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APE : L'ouverture des marchés ACP se fera progressivement

L'Union européenne explique le processus fonctionnel des accords qui ont fait couler beaucoup d'encre. L'ouverture des marchés des pays ACP avec la disparition des barrières douanières, telle que prévue dans les dispositions des Accords de partenariat économique (APE) entre ces Etats et l'Union européenne, ne fait-elle pas courir un grave danger aux fragiles économies de ces pays ? Voilà la grande interrogation qui hante les ressortissants des pays ACP et qui certainement a pesé lourd dans les hésitations qui ont conduit la quasi totalité des gouvernements à ne pas signé les accords globaux. Mais, à se contenter d'accords intérimaires. Cette inquiétude est largement partagée par la quinzaine de journalistes des pays ACP qui suivent depuis lundi dernier, à Bruxelles, un séminaire sur la politique commerciale de l'Union européenne. Les discussions avec les différents fonctionnaires de la Commission de l'Union, qui se succèdent depuis le début des travaux, se sont le plus souvent cristallisées sur la question. Bien entendu, la réaction de leurs interlocuteurs a été de chercher à démontrer le contraire arguments à l'appui. Des explications, il ressort que les pays ACP ont tout à gagner avec les APE. L'ouverture de leurs marchés tant redoutée sera faite de façon progressive, expliquent les experts de la Commission de l'Union européenne. Et la possibilité est laissée aux pays ACP de soustraire 20% de leurs produits à l'ouverture. C'est-à-dire que 20% du volume de leur commerce continuera à être protégé par des droits de douanes. Ainsi, les marchés des pays en développement seront ouverts à 80% alors que ceux des pays européens le seront intégralement. Guillaume Durand, de la direction générale du Développement à la Commission de l'Union européenne, rassure que les gains pour les pays ACP sont largement supérieurs aux pertes. Il explique qu'il n'y aura véritablement pas de concurrence au niveau industriel de la part des entreprises européennes. Sur ce point, Xavier Coget, administrateur, responsable des négociations APE et des relations commerciales avec l'Afrique de l'Ouest, se veut plus explicite. Pour lui, l'industrie locale (pays ACP) n'a rien à craindre de l'industrie des pays européens parce que les deux ne se ressemblent pas. L'industrie européenne, dit-il, exporte vers les pays en développement des véhicules, des engins utilitaires, des machines à outils pour construction d'usines, les engrais, etc. ses marchandises qui ne sont pas produites par l'industrie locale.
Aux Etats qui sont encore dans l'expectative, les fonctionnaires de la Commission de l'Union européenne veulent leur faire comprendre que la disparition des barrières douanières est une bonne chose. Dans la mesure où la baisse des prix de certaines marchandises, essentielles pour les populations, aura pour effet de les aider à s'équiper plus aisément. L'acquisition d'un tracteur, par exemple, par un paysan sera moins coûteuse. L'ouverture aura donc, insistent-ils, un effet dynamisant pour l'économie. Sur la question du manque à gagner concernant les recettes fiscales de porte qui vont fondre comme du beurre, les agents de la commission de l'Union européenne en appellent à des réformes de la fiscalité intérieure. Voie nécessaire dont la combinaison avec d'autres facteurs avantageux des APE va contribuer à booster les économies des pays en développement.



Alakagni Hala
Envoyé spécial à Bruxelles\

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