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Drôle de conception de la République

Le devoir de la République est il de protéger ses citoyens ou de les asservir ? La question mérite d'être posée au chef de l'Etat qui, recevant les populations de Katiola, affirmait que la République a les moyens de frapper. Dans son argumentaire, Gbagbo estime que le président de la République est élu pour tout le monde. Il n'est pas président pour ceux qui ont voté pour lui. Il l'est aussi pour ceux qui n'ont pas voté pour lui. Parce que pendant son mandat, il faut qu'il les convainc que c'était lui le meilleur choix et qu'il a bien fait d'être choisi . Et de poursuivre : Toute liberté se meut dans un moule. Et le moule, c'est la République. Quand on écrit au-delà des lois de la République, quand on parle au-delà des lois de la République, il faut savoir que si la République ne vous frappe pas, c'est parce que ceux qui la dirigent, pour le moment, ont décidé de ne pas vous frapper. Ce n'est pas parce que le République n'a pas les moyens. La République a toujours les moyens de frapper n'importe quel citoyen où qu'il se trouve . La dessus, on est tous d'accord avec Gbagbo pour dire que la République est une et indivisible et que les lois de la République sont inviolables. Mais, là où on ne le suit plus, c'est quand il veut faire croire que le rôle essentiel de la République, c'est de frapper ses citoyens pour un oui ou pour un non. On est davantage sidéré quand Gbagbo affirme que la République a toujours recouvert le manteau de la tolérance depuis qu'il est aux affaires : Si Gbagbo qui est là momentanément (au pouvoir : NDLR) ne les frappe pas, ce n'est pas parce que la République n'a pas les moyens de les frapper mais c'est parce que Gbagbo pense que c'est le meilleur moyen de bâtir l'Etat, de bâtir la République . Cette affirmation n'est pas tout à fait exacte. Parce que la République sous Gbagbo n'a pas toujours été un havre de bonheur et de paix pour le citoyen lambda. Bien au contraire, la République a eu tendance à se muer en une sorte d'épouvantail pour une certaine catégorie de citoyens qui ne luisaient pas très bien dans le miroir déformant de la Refondation. Une nébuleuse Refondation qui s'est substituée à la République pour opérer toutes sortes de dérives. Selon les articles figurant au titre premier de la constitution consacrent tous les droits et libertés des citoyens : Chacun a le droit d'exprimer et de diffuser librement ses idées , lit on dans l'article. Les articles précédents et suivants ne font qu'exalter ces libertés. Or, à bien analyser la conception que Gbagbo se fait de la République, on se croirait en plein dans le règne de la dictature. Sans se lancer dans une comptabilité macabre, on remarque que la République n'a fait en réalité que frapper impunément ceux des citoyens qui ont osé exprimé, d'une manière ou d'une autre, leur différence. Les exemples d'abus et de dérapages opérées sous les dehors de la République sont légion.
Khristian Kara

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.