Le rugby ivoirien vient d`enregistrer dans ses annales, la toute première Dame arbitre de son histoire, en la personne de Jeannette Soudani Attaoua. Zoom sur une femme atypique. En Côte d`Ivoire, le monde de l`arbitrage du rugby est mixte depuis février 2007 avec une native de Tanda, Jeannette Soudani Attaoua, étudiante de son état qui a " démystifié " ce corps qui, jusque-là, était l`affaire des hommes. Jeannette, (26 ans, 1,60 m, 67 kg) contrairement aux jeunes filles de son âge qui optent quasiment toutes pour les sports de main, tels que le handball, le volley-ball, le basket-ball, etc., a décidé, depuis le lycée, de s`adonner au rugby. Nonobstant le caractère rébarbatif de cette discipline considérée à tort ou à raison comme dangereuse et violente, elle va s`y mettre depuis la classe de Terminale, au Lycée municipal d`Adjamé Harris, en 2005. " L`amour du rugby, explique-t-elle, est né du fait de son jeu au contact et aussi de son caractère physique. J`y ai fait mes premiers pas lors des cours d`Epreuves physiques et sportives (EPS) ". Après le BAC, série D, qu`elle obtient avec la mention assez bien, à l`inverse de nombre de ses camarades qui se bousculaient aux portes des Universités et Grandes écoles, la jeune Jeannette opte pour le concours d`entrée à l`Institut national de la Jeunesse et des Sports (INJS). " Pour, soutient-elle, réaliser mon rêve qui n`est autre que la pratique du rugby ".
Du rêve à la réalité
A c?ur vaillant, rien d`impossible, dit le dicton. Elle a fait sienne cette maxime. Puisqu`elle réussit, avec brio à ce concours. Elle fait partie de la promotion 2005-2006. Désormais étudiante à l`INJS, Jeannette, dès les premiers cours, se fait remarquer, en bien, en rugby. " A l`Institut, les filles n`aiment pas faire du rugby leur spécialité, confie la " femme arbitre ". Je me suis alors résolue à en faire ma spécialité ". Déjà prédisposée et aimant surtout la chose, ses enseignants, et plus particulièrement celui chargé du rugby, vont l`encourager à s`y intéresser davantage. Avec la complicité de parents et amis, elle s`inscrit au club de rugby de l`Institut. Son professeur dans cette matière, Laurent Bonnel, ne cesse de la féliciter et de l`encourager à s`y mettre à fond. Selon lui, en effet, c`est depuis son arrivée à l`INJS qu`il a découvert les énormes potentialités de son étudiante. " Pourquoi ne pas l`y aider, s`est demandé l`enseignant, puisqu`elle a des qualités énormes ". Sans toutefois reléguer les autres matières au second plan, Jeannette Soudani Attaoua poursuit sa formation en toute confiance. Elle est en licence cette année. Et le rugby la passionne davantage depuis son intégration dans la grande famille de la Fédération ivoirienne de Rugby (FIR). Février 2007, son premier match officiel
Vu sa capacité de rétention et les énormes progrès, Jeannette Soudani va être présentée à la Fédération ivoirienne de Rugby qui lui ouvrira les bras. Grâce aux échos favorables qui l`y ont précédée. En février 2007, elle officie, pour la première fois, une rencontre officielle en tant que juge assistante. " Tout naturellement, j`avais des appréhensions, à quelques minutes du coup d`envoi, raconte-t-elle. Mais avant la mi-temps, je m`étais ressaisie. Et de l`avis de mes aînés dans la corporation, je m`étais tirée à bon compte ". Avant d`ajouter : " Je veux devenir une arbitre professionnelle ; je n`ai aucune crainte. Etant la 1ère arbitre en Côte d`Ivoire, je tiens à être un bon exemple pour les générations futures". Son professeur de rugby, Bonnel Laurent, est d`avis. Selon lui, les responsables techniques de la FIR avaient apprécié sa prestation. Après quasiment un an de " stage pratique ", plusieurs fois arbitre de touche, Jeannette a officié son premier match au poste d`arbitre central le samedi 8 mars dernier à l`occasion du premier Tournoi à 7, au stade de l`Université de Cocody, le fief de la FIR. Une semaine plus tard, lors de l`acte 2 de ce même tournoi, on lui a fait de nouveau confiance. Et une fois de plus, le satisfecit était total. Du côté de la FIR, on ne tarit pas d`éloges pour la jeune arbitre. Le Secrétaire général de la FIR, Guy Claude Bony, embouche la même trompette : " Elle donne satisfaction, souligne t-il. Elle a une bonne marge de progression. Pour l`aider davantage, elle est soumise à une formation spéciale. Car, elle fait partie des arbitres sélectionnés pour une compétition internationale prévue en juin prochain, au Ghana ". C`est, nul doute, le début d`une carrière prometteuse pour la jeune Jeannette Soudani Attaoua.
Eugène Djabia
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