Identification - Sagem-INS, la grosse confusion
C'est dans le cadre de l'accord complémentaire de Ouaga le 28 novembre dernier que les signataires se sont accordés sur le choix de l'opérateur technique chargé de l'identification. Malgré le retard accusé, la définition du cahier de charges remis à Sagem vendredi dernier n'a pas suffi à dissiper les inquiétudes des uns et des autres. La confusion sur les attributions de l'opérateur et de l'INS reste totale.
Le Premier ministre Guillaume Soro l'avait dit à l'occasion de la remise du cahier de charges vendredi dernier. Bien que consensuel, ce document n'a pas moins souffert des dissensions devenues presqu'habituelles entre les signataires de l'accord politique de Ouagadougou. Une douzaine de moutures a été rédigée avant d'adopter celle ayant été retenue au final. C'est cette difficulté rencontrée dans la rédaction et l'adoption du texte final qui justifie en définitive le retard accusé et se répercute sur le contenu du cahier de charges remis à l'opérateur technique. En réalité, ce document ne permet pas de faire le départ entre les attributions respectives de Sagem et de l'INS. Pis, la confusion qu'il crée et entretient est grande, voire dangereuse pour assurer des élections transparentes justes et crédibles. Puisque c'est de cela qu'il s'agit. En effet, de rôles respectifs des acteurs dans le processus électoral il n'en est rien. A vrai dire, là où l'obscurité et l'insécurité règnent quand on regarde ce cahier de charges c'est justement au niveau des élections. Bien que stipulant que l'opérateur technique est chargé de fournir et de mettre en ?uvre la solution technique pour conduire les opérations de recensement des électeurs, il faudra lire : Son rôle consiste à produire et livrer en relation avec l'INS les cartes d'électeurs sous la responsabilité de la CEI, proposer une définition en ce qui concerne le recensement électoral, en relation avec l'INS, les choix fonctionnels et les choix techniques structures ou structurants, réaliser, en matière de recensement électoral, en relation avec l'INS les différentes activités opérationnelles du projet, rendre compte à la CEI, en matière de recensement électoral de l'état d'avancement des étapes, identifier en relation avec l'INS, les problèmes et les risques éventuels et proposer des solutions techniques . Nulle part il n'est défini clairement ce que Sagem doit faire seul, en toute responsabilité s'agissant du processus électoral. Il doit toujours le faire en relation avec l'INS comme s'il pèse sur l'opérateur, une suspicion légitime en cette occurrence. D'ailleurs, le cahier de charges est sans ambages. S'agissant spécifiquement du processus électoral, l'INS et Sagem doivent travailler conjointement sous l'autorité et la responsabilité de la CEI, dans le cadre de toutes les opérations s'y rapportant . Sans toutefois délimiter le rôle et les attributions qui reviennent à chacun. Même si un décret devra préciser les modalités de leur collaboration, mais il ne s'agira que des modalités. Car les vraies attributions demeurent encore un mystère. Alors qu'on parle de transparence, de certification des élections n'est-il pas opportun qu'on sache qui fait quoi pour mieux suivre le travail des uns et des autres.
Alexis Tannoh
Le Premier ministre Guillaume Soro l'avait dit à l'occasion de la remise du cahier de charges vendredi dernier. Bien que consensuel, ce document n'a pas moins souffert des dissensions devenues presqu'habituelles entre les signataires de l'accord politique de Ouagadougou. Une douzaine de moutures a été rédigée avant d'adopter celle ayant été retenue au final. C'est cette difficulté rencontrée dans la rédaction et l'adoption du texte final qui justifie en définitive le retard accusé et se répercute sur le contenu du cahier de charges remis à l'opérateur technique. En réalité, ce document ne permet pas de faire le départ entre les attributions respectives de Sagem et de l'INS. Pis, la confusion qu'il crée et entretient est grande, voire dangereuse pour assurer des élections transparentes justes et crédibles. Puisque c'est de cela qu'il s'agit. En effet, de rôles respectifs des acteurs dans le processus électoral il n'en est rien. A vrai dire, là où l'obscurité et l'insécurité règnent quand on regarde ce cahier de charges c'est justement au niveau des élections. Bien que stipulant que l'opérateur technique est chargé de fournir et de mettre en ?uvre la solution technique pour conduire les opérations de recensement des électeurs, il faudra lire : Son rôle consiste à produire et livrer en relation avec l'INS les cartes d'électeurs sous la responsabilité de la CEI, proposer une définition en ce qui concerne le recensement électoral, en relation avec l'INS, les choix fonctionnels et les choix techniques structures ou structurants, réaliser, en matière de recensement électoral, en relation avec l'INS les différentes activités opérationnelles du projet, rendre compte à la CEI, en matière de recensement électoral de l'état d'avancement des étapes, identifier en relation avec l'INS, les problèmes et les risques éventuels et proposer des solutions techniques . Nulle part il n'est défini clairement ce que Sagem doit faire seul, en toute responsabilité s'agissant du processus électoral. Il doit toujours le faire en relation avec l'INS comme s'il pèse sur l'opérateur, une suspicion légitime en cette occurrence. D'ailleurs, le cahier de charges est sans ambages. S'agissant spécifiquement du processus électoral, l'INS et Sagem doivent travailler conjointement sous l'autorité et la responsabilité de la CEI, dans le cadre de toutes les opérations s'y rapportant . Sans toutefois délimiter le rôle et les attributions qui reviennent à chacun. Même si un décret devra préciser les modalités de leur collaboration, mais il ne s'agira que des modalités. Car les vraies attributions demeurent encore un mystère. Alors qu'on parle de transparence, de certification des élections n'est-il pas opportun qu'on sache qui fait quoi pour mieux suivre le travail des uns et des autres.
Alexis Tannoh