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Nigeria-Elections-Gouverneurs: 11 morts aux élections des gouverneurs, les frontières du Nigeria fermées

APA-Lagos (Nigeria) L'élection des gouverneurs et des parlements d'Etats du Nigeria, qui a lieu ce samedi, a connu ses premiers morts quelques heures à peine après l'ouverture des bureaux de vote. Cependant, les citoyens nigérians sont déterminés à faire de cette journée, un moment de triomphe pour la démocratie du pays.

Dès l'aube, deux commissariats de police de Port Harcourt (capitale de l'état pétrolier de Rivers, au sud-est de Lagos) ont été incendiés par des inconnus. 6 policiers ont péri dans les flammes. Les premières indications semblent désigner les militants des mouvements qui opèrent dans le Delta du Niger.

Dans l'état de Bayelsa voisin, des affrontements entre partisans de formations politiques ont fait 3 morts. 2 morts ont été déplorés dans des affrontements du même type à Lagos, malgré la restriction de mouvements imposée par le gouvernement de l'état.

Le Gouvernement fédéral avait pour sa part pris les devants en mettant l'armée et la police en alerte. Abuja a également fermé les frontières maritimes et terrestres du pays, ce samedi de 6h à 18h. Une mesure destinée selon la presse locale à empêcher l'entrée d'étrangers, dont certains auraient déjà été convoyés du Bénin pour venir voter dans l'état de Kwara (est) ou du Niger pour voter dans l'état de Borno (nord).

Les opérations de vote en elles mêmes se sont pourtant déroulées avec rapidité et calme, malgré le retard accusé dans l'ouverture de nombre de bureaux. Il a fallu attendre, dans certaines zones, jusqu'à 10h30 pour commencer la vérification des inscriptions sur les listings électoraux.

A Abéokuta (état d'Ogun, près de Lagos) le président Olusegun Obasanjo a voté à 9h35, peu avant le déclenchement de nouvelles violences partisanes. A Lagos, APA a pu constater que nombre de bureaux de vote n'ont pas ouvert à 8h (7h GMT) comme prévu par la Commission nationale électorale indépendante (INEC).

Dans l'ensemble, la population est enthousiaste malgré les violences signalées. Bisola et Bola Obitusin, deux s?urs interrogées dans le quartier de Dolphin Estate se sont dit satisfaites : les opérations se déroulent bien et les gens se disciplinent eux-mêmes. On sent que tous veulent que tout se passe bien, pour que cette transition entre deux pouvoirs civils de passe au mieux .

Elles ont déploré la violence et les morts, croyant fermement qu'elles sont le fait de personnes qui n'ont nullement l'intention de voter. Il faut montrer à ces personnes aux noirs desseins que le Nigeria est capable de vivre la démocratie sur le long terme , lancent-elles presque en ch?ur.

Moins optimiste, A.D, un journaliste nigérian rencontré sur place estime qu'il faut mettre la violence au chapitre des habitudes de ce pays . Il y a longtemps que je ne suis plus désolé pour mon pays. La violence est une tradition qui accompagne les élections chez nous. D'ici la fin de la journée, je pense qu'on comptera une trentaine de morts .

OTE/od/APA

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