La perte des privilèges inquiète
Tous les observateurs avertis sont unanimes pour reconnaître que les convulsions qui s'emparent du nord traduisent l'existence d'un front du refus rigidement dressé contre le désarmement. Ce front est soigneusement entretenu par les seigneurs et autres potentats de la rébellion qui ont peur de perdre les privilèges qu'ils se sont arrogés et auxquels ils s'accrochent depuis six ans. Pour ses ennemis de la paix abonnés au gain facile, le désarmement s'annonce comme la fin de la vie de roitelet qu'ils mènent avec zèle, insouciance et mégalomanie. Nul n'ignore que des bidasses de l'armée passés chefs de guerre se sont vu bombardés commandants de zone, régnant sur des empires financiers avec droit de vie ou de mort sur de paisibles citoyens. Inutile de rappeler que, dans la foulée, des chiens de guerre burkinabé, libériens, maliens et guinéens en quête de subsides se sont joints à la danse. Tout ce beau monde se nourrit depuis 6 ans à la soupe rebelle tirée du prélèvement des taxes parallèles et du pillage des ressources minières et agricoles dans les zones assiégées. Les fortunes amassées par les chefs de la rébellion peuvent rivaliser avec celles des sultans de Bruneï. Il se raconte, à cet effet, que les immeubles qui sortent de terre dans Ouagadougou, à Bamako et même à Abidjan sont la propriété des patrons de la rébellion ivoirienne. Ces derniers sont habitués à une vie de bourgeois qu'ils ne sont pas prêts d'abandonner si tôt.
Le président Gbagbo, qui sait décortiquer les événements, ne s'est d'ailleurs pas mépris sur les motivations de la poussée de fièvre dans la zone précédemment tenue par Koné Zakaria et a illustré cette volonté par cette image. Si un mouton s'entête à vouloir entrer dans une porte qu'on lui ferme au nez, c'est qu'il y a des bananes, c'est qu'il y a du riz là-bas. A Séguéla ici, si des gens reculent quand on parle de paix, c'est qu'à Séguéla il y a du diamant, il y a du coton. C'est qu'à Vavoua, il y a du cacao et du café?.
Junior Dekassan
Le président Gbagbo, qui sait décortiquer les événements, ne s'est d'ailleurs pas mépris sur les motivations de la poussée de fièvre dans la zone précédemment tenue par Koné Zakaria et a illustré cette volonté par cette image. Si un mouton s'entête à vouloir entrer dans une porte qu'on lui ferme au nez, c'est qu'il y a des bananes, c'est qu'il y a du riz là-bas. A Séguéla ici, si des gens reculent quand on parle de paix, c'est qu'à Séguéla il y a du diamant, il y a du coton. C'est qu'à Vavoua, il y a du cacao et du café?.
Junior Dekassan