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Notre Voie
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Le cours d'histoire du FPI au RDR et au PDCI

Le deuxième congrès du RDR, qui s'est déroulé du 1er au 3 février à l'Hôtel Ivoire, a été l'occasion pour le parti au pouvoir, le FPI, de rafraîchir la mémoire au RDR et au PDCI qui semblent aujourd'hui filer le parfait amour. Il s'agissait de rappeler à ces partis leur propre parcours politique depuis une dizaine d'années et les actes qu'ils ont posés (c'est surtout valable pour le PDCI) à l'encontre de la démocratie en Côte d'Ivoire. Mais, aussi et surtout, de dire combien le FPI qu'ils vilipendent aujourd'hui a été d'un précieux concours pour l'avancée de la démocratie dans ce pays. La précision était nécessaire, parce que ces partis avaient commencé par se considérer comme les bons en rangeant le FPI du côté des mauvais. Le président du PDCI, Henri Konan Bédié, est allé jusqu'à dire, à ce congrès, que le pouvoir FPI conduit les Ivoiriens au naufrage collectif?.
Le discours du président du FPI, Affi N'Guessan, à ce congrès est donc venu fort à propos pour rétablir la vérité. Affi a tout simplement fait un rappel de l'histoire récente de la Côte d'Ivoire ; histoire au cours de laquelle le PDCI, qui, aujourd'hui, joue les victimes innocentes, était le grand méchant loup. Un loup, toutes griffes dehors, qui refusait d'appliquer les règles de la démocratie aussi bien en son propre sein que sur le plan national dans ces rapports avec les autres formations politiques. Et la création du RDR était motivée, entre autres raisons, par la logique antidémocratique du PDCI.
Pour rappel, en avril 1994, au congrès extraordinaire du PDCI-RDA, la parole avait été refusée à Djéni Kobina. Il a donc décidé de rompre à jamais avec le PDCI-RDA. Il créa le RDR, un parti libéral se situant au centre de l'échiquier politique national ivoirien. Le président Laurent Gbagbo, alors secrétaire général du FPI, qui était très lié à Djéni (les deux hommes ont fait la prison sous Houphouet) a accompagné le RDR sur le chemin de la liberté.
En 1994, à la naissance du RDR, le FPI était là, et pour accompagner son accouchement qui fut douloureux et périlleux?, témoigne Affi N'Guessan. Le soutien du FPI au RDR ne s'est pas arrêté là. Ce parti a conclu une alliance avec le RDR, le Front républicain, afin de contraindre le PDCI de Henri Konan Bédié à accepter le jeu démocratique en créant les conditions d'une élection transparente. Le boycott actif de la présidentielle de 1995 procédait de ce combat. Et Henri Konan Bédié n'y est pas allé des mains mortes pour réprimer des militants des deux partis. Il est aussi vrai qu'à la suite du coup d'Etat qui a emporté le régime Bédié, le FPI et le RDR ont connu de profondes divergences de vue. Mais cela n'efface pas pour autant la page de leur marche commune.
C'est cette vérité que le président du FPI, Affi N'Guessan, a dite sous forme d'images fortes en déclarant devant les congressistes que si aujourd'hui l'agneau peut cheminer paisiblement et sans crainte avec le loup, c'est parce qu'au moment le plus crucial de l'existence de nos deux partis (FPI et RDR) nous avons travaillé ensemble à arracher les griffes et les crocs du loup (PDCI)?.
Un peu comme pour dire que si le RDR (l'agneau) peut aujourd'hui être en alliance avec le PDCI (le loup), c'est parce qu'à un moment donné, le RDR et le FPI se sont mis ensemble pour le rendre docile en arrachant ses crocs et ses griffes.


Serge Armand Didi sardidi@yahoo.fr


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