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Notre Voie
· 3 min de lecture

SEM Henri Bekalle-Akwé, secrétaire général du groupe africain du Corps diplomatique - L'intégration doit émerger de la base

Le Groupe africain du Corps diplomatique accrédité en Côte d'Ivoire organise aujourd'hui, la commémoration de la création de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), à la résidence de l'ambassadeur du Gabon en Côte d'Ivoire, à la Riviera-Golf. Dans cet entretien, l'ambassadeur Henri Bekalle-Akwé, secrétaire général du Groupe, situe le sens de la célébration.
Notre Voie : Quel cachet donnez-vous à la commémoration de la création de l'Organisation de l'unité africaine cette année ?
Henri Bekalle-Akwé : L'Organisation de l'unité africaine (OUA) a été créée le 25mai 1963. Cette année, nous avons décidé de commémorer l'événement en Côte d'Ivoire le 27 mai pour des raisons purement de calendrier. Compte tenu du processus de paix, il y a beaucoup d'événements qui ont fait que nous avons décalé cette fête qui, il faut le souligner, est la fête de tous les africains. Le thème de cette célébration est l'eau. L'avenir de l'eau en Afrique. Les interventions de ce jour porteront sur la situation de l'eau dans le monde et en Afrique de façon précise. L'on évoquera les conditions d'assainissement sur le continent.

N.V. : Quel est aujourd'hui l'enjeu de l'eau en Afrique ?
H.B.A. : L'eau est source de vie. Non seulement on la consomme, mais l'eau est à la base de l'agriculture. En Afrique, on peut dire que la situation est loin d'être reluisante. De nombreuses régions souffrent du manque d'eau potable. Le Sahara, par exemple, connaît une situation difficile. Les observateurs n'hésitent pas, les prochaines décennies, à parler de guerre de l'eau.

N.V. : Pouvez-vous être précis à ce niveau ?
H.B.A. : Nous utilisons de plus en plus l'eau compte tenu de l'augmentation de la population mondiale. La conséquence de cette utilisation est que l'eau devient de plus en plus rare au fil des années. Or vous connaissez l'évolution du monde. Si demain, il se trouve que l'Afrique est le continent qui a le plus d'eau au monde, vous imaginez les convoitises qu'une telle situation pourrait engendrer.

N.V. : Qu'est-ce qui est fait aujourd'hui au niveau des politiques africaines, face à cette situation ?
H.B.A. : Nous sommes des ambassadeurs. Ce n'est pas à nous qu'il incombe de dire ce que les politiques africains préparent. Si le thème de l'eau a été retenu par l'Union africaine, cela signifie que les gouvernants africains ont pris conscience et qu'ils ont commencé à y réfléchir.

N.V. : Quel bilan faites-vous de l'Union africaine?
H.B.A. : Le représentant de l'Union africaine est le mieux placé pour répondre à cette question. En tant que diplomate, nous observons. A notre humble niveau, ce que nous pouvons dire c'est que l'intégration n'est pas quelque chose qui se décrète. L'intégration doit émerger de la base. Si les peuples s'intègrent, les politiques suivront et les choses iront vite et aisément. Les décisions des politiques sont pour la légalisation du processus, mais à côté de ça il faut une légitimité du peuple. Nous profitons de cette occasion pour saluer la décision du chef de l'Etat ivoirien relative à la suppression des cartes de séjour en Côte d'Ivoire. Nous espérons que tous les autres pays iront dans le même sens pour renforcer davantage l'intégration africaine.

N.V. : Etes-vous optimiste pour l'intégration africaine ?
H.B.A. : Je suis hyper optimiste pour l'Afrique. J'adore l'Afrique. J'ai demandé, s'il arrivait que je meurs aux Etats-Unis, en France ou partout ailleurs, qu'on m'enterre en Afrique. Platon a dit qu'il n'y a point de race qui, guidée par la vertu, ne puisse parvenir à la raison. Je me dis que nous arriverons un jour ou l'autre à nous en sortir.

N.V. : Qu'est-ce qui fonde votre foi avec toutes ces guerres et ces calamités qu'on voit ?
H.B.A. : L'Afrique a survécu à l'esclavage, l'Afrique a survécu au colonialisme, l'Afrique a survécu aux grandes épidémies ; l'Afri-que doit survivre même au Sida, et je peux même dire que l'Afrique survivrait à une bombe atomique, car nous sommes trop forts.

Interview réalisée par César Ebrokié

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Article publié par Notre Voie et référencé par 225.ci.