Juste retour des choses
Après les départs du Suédois Pierre Schori, l'ex-représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Côte d'Ivoire et du Suisse Gérard Stoudmann, ci-devant Haut représentant des Nations Unies aux élections, le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, peut se frotter les mains.
Il a, lourdement, pesé pour que ces deux personnalités (qu'il n'avait pas à la bonne et qui le lui rendaient bien), débarrassent le plancher. Il peut d'autant plus s'estimer heureux qu'il a réussi, cerise sur le gâteau, à remettre l'Institut national des statistiques (INS) en selle. Et comme Gbagbo ne veut pas faire les choses à moitié, il a décidé de s'impliquer, activement, dans l'opération de redéploiement de l'administration. C'est ainsi qu'il a opposé son veto à l'installation de certains préfets. Ils sont, au moins, quatre à n'avoir pas été redéployés. Sans doute pour ?' délit'' d'appartenance à l'opposition.
Manifestement, Laurent Gbagbo veut se mettre à l'abri des surprises désagréables. Vu que le rôle de ces représentants de l'Etat sera déterminant dans le processus électoral. Car, il ne faut point se leurrer, la mise à l'écart, l'un après l'autre, des fonctionnaires onusiens susmentionnés, de même que l'accroissement du rôle de l'INS au détriment de la CEI, participent d'une seule et même logique : le contrôle de la présidentielle prochaine. Gbagbo aspire, naturellement, à rempiler au terme du scrutin présidentiel dont la préparation est au c?ur de l'Accord politique de Ouagadougou. Et il se donne les moyens de parvenir à ses fins. C'est de bonne guerre. Mais l'entreprise tourne à l'entourloupe lorsqu'il prend prétexte dudit accord pour faire valoir ses seuls intérêts en faisant table rase de ceux de l'opposition. D'ailleurs, le fait qu'il ait discuté avec le Premier ministre Guillaume Soro et défini le cadre et les conditions de l'organisation des élections, est sujet à caution. Car, et ce n'est un secret pour personne, le Secrétaire général des Forces Nouvelles n'est nullement concerné par l'élection présidentielle. On comprend donc pourquoi les desiderata du chef de l'Etat sont passés comme une lettre à la poste. On comprend, aussi, pourquoi Gbagbo s'accroche à l'Accord de Ouagadougou. Il en est, à la fois, le père et le principal bénéficiaire.
Et l'opposition politique dans tout cela ? Quel rôle s'est-elle donné puisque, visiblement, le chef de l'Etat ne lui en n'a donné aucun ? Ces questions nous ramènent à la problématique du positionnement de l'opposition civile après la signature de l'APO. Quelle opposition face au président maintenu et candidat à sa propre succession ? A la vérité, elle est déboussolée et cherche ses marques. En proie à des convulsions internes, traversé par des forces centrifuges, le RHDP qui regroupe l'essentiel des partis de l'opposition, est à la croisée des chemins. De fait, le Pdci, le Rdr, l'Udpci et le Mfa sont tous, autant qu'ils sont, secoués par des dissidences. Ils sont, donc, occupés à se reconstruire ou à refaire leur unité lézardée. Conséquence : ils se détournent de la préparation de l'élection présidentielle. Or, celle-ci devrait, logiquement, être leur seul et unique centre d'intérêt. C'est une situation qui fait dire à certains que Gbagbo pourrait être le marionnettiste qui se cache derrière les dissidents des formations politiques significatives. Il aurait, donc, fait, dans leur entendement, sienne la politique ?' du diviser pour mieux régner''. Si tel est, vraiment, le cas, c'est bien l'opposition qui lui aura prêté le flanc. Sa mollesse, son indolence, son manque d'anticipation et de dynamisme ont fait du Rhdp une opposition quelconque. Chiffre molle ! Il ne faut pas s'étonner, outre mesure, si le chef des refondateurs en fait ce qu'il veut. C'est un juste retour des choses.
Honoré Sépé
Il a, lourdement, pesé pour que ces deux personnalités (qu'il n'avait pas à la bonne et qui le lui rendaient bien), débarrassent le plancher. Il peut d'autant plus s'estimer heureux qu'il a réussi, cerise sur le gâteau, à remettre l'Institut national des statistiques (INS) en selle. Et comme Gbagbo ne veut pas faire les choses à moitié, il a décidé de s'impliquer, activement, dans l'opération de redéploiement de l'administration. C'est ainsi qu'il a opposé son veto à l'installation de certains préfets. Ils sont, au moins, quatre à n'avoir pas été redéployés. Sans doute pour ?' délit'' d'appartenance à l'opposition.
Manifestement, Laurent Gbagbo veut se mettre à l'abri des surprises désagréables. Vu que le rôle de ces représentants de l'Etat sera déterminant dans le processus électoral. Car, il ne faut point se leurrer, la mise à l'écart, l'un après l'autre, des fonctionnaires onusiens susmentionnés, de même que l'accroissement du rôle de l'INS au détriment de la CEI, participent d'une seule et même logique : le contrôle de la présidentielle prochaine. Gbagbo aspire, naturellement, à rempiler au terme du scrutin présidentiel dont la préparation est au c?ur de l'Accord politique de Ouagadougou. Et il se donne les moyens de parvenir à ses fins. C'est de bonne guerre. Mais l'entreprise tourne à l'entourloupe lorsqu'il prend prétexte dudit accord pour faire valoir ses seuls intérêts en faisant table rase de ceux de l'opposition. D'ailleurs, le fait qu'il ait discuté avec le Premier ministre Guillaume Soro et défini le cadre et les conditions de l'organisation des élections, est sujet à caution. Car, et ce n'est un secret pour personne, le Secrétaire général des Forces Nouvelles n'est nullement concerné par l'élection présidentielle. On comprend donc pourquoi les desiderata du chef de l'Etat sont passés comme une lettre à la poste. On comprend, aussi, pourquoi Gbagbo s'accroche à l'Accord de Ouagadougou. Il en est, à la fois, le père et le principal bénéficiaire.
Et l'opposition politique dans tout cela ? Quel rôle s'est-elle donné puisque, visiblement, le chef de l'Etat ne lui en n'a donné aucun ? Ces questions nous ramènent à la problématique du positionnement de l'opposition civile après la signature de l'APO. Quelle opposition face au président maintenu et candidat à sa propre succession ? A la vérité, elle est déboussolée et cherche ses marques. En proie à des convulsions internes, traversé par des forces centrifuges, le RHDP qui regroupe l'essentiel des partis de l'opposition, est à la croisée des chemins. De fait, le Pdci, le Rdr, l'Udpci et le Mfa sont tous, autant qu'ils sont, secoués par des dissidences. Ils sont, donc, occupés à se reconstruire ou à refaire leur unité lézardée. Conséquence : ils se détournent de la préparation de l'élection présidentielle. Or, celle-ci devrait, logiquement, être leur seul et unique centre d'intérêt. C'est une situation qui fait dire à certains que Gbagbo pourrait être le marionnettiste qui se cache derrière les dissidents des formations politiques significatives. Il aurait, donc, fait, dans leur entendement, sienne la politique ?' du diviser pour mieux régner''. Si tel est, vraiment, le cas, c'est bien l'opposition qui lui aura prêté le flanc. Sa mollesse, son indolence, son manque d'anticipation et de dynamisme ont fait du Rhdp une opposition quelconque. Chiffre molle ! Il ne faut pas s'étonner, outre mesure, si le chef des refondateurs en fait ce qu'il veut. C'est un juste retour des choses.
Honoré Sépé