elections. Ainsi, Stoudmann s'en va au grand plaisir du Chef de l'Etat Gbagbo et de son parti le FPI qui, depuis 2006, font feu de tout bois pour reprendre en main le processus électoral. Mais après les clameurs et les chants de triomphe, les premiers secrets de la résolution onusienne commencent à sortir. Et ils risquent de ne plus faire plaisir du tout au camp présidentiel. La résolution 1765, prise le 16 juillet dernier, en son point 6 "décide de mettre un terme au mandat du Haut Représentant pour les Elections". Ce qui a priori voudrait dire que l'ONU se désengage du processus électoral. C'est d'ailleurs cette compréhension des choses qui a vite fait vibrer de joie le camp présidentiel qui se croyait désormais libre de toute man?uvre quant à l'organisation des élections à sa guise. Mais, le même point 6 de ladite résolution ajoute : "décide en conséquence que le Représentant Spécial du Secrétaire Général en Côte d'Ivoire certifiera que les stades du processus électoral fourniront toutes les garanties nécessaires pour la tenue d'élections présidentielle et législatives ouvertes, libres, justes et transparentes, conformément aux normes internationales, et prie le Secrétaire Général de prendre toutes les dispositions nécessaires afin que le Représentant Spécial dispose d'une cellule d'appui lui fournissant toute l'assistance requise pour pouvoir s'acquitter de cette mission". Ces dernières lignes, si elles étaient bien comprises, ne devraient pas du tout faire rire le camp de Gbagbo. Car, en réalité, elle remplace un homme par une cellule d'experts internationaux et remplace la certification globale des élections par la certification de chaque étape du processus électoral. Le poste de Stoudmann est supprimé, mais la mission de suivi des élections qui lui était assignée, les charges et prérogatives ont été renforcées et données au Conseil de Sécurité de l'ONU, via un comité d'experts. Selon des sources diplomatiques au Conseil de Sécurité de l'ONU, quand on parle de certification des stades du processus électoral, cela veut dire que le processus électoral sera segmenté dans son évolution et dans sa surveillance. Les stades de l'identification, le stade du recensement électoral, le stade de la confection et de la distribution des cartes électorales, le stade du découpage électoral, le stade du scrutin et du dépouillement. Chacun des stades fera l'objet d'une surveillance accrue et d'une certification individuelle de la part du comité d'experts. Si un seul des stades ne correspond pas aux normes internationales, le comité d'experts saisit directement le Conseil de Sécurité qui avisera. Le processus sera arrêté et rectifié. La poursuite du processus électoral au stade suivant dépend donc de la certification du précédent. Pour leur part, les experts commis à la surveillance répondent directement du Conseil de Sécurité à qui ils rendent compte directement sans passer par l'ONUCI.
De ce qui précède, on voit bien qu'il sera plus difficile pour le régime de combattre ou de corrompre un groupe issu de différents pays qu'un seul individu. Le FPI a demandé que Stoudmann parte, on lui envoie un groupe d'experts. De quoi troubler encore plus le sommeil du camp présidentiel.
Eddy PEHE

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