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Refondation : Facétie politique

L'armée colombienne est allée abattre en territoire équatorien le numéro 2 des forces armées Révolutionnaires Colombiennes, et 17 combattants des FARC. Aussitôt, le président équatorien, invoquant la violation de son territoire et de sa souveraineté nationale rompait ses relations diplomatiques avec la Colombie et massait des troupes à la frontière avec la Colombie, prêt à en découdre. Le président équatorien, en réagissant ainsi, faisait ostensiblement mine d'ignorer que les premiers à avoir violé son territoire et sa souveraineté nationale ont été les éléments des FARC pour qui les frontières n'existent pas. En n'ayant aucune réaction face au franchissement de sa frontière par les FARC en arme, le président équatorien démontrait sans équivoque qu'il a partie liée avec ces FARC à qui on peut supposer qu'il accordait beaucoup de facilités.
Le président équatorien, parce qu'il se dit communiste et révolutionnaire a estimé que les FARC, révolutionnaires et communistes, ne commettaient aucune faute en franchissant illégalement ( ?) sa frontière. Sans attendre, le président du Venezuela, lui aussi révolutionnaire et communiste, par solidarité révolutionnaire, décide de rompre ses relations diplomatiques avec la Colombie et de masser des troupes à leur frontière commune. Le même mimétisme s'emparait aussitôt d'un autre président communiste et révolutionnaire qui décide également de rompre les relations diplomatiques de son pays, le Nicaragua, avec la Colombie. Tout le monde s'attendait donc à un conflit armé qui allait obliger la Colombie à se battre sur deux fronts et même trois si l'on tient compte du front intérieur représenté par les FARC. Des diatribes virulentes avec les mots révolutionnaires appropriés étaient en effet déversées à longueur de journée sur la Colombie "suppôt et valet de l'impérialisme américain" et naturellement sur les Etats-Unis.
Et puis survint la réunion de la conférence des Etats de l'Amérique Centrale en République Dominicaine. En quelques heures, les chefs d'Etat équatorien et vénézuélien acceptaient de ne plus entrer en guerre contre la Colombie et de retirer les troupes qu'ils ont massées à leur frontière avec le pays du président Uribe. Bien entendu, les relations diplomatiques qu'ils ont rompues avec fracas seront immédiatement rétablies. Ainsi, après avoir monté leurs peuples respectifs contre leur voisin colombien en réveillant un nationalisme et un patriotisme épidermiques, les présidents vénézuélien et équatorien qui se servaient en réalité de l'incident de l'élimination du n°2 des FARC pour redorer leur blason au plan intérieur, se sont dégonflés comme des baudruches et ont également fait comprendre que leur agitation théâtrale archi médiatisée n'était qu'une tempête dans un verre d'eau. Le plus ridicule dans cette affaire est le président sandiniste du Nicaragua, véritable mouton de panurge qui s'est cru obligé de hurler plus fort que ses deux alliés et d'adopter des positions extrémistes ridicules. Nous nous demandons ce qu'il va faire à présent. C'est cela la politique chez les sous développés sous les tropiques où on prend très vite des vessies pour des lanternes. Parce qu'on est chef d'Etat, président de la République, on croit qu'on est dieu sur terre ou à tout le moins qu'on est issu de la cuisse de Jupiter. On gouverne donc son ( ?) pays en dépit du bon sens et selon ses humeurs et bien entendu, bien souvent, on agit avant de réfléchir embarquant son peuple dans des situations particulièrement inconfortables et même dans des conflits d'un autre âge dont on aurait pu faire l'économie. Il n'est donc pas étonnant que les guerres et les conflits se trouvent aujourd'hui presqu'exclusivement dans les pays du Sud dont les dirigeants, des êtres narcissiques et sans imagination ne soignent que leur ego et se substituent allégrement à leur pays et à leur peuple.
Il suffit que cet ego se croit atteint pour que des guerres stupides et ridicules éclatent entre des peuples qui ne demandaient qu'à vivre en paix. Ces chefs d'Etats, généralement totalement et notoirement incompétents et par conséquent incapables d'assurer le développement de leur pays et le bien-être des populations n'hésitent pas à jouer à ce jeu dangereux qu'ils utilisent en réalité comme dérivatif à leur carence. En Côte-d'Ivoire, alors que tout le monde connaît les causes du conflit actuel, il s'est trouvé des esprits pervers et particulièrement malhonnêtes pour déceler une guerre contre la France. On a donc suscité et alimenté un sentiment anti français débile qui a conduit au départ de 8 000 Français de notre pays, à la fermeture de centaines d'entreprises et à la mise au chômage de dizaines de milliers d'Ivoiriens.
Des livres puérils et putrides ont été écrits sur cette pseudo guerre contre la France ou plutôt sur cette pseudo guerre de la France contre la Côte-d'Ivoire :
- Cette France qui pille toutes les "immenses richesses" de notre pays.
- Cette France qui ne peut boucler son budget sans l'apport déterminant de nos richesses.
- Cette France qui veut recoloniser notre pays et nous réduire en esclavage
Délires imbéciles de personnes sans imagination !
Et pourtant ceux qui prétendent ainsi mener une guerre contre la France n'ont jamais été capables et n'ont jamais eu le culot de rompre nos relations avec ce pays diabolique ni de dénoncer les différents accords qui nous lient à lui.
Toutes ces gesticulations, tous ces propos haineux parce que la France a considéré que la crise ivoirienne est une crise ivoiro-ivoirienne et qu'elle ne pouvait pas intervenir directement dans le conflit avec ses troupes. Péché mortel et crime de lèse-majesté s'il en est! Il se trouve hélas que ceux qui adoptent ces positions inconséquentes sont à l'abri du besoin et que c'est le peuple dont ils exploitent cyniquement un patriotisme et un nationalisme primaires qui trinque et paie les pots cassés. Si notre pays est devenu le grand spécialiste du désinvestissement, si la Côte-d'Ivoire est devenue champion du monde de la corruption, si le chômage est devenu la première profession des Ivoiriens, si plus de 70% de la population peine à s'offrir un semblant de repas par jour, c'est à cause de ces personnes qui prétendent faire de la politique alors qu'elles ignorent tout de la politique et c'est à cause de ceux-là qui croient tout savoir alors qu'ils ne connaissent rien et étalent chaque jour à la face du monde leur incurie notoire, leur ignorance crasse, leur incompétence abyssale. Ils croient qu'être politicien, c'est s'attacher quelques branches mortes des partis-adversaires et surtout avoir à sa botte l'ensemble des forces de répression : armée, gendarmerie et police. Ils croient qu'être politicien c'est lever des milices tribales prêtes à tout massacrer et éventuellement à se faire tuer pour assurer leur maintien au pouvoir. Cependant, en leur for intérieur, lorsqu'il leur arrive d'être lucide, ils savent qu'ils se trompent puisqu'ils ne suscitent que répulsion auprès de ce peuple dont ils n'ont pas été capables d'assurer le bonheur.
Ils ont choisi désormais pour devise : " Me oderint dum metuant", qu'ils me haïssent pourvu qu'ils me craignent. L'avenir nous dira si la terreur qu'ils imposent et la crainte qu'ils suscitent suffiront à assurer leur maintien au pouvoir !
Par DOUBE BINTY

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