Sortir des logiques de blocages
Il n'y a que la politique politicienne qui pourrait pervertir la transition. Sinon rien d'autre. La Côte d'Ivoire a des bases solides quasiment à tous les niveaux. L'administration est solide. Même la guerre n'a pas réussi selon les experts à anéantir les traces de cette administration dans les zones sous contrôle des Forces Nouvelles. La restitution des registres d'Etat civil ne devrait donc pas être la mer à boire le pourcentage de registres à récupérer n'étant pas si important que cela. Le listing électoral est intact. C'est dire que la Côte d'Ivoire n'est pas le Liberia ou la Sierra Leone sortant de guerre. Elle vaut mieux. En clair, techniquement, la Côte d'Ivoire aura moins de difficultés à organiser ses scrutins électoraux. En revanche, c'est politiquement que la Côte d'Ivoire aura beaucoup de difficultés à organiser ses élections. Pas que la maturité de ses politiciens est à mettre en doute. Mais leur perversité, et leur volonté de tirer un profit politique immédiat de tout au détriment de l'intérêt général est au-delà de l'entendement. Sur chaque action, le calcul politique prime sur la sortie de crise. La transition de 2000 du général Robert Guéi n'était pas un échec technique. La Côte d'Ivoire a pu organiser deux scrutins (le Referendum et la Présidentielle) sans grande difficulté. Seulement, c'est politiquement que tout a échoué. L'actuel Chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, a encouragé le général à écarter les autres partis de la gestion de la transition puis à se présenter aux élections. Au finish, leur partenariat n'a pas tenu le jour des élections. C'est donc les calculs politiciens qui ont conduit à une fin de transition sanglante et à l'installation d'un régime à la légalité et à la légitimité effritées. C'est pourquoi, il faut prendre garde de ne pas répéter les mêmes erreurs. Laurent a perdu Robert, il a perdu la Côte d'Ivoire., analyse un observateur. Il ne faut inscrire les élections dans aucun calcul politique. Le Premier ministre doit réussir les élections. Ce n'est guère une question de temps, c'est une question de volonté politique.
KIGBAFORY Inza
KIGBAFORY Inza