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Le Rebond
· 7 min de lecture

7ème anniversaire de la Refondation - Comment le Fpi a dilapidé les biens de l'Etat

En un seul mandat, le parti de Laurent Gbagbo, opposant farouche des régimes Pdci, n'a pas pu réinventer l'eau chaude. La poche de moralité que prétendaient être les socialistes ivoiriens, s'est avérée une porte ouverte sur l'enrichissement illicite. Un seul mot caractérise le mieux ce régime : la gabegie. La gestion opaque et mafieuse des ressources de l'Etat par le front populaire ivoirien (Fpi), traduit l'incompétence notoire de ce régime. Mais grave, lève le voile sur la volonté manifeste de celui-ci de vite, vite, vite s'enrichir au détriment de sa propre profession de foi. Peu importe la manière. Le plus gros prétexte de la dilapidation des ressources publiques, a été sans doute la guerre et maintenant la recherche de la paix. Deux faces d'une même pile.

Il est plus facile de faire la guerre, mais difficile de faire la paix. Le sage Houphouët disait que pour détruire, point n'est besoin de faire l'université de l'intelligence, mais pour construire si. Mais en Côte d'Ivoire, son pays, c'est le contraire. La guerre du 19 septembre 2002 permet mieux d'appréhender la conception qu'a le Fpi de la fin de la guerre. La conception que cette formation politique a de la recherche de la paix. Deux ?'s?urs'' jumelles qui ne se ressemblent pas pour autant. Mais les deux exigent de gros moyens financiers, surtout quand le cas se présente dans un pays en crise comme le phare du pré-carré français. En effet pour faire la guerre, Laurent Gbagbo et son régime ont mis à rude contribution, les caisses de l'Etat. Sans oublier les richesses minières, minéralogiques et autres, qu'il n'a pas hésité à brader. Mêmes les planteurs les plus pauvres d'un système qui fait des multimilliardaires, sont appelés à la rescousse. Peut-être que par un regain de souveraineté, Laurent Gbagbo avait ce droit là. En se décidant donc de déloger les buveurs de sang d'hier, le pouvoir d'Abidjan ouvrait une voie sans garde-fous. La course à l'argent rapide, venait d'être décrétée. Plusieurs types de commerce vont se multiplier. Des anonymes deviennent des marchands d'armes.

Achat d'armes : le prétexte inavoué de la gabegie

Des pasteurs quittent leur temple pour le monde des affaires. L'Europe de l'Est est la destination privilégiée. Plus de 500 milliards de francs sont engloutis en un temps record, dans l'armement de l'air. Des avions de guerre sophistiqués dit-on, sont acquis. Les armes lourdes aussi. Là également plusieurs milliards de Fcfa sortent une seconde fois des caisses de l'Etat. Le parti au pouvoir en profite pour renflouer ses caisses noires. Les démarcheurs d'armes nationaux et leurs partenaires de l'extérieur se frottent les mains. Des châteaux poussent de partout. Les grosses cylindrées aussi. Ce nouveau commerce favorise l'avènement de la deuxième catégorie des nouveaux riches. Partout dans l'administration ivoirienne, les proches du régime se la coulent douce sur les côtes réputées les plus chères au monde. Pourtant deux ans plutôt, ces mêmes messieurs et dames avaient à peine le ?'pikini'' pour être entre deux mini-cars de transport en commun. L'Etat lui-même, ne dort pas, pour parler comme à Adjamé. Gbagbo et les siens suscitent la création de plusieurs structures et micro-crédit, dans le seul but de permettre la ?'fluidité'' des devises soutirées soit des caisses de l'Etat soit du pétrole, du gaz, du café ou du cacao, vers l'Europe de l'Est pour payer les armes. Mais loger leur part du butin dans les banques les plus ?'sécurisées'' et loin de toutes indiscrétions, plusieurs autres circuits seront crées soit pour blanchir les retombées de ce trafic d'armes, soit pour enrichir les ?'oubliés'' du système. La liste des 38 milliardaires, publiés par votre quotidien, n'est que la face visible de l'iceberg. Outre l'achat de l'armement lourd, les milliards du café, du cacao, et du pétrole, permettront à Gbagbo d'entretenir sa cohorte de courtisans et autres délateurs patentés recrutés ça et là. L'argent public, a donc servi à tout, sauf à l'essentiel. Parce que juste à côté de ce commerce, le peuple se meurt. Le taux de chômage est de 48% quand celui de la croissance dégringole à 5 %. Pourtant, ce pays, à en croire Mamadou Koulibaly deuxième personnalité de l'Etat, est plus riche qu'avant . Pendant les cinq années de crise, le budget de souveraineté voté pourtant pour couvrir, tout le territoire national était plutôt ?'déversé'' comme les déchets toxiques dans la Côte d'Ivoire utile . La part allouée à la Côte d'Ivoire inutile a certainement contribué à l'avènement de cette deuxième catégorie de nouveaux riches. Mais comme le dit l'artiste quand on a plus de souffle, il faut arrêter la course . Sûrement que Abidjan et Bouaké ont compris l'importance de la sortie de crise en allant vite, vite, vite à des élections sans fétichisme de date . Un charabia juteux de part et d'autre.

La quête de la paix : un autre bonbon

Seuls les imbéciles ne changent pas. Dixit Félix Houphouët Boigny. L'ayant appris à leurs dépens, Laurent Gbagbo et son premier ministre ont chacun en ce qui les concerne engagé leur camp, sur la caravane de la paix, un boulevard ouvert, pour la mangecratie . D'autres centaines de milliards de Fcfa seront encore décaissés pour les faiseurs de paix. C'est d'abord Charles Blé Goudé, encore lui, qui ouvre le bal à travers sa caravane de la paix quelques temps avant l'accord de Ouagadougou. Des sources concordantes avancent le chiffre de 100 millions à chaque étape de cette caravane. Puisque l'objectif principal était de préparer psychologiquement les ivoiriens à la signature de l'accord de Ouaga. Mission noble, mais pas facile , nous confie-t-on du côté du ?'Général'' de la rue. Mais avec l'argent de l'Etat, le Fpi et ses satellites ont réussi à travers, leur filleul ; de préparer la ?'rupture'' du choc de Ouaga le 04 mars 2007. A Ouaga en effet, Laurent Gbagbo et son opposant armé, concluaient ce jour là l'accord de paix. De l'entame jusqu'à l'apothéose du dialogue direct, ?'mère'' de cet accord, des milliards de francs sont encore sortis de l'Etat. Gbagbo et Soro sont tellement pressés d'aller vite, vite, vite aux élections sans fétichisme de date qu'il faut financer sans calculs à tout ce qui contribuerait à l'application dudit accord. Un gouvernement budgétivore qui bénéficie de trois semaines de villégiatures, pardon de vacances, est formé. Pendant ce temps, les jeunes des deux blocs ennemis d'hier s'activent. Une visite de la jeunesse Fn à Kpô dans le village de Blé Goudé est organisée à coût de millions. Les forces nouvelles lui ramènent à leur tour, l'ascenseur. Quelques semaines avant la flamme de la paix, Blé séjourne à deux reprises à Bouaké. Un séjour aux frais de l'Etat. C'était un test. Puisque la grande fête était prévue le 30 juillet. Plusieurs sources indépendantes évaluent les dépenses effectuées à l'occasion à 500 millions au minimum. La saignée des deniers publics ne s'arrête pas pour autant. Puisqu'il y aura encore, la nuit de la paix et l'an 5 de la résistance patriotique à Gagnoa avec la visite de Guillaume Soro dans cette ville. Des centaines de millions ont été encore décaissés pour l'occasion. Et comme si cela ne suffisait pas, une sorte de gala est en train d'être organisée par Ahoua Stallone, un proche du régime ivoirien au stade Félix Houphouët Boigny. S'il est vrai que la paix n'a pas de prix, la manière de la rechercher en Côte d'Ivoire reste préoccupante et interpelle plus d'un citoyen. Parce que comme à l'époque de la guerre, d'autres milliardaires sont nés. Que ceux au nom de qui on prétend faire la guerre ou rechercher la paix ; mangent à peine, dorment presque à la belle étoile, meurent comme des insectes dans les hôpitaux dits publics. Sous la refondation, les gens mangent par hasard . Alors qu'il suffisait au pouvoir actuel de privilégier le social, l'école, la santé. En ces temps de vaches maigres, le peuple n'a plus besoin de ces ?'caravanes'' de paix sur fonds de commerce. Alors

Brahima Gollé





Encadré

Les grandes réalisations du régime Gbagbo

A son accession au pouvoir, le Fpi de Laurent Gbagbo a fait beaucoup de promesses. Ecole gratuite, médicaments cadeaux, réduction du coût de la vie etc. bref, le bonheur pour tous les ivoiriens. Mais aucune école, aucun hôpital n'a été construit sous le régime des refondateurs qui servent la misère au peuple ivoirien. Pis, le Fpi a détruit l'existant. La paix, la cohésion sociale, l'école, la santé sont entre autres domaines dans lesquels les socialistes ( ?) ont lamentablement échoué. Cependant en ce jour anniversaire de son accession au pouvoir, le Fpi peut néanmoins se vanter d'avoir construit le plus grand monument aux morts de l'histoire de la Côte d'Ivoire et d'avoir servi la guerre aux ivoiriens. Le Fpi peut par ailleurs se vanter d'avoir réussi à rendre la riche Côte d'Ivoire pauvre et les pauvres refondateurs riches. Ces choses, semble-t-il sont les plus grandes ( ?) réalisations du régime Fpi qui fête aujourd'hui sept ans de gestion calamiteuse du navire ivoire.

Api Ahissan

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Article publié par Le Rebond et référencé par 225.ci.