Aller au contenu

Nepad / 6 ans après: Un autre revers pour l`Afrique ?

La création du Nepad avait, en 2001, suscité beaucoup de passion en Afrique. Les intellectuels du continent, quant à eux, en ont fait leur choux gras, tenant des séminaires par ci, des conférences par là pour expliquer ses bien- fondés. Six ans après, la flamme du Nepad semble s'éteindre et aucun de ses initiateurs n'ose lui donner un peu d'oxygène pour la raviver. Est-ce un autre revers de " cette Afrique " incapable de prendre son destin en main.

Le Nepad en anglais ou le Nopada en français, entendez par là "Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique" a vu le jour en 2001, sous impulsion de certains chefs d'Etat du continent. Cette initiative est partie du Plan Africain pour le Millénaire "MAP" du président Sud-africain, et du Plan Omega du Sénégalais, Abdoulaye Wade. Dans cette synthèse, les leaders africains reconnaissent que le continent est le premier responsable de son avenir. Les intellectuels africains en ont, quant à eux, vu enfin le décollage de leur continent.
Le Nepad a pour objectif de sortir l'Afrique du cycle infernal de la pauvreté et de mettre fin à sa marginalisation en favorisant son intégration dans l'économie mondiale. Il s'agit de construire un partenariat entre le continent et le monde, mais aussi, entre les africains, eux-mêmes. La paix, la sécurité, et la stabilité du continent figurent en bonne place, parmi les priorités de l'initiative, à côté des questions comme l'éducation, les infrastructures, l'intégration régionale, le renforcement des capacités, la santé et surtout la recherche d'une meilleure gouvernance politique et économique. Le Nepad a été, en juin 2002, approuvé par le G8, à Kananaski au Canada comme le plan d'action pour l'Afrique. A ce sommet, les huit grands du monde ont indiqué aux représentants du Nepad que sont les présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Thabo Mbeki de l'Afrique du Sud, Olusegun Obasanjo du Nigeria, Hosni Moubarak de l'Egypte et Bouteflika de l'Algérie que leur objectif n'est pas d'injecter des fonds en masse, ni de soutenir financièrement le Nepad. En revanche, le G8 vise à mettre en place un nouveau partenariat qui permettra de débloquer des ressources publiques et privées, beaucoup plus importantes. Déjà, en octobre 2001, l'Union Européenne a, officiellement, apporté son soutien au Nepad à travers une déclaration communément signée avec les cinq représentants africains cités plus haut. Quant à l'UE, elle a reconnu les valeurs politiques du Nepad, et qu'elles sont l'essentiel de sa politique de la coopération extérieure. Ainsi donc, elle considère que la naissance du Nepad représente un engagement fort de la part des dirigeants à mener des reformes politiques et économiques dans un monde globalisé. Au sommet de Kananaskis, huit projets en vue de soutenir le Nepad ont été convenus. Il s'agit de la promotion de la paix et de la sécurité, du renforcement des institutions et de la bonne gouvernance, du soutien au commerce, aux investissements, à la croissance économique et au développement durable. Sont sur cette feuille route, La mise en ?uvre de l'allègement de la dette ; la croissance des connaissances, promotion et amélioration de l'éducation ; l'accroissement des opportunités offertes par le numérique ; l'amélioration de la situation sanitaire et du VIH /Sida ; l'augmentation de la productivité agricole ; l'amélioration de la gestion des ressources hydriques. Ayant le vent en poupe, le Nepad a reçu le soutien du parlement européen, de certains parlements nationaux de l'UE et surtout celui de l'assemblée paritaire ACP/UE. Tous ont salué cela, comme l'initiative majeure par laquelle l'Afrique s'appropriera, par ses propres ses efforts, la solution à ses difficultés. Aussi, organisera-t-elle sa renaissance en appliquant les meilleurs principes de la bonne gouvernance. Quant à l'Union Africaine (UA) lancée en 2002, devrait établir un espace intégré dans le cadre de la nouvelle vision panafricaine et renforcer les objectifs du Nepad.

Comment parler à Thabo Mbeki, Abdoulaye Wade, Abdelaziz Bouteflika ?

A la création du Nepad, le message d'aide économique de l'Union européenne, n'a pas du tout fait prendre conscience aux Africains, du potentiel du marché mondial, dont le continent ne représente que 2%. En vérité, la création du Nepad, devrait répondre à ce manque de compétitivité. Depuis 6 ans, les 53 Etats d'Afrique "refusent" d'adhérer au marché international, frappés par le leadership, entre le Sénégalais Abdoulaye Wade, l'Algérien Bouteflika, et le Sud-africain Thabo Mbeki. Pour une affaire de développement et de "vivre ensemble" Dakar, Alger, et Pretoria, s'affichent comme les capitales les plus méritantes, pour "parrainer" le Nepad et parler au nom des autres capitales africaines au sommet de l'Omc. Ce sont autant de difficultés juridiques et politiques en puissance qui ont "tué" le Nepad à sa naissance. Il s'agit surtout des opérateurs économiques africains, surtout du coton qui avaient ciblés le Nepad, comme un grand marché porteur pour l'industrie textile africaine. Mais le Nepad ne sera jamais "exploité". Parce que tout simplement, entre Thabo Mbeki, Abdelaziz Bouteflika et Abdoulaye Wade, il y a un déficit de tolérance après avoir chacun adopté des stratégies de "commandement" inadaptés. Thabo Mbeki, Abdoulaye Wade, Abdelaziz Bouteflika, chacun voulait avoir le Nepad, sur ses bases régionales. Thabo Mbeki avait sa stratégie pour la région de l'Afrique australe. La stratégie de Abdoulaye Wade était basée sur la région Ouest africaine. Pour Abdelaziz Bouteflika, il voulait faire de l'Algérie, la capitale du Nepad maghrebin. Mais cependant, Jacques Chirac, à l'époque chef de l'Etat français, témoignait d'un total soutien à Abdelaziz Bouteflika, dont le pays à une proximité immédiate et culturelle avec la France. Du coup Jacques Chirac, pouvait facilement se rendre à Alger pour un sommet du Nepad, que de traverser toute l'Afrique pour se retrouver à Pretoria, en Afrique du sud. Déjà, le " parrainage " de la France, du Nepad était incohérent. La France, voulait pour le même Nepad, le gaz algérien. Pour le même Nepad, Jacques Chirac, doutait de l'avancée économique de Dakar, et pour le même Nepad, Jacques Chirac craignait la puissance économique de l'Afrique du sud. Résultat : le Nepad ne sera jamais fonctionnel. Déboussolés, les opérateurs économiques, comme ceux de l'industrie textile, les producteurs de la bauxite guinéenne, du pétrole nigérian, angolais, gabonais, ou ceux du cacao de la Côte d' Ivoire, du café rwandais, n'intègrent toujours pas le marché international par la grande porte. Mais la faute à qui ? aux Africains eux-mêmes En réalité, pour gagner la confiance de l'Omc, les Africains doivent savoir, et apprendre à se placer, en oubliant leurs différentes politiques et régionales, en ciblant, en toute responsabilité, leurs références secrètes, et la dignité de l'Afrique à Accra, au Ghana, le Nepad n'était pas du tout à l'ordre du jour, balayé par le projet " les Etats unis d'Afrique " du guide libyen Mouammar Kadhafi. Nous ne savons plus abonnés aux coups d'Etat, aux guerres civiles et aux rebellions. Résultat : le développement "vrai" de l'Afrique n'est pas pour maintenant. Certes, l'Afrique, en matière de développement humain, reste un modèle, pour les autres continents, confirmé par l'immense population du Nigeria, avec 120 millions d'habitants, le Soudan, l'Egypte, et particulièrement la sous-région ouest-africaine, avec 800 millions d'habitants. Mais seulement, les orientations économiques du modèle humain africain, s'adaptent aujourd'hui difficilement aux exigences de l'OMC, et de l'Economie mondiale. En attendant, seules l'Afrique du sud, l'Egypte, le Maroc ou la Libye peuvent attirer davantage d'investissements extérieurs. Le Soudan, l'Angola, la Côte d'Ivoire, peuvent devenir une plate-forme des grands courants des échanges mondiaux.

Ben Ismaël

Dans cet article