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Nuit & Jour
· 3 min de lecture

L`Ouest en ébullition - Le Colonel-major Guié Globo accusé d`être le parrain des coupeurs de route

La mutinerie déclenchée lundi à 6 heures du matin par les éléments des Forces de Défense à Duékoué, s`est empirée hier mardi. Ce mouvement s`est étendu à la ville de Guiglo. Et pour cause ? Les éléments de la garnison de cette seconde ville ont voulu rejoindre leurs frères d`armes qui manifestaient dans la première ville citée suite à l`assassinat du soldat de première classe Akpa Akpess Jacob par des inconnus. Leurs supérieurs leur ont opposé un refus ferme. Mais pour accorder leur faveur à leur seconde requête. Qui est de défouler leur mécontentement dans le périmètre de la ville de Guiglo. Ce qu`acceptent les mutins. Ainsi, transforment-ils sans tarder la ville en un théâtre de détonation et de crépitement d`armes de guerre.

Mais au-delà de la mort de leur frère d`armes, tant à Duékoué qu`à Guiglo, les mutins, selon des témoignages sur place, ont clairement dirigé leur mouvement de colère contre le gouverneur militaire de l`Ouest, le Colonel-major Guié Globo. Ce mouvement, à en croire ces sources, ont même eu pour cible la résidence officielle de ce haut gradé de l`armée nationale. Avec pour objectif avoué de le déchoir de ses fonctions de représentant du Chef de l`Etat dans la région de l`Ouest. Durant la furie et la détermination des mutins, le Colonel-major Guié Globo a dû fuir de la ville, exfiltré in extremis par sa garde rapprochée. Expliquant les raisons pour lesquelles le gouverneur militaire s`est en fin de compte retrouvé dans la ligne de mire de ses propres hommes, les mêmes sources nous ont fait savoir que les mutins avaient nombre de choses à lui reprocher. Principalement sa curieuse façon de gérer la question de l`insécurité qui est en pleine recrudescence dans cette région. Et dont l`une des cibles privilégiées se trouve être les hommes en tenue. De fait, les soldats reprochent fortement à leur supérieur d`être plutôt conciliant avec les acteurs de cette situation qui sont du reste connus de tous : ce sont les éléments des fameuses milices de l`Ouest. Depuis la fin de la guerre, ceux-ci se servent des armes d`assaut à eux remises, pour opérer dorénavant comme coupeurs de route et commettre quantité d`autres crimes. En 2007, ces indélicats ont ainsi braqué un car de transport. Une opération au cours de laquelle ils ont abattu un militaire. L`assassinat du soldat Akpa Akpess Jacob dimanche venait en rajouter à la liste des hommes en tenue, mais aussi des civils, victimes de ces miliciens. Nombre de fois, des éléments de cette racaille, ayant fait cet usage abusif des armes à eux remises pour la défense de leur région, ont été mis aux arrêts par les Forces de Défense et de Sécurité. Mais chaque fois, ils sont remis en liberté sur instruction du Colonel-major Guié Globo. Ainsi, des quidams se sont-ils retrouvés plusieurs fois dans les filets des Forces de l`ordre sans qu`ils n`aient jamais subi la rigueur de la loi. L`explication que les militaires ont fini par trouver à cette situation, c`est que le gouverneur militaire, ressortissant de l`Ouest, entretient des relations d`encouragement à l`égard des miliciens. Etant donné qu`ils sont des forces parallèles qui ont été d`un précieux apport pour repousser les rebelles hors de cette zone. Et le fait que ces milices aient plutôt évolué en bandes de coupeurs de route et autres bandits de grand chemin, n`a jamais induit le Colonel-major Guié Globo à réagir en conséquence. Bien au contraire. C`est donc ce feu qui couvait sous la cendre que l`assassinat du soldat Akpa Akpess Jacob, à l`évidence, une fois de plus, ?uvre des miliciens, a fait exploser en ces mouvements qui agitent actuellement l`ouest. Selon des témoignages, les mutins ne veulent plus du Colonel-major Guéi Globo comme gouverneur militaire. Et ont demandé au gouvernement de le remplacer.

( par Michel Dia)

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Article publié par Nuit & Jour et référencé par 225.ci.