Aller au contenu

Les conseils avisés de Doubé Binty : L`appartenance à un parti politique

En raison de certains évènements a priori heureux que nous vivons depuis un certain temps au niveau du Parti, nous sommes tentés d'écrire : "heureux qui comme le Président BEDIE voit ses troupes resserrer les rangs autour de lui à la veille des prochaines élections générales !''
Il y a d'abord eu cette réunion du bureau Politique du PDCI-RDA qui a enrégistré la présence de tous les dignitaires et caciques du Parti, à commencer pour ceux qui, depuis pratiquement 07 ans ont pris une certaine distance voire une distance certaine avec le Parti, son Président et toutes les rencontres organisées par le PDCI. Il y a ensuite ces "professions de foi'' que nous entendons et lisons ici et là quant à l'appartenance et la fidélité au PDCI et à son Président, de la part de certains cadres du Parti dont l'attitude assez équivoque donnait à croire qu'ils avaient abandonné le navire. C'est ce qu'on devrait comprendre, nous semble-t-il, lorsqu'un de ces cadres, à la suite de sa soudaine réapparition, refuse qu'on parle de son ralliement au Président BEDIE parce qu'il n'aurait jamais rompu les amarres ni, avec le PDCI-RDA, ni avec le Président BEDIE.
Dès lors, quoiqu'on soit cofondateur d'un mouvement, en l'occurrence le RPP, qui fait parti intégrante du CNRD dont la mission et les objectifs sont la défense et la promotion de monsieur Laurent Gbagbo, le seul "génie politique" que la Côte-d'Ivoire ait eu "la triste et malheureuse chance (?) et l'immense et douloureux bonheur (?) de posséder, on est et on demeure PDCI !!!
Naturellement cette défense et cette promotion du christ de Mama visent de façon quasi dogmatique, la réélection sans coup férir du même Laurent Gbagbo que les Ivoiriens, s'ils étaient raisonnables devraient déclarer candidat unique !
Comme on peut le constater, on reste un militant fervent du PDCI et on peut même se vanter de jouir de l'amitié (?) et de la confiance (???) du président du RPP et de celles du Président BEDIE à travers le RPP qui ?uvre pour la réélection de monsieur Gbagbo Laurent !
Qui est celui-là qui a osé dire qu'on ne pouvait pas servir deux maîtres à la fois ?
Dès qu'on a été nommé conseiller du président de la République pour les nouvelles technologies, on ne ratait aucune occasion pour afficher sa différence chaque fois que le PDCI prenait position sur les problèmes qui se posent au pays et dont l'incompétence avérée de monsieur Gbagbo et du FPI rendait la résolution impossible. C'était donc l'éternel refrain, "je suis PDCI mais" qui commençait chacune de ses interventions comme le "delenda est Carthago" achevait chaque intervention de cet homme célèbre il y a plus de 2000 ans !
Tout porte à croire qu'il n'y avait pourtant pas lieu de désespérer parce qu'il est toujours possible de revenir sur ses pas pour emprunter un autre chemin.
Le sage visionnaire de Yamoussoukro ne nous a-t-il pas, par ailleurs enseigné que " seuls les imbéciles ne changent pas ?"
Le Président BEDIE peut donc se dire heureux, le PDCI peut se déclarer et se proclamer fier du retour de ces fils prodigues qui ont résolu de retourner vers la maison duPère de la Nation !
Tout est cependant lié à la sincérité dont on fait montre lorsqu'on affiche son appartenance auPDCI. N'oublions pas en effet que la joie du père dans les textes sacrés était confortée par le repentir du fils prodigue. Même là, il est permis de se demander si ce fils prodigue serait revenu à son père si la famine et la pauvreté n'avaient eu raison de lui dans le pays lointain où il s'était rendu. On peut donc prendre le risque de dire qu'il y a une dose d'opportunisme dans les propos qu'il a tenus à l'endroit de son père. Chez nous, malgré les rodomontades de Soundjata 1er et du FPI, malgré les man?uvres sordides pour empêcher le retour de la paix et par conséquent des élections crédibles, l'on n'a pas besoin d'avoir les dons de la pythie pour savoir que les jours du régime de la refondation sont désormais comptés. Les refondateurs sont les premiers à en être conscients à commencer par le premier d'entre eux qui s'évertue et s'échine à retarder l'échéance, lui qui perçoit la perte du pouvoir comme un cataclysme apocalyptique.
Il se trouve que le sort en est jeté et que les crimes abominables de sang et autres sacrifices humains et sortilèges ne sauraient arrêter ce que le destin a tracé. Dès lors, puisqu'on est encore sur une chaussée rectilignée et qu'on continue d'apercevoir dans son rétroviseur le lieu d'où on est parti, pourquoi prendre le risque d'aborder le virage alors qu'on sait qu'on court tout droit dans un mur ou dans un précipice ?
On adopte donc l'attitude du fils prodigue et on revient à la maison avec une foule d'arrière-pensées. L'opportunisme n'est jamais absent dans ces belles décisions qu'on prend et dans ces belles résolutions qu'on décide désormais d'adopter. Malgré cette suspicion légitime qui pèse sur certains retours au bercail, il est certain qu'aucun mouvement ou parti ne saurait rejeter ceux qui, à un moment donné, ont emprunté un chemin quelque peu différent ou adopté des méthodes qui divergeaient de l'orthodoxie du parti ou du mouvement. On doit effectivement être heureux de ces retours et les fêter mais tout doit être mis en ?uvre pour ne frustrer personne. Tout doit être mis en ?uvre pour ne pas donner l'impression, ne serait-ce qu'un instant, que ceux qui sont partis sont plus importants que ceux qui sont restés et ont entretenu la flamme pour que le parti ne meure pas. Car l'appartenance à un parti, c'est être tout entier à ce parti à qui on se dévoue.
L'appartenance à un parti, c'est accepter, quelles que soient les circonstances, le point de vue et la décision de la majorité quand bien même on serait persuadé que le courant minoritaire a raison (?). L'appartenance à un parti, c'est suivre ce parti là où il se trouve un peu comme les conjoints qui sont unis pour le meilleur comme pour le pire. Il ne saurait donc être question de décréter qu'on n'a pas la culture de l'opposition et partant de se jeter dans les bras du parti désormais au pouvoir, fut-il animé par des incompétents, des filous, des gangsters, des criminels et des assassins. L'appartenance à un parti, c'est refuser de servir deux maîtres à la fois parce qu'on est obsédé par le désir et la volonté d'être du côté de celui qui détient le cordon de la bourse.
L'appartenance à un parti, c'est éviter les compromissions qui font de vous des personnes abjectes méprisées à la foi par le parti au pouvoir que vous servez pour des raisons alimentaires et votre parti que vous avez trahi. On a beau se comparer alors à d'illustres personnalités ou personnages de l'histoire ; on sait qu'on fait l'objet de mépris et que personne ne vous donne plus sa confiance. Il est tout à fait possible qu'à un moment donné, on ait quelqu'amertume vis-à-vis de son parti. C'est sans doute ce qui a poussé certains dignitaires à rester "dans leur coin."
Le retour de ces dignitaires et de ces militants ne pose cependant aucun problème dans la mesure où ils n'ont jamais rien entrepris contre leur parti ni tenté de rejoindre et d'aller grossir les rangs du parti au pouvoir. Parce que l'appartenance à un parti c'est l'acceptation du principe qui exige que les débats se fassent en interne même s'ils sont houleux ; C'est cela le linge sale qui se lave en famille. Il est donc difficile de dire qu'on appartient à un parti qu'on brocarde à longueur de journée au profit de l'adversaire. L'appartenance à un parti, c'est l'acceptation inconditionnelle de la discipline de ce parti qui est un menu qu'on prend entièrement. Il ne saurait donc être question d'une discipline à la carte. L'appartenance à un parti, c'est accepter de revenir au sein de ce parti sans poser aucune condition quelles que soient les fonctions qu'on a pu occuper à un moment donné grâce à ce parti qui vous a envoyé en mission. L'appartenance à un parti, c'est savoir prendre des initiatives qui vont dans le sens du rayonnement et de l'affirmation de son parti sans attendre nécessairement que tout mot d'ordre vienne du Président du Parti et même de la Direction du Parti, le bon sens commandant que l'on agisse immédiatement par soi-même.
Nous avons dans un précédent article déploré le fait pour les présidents des partis membres du RHDP de ne pas donner de consignes claires concernant les parodies de visites d'Etat en réalité campagnes électorales de monsieur Gbagbo dans nos régions. Si bien que le succès de ces visites est le fait des élus et cadres du RHDP. A-t-on besoin en réalité de recevoir des consignes de qui que ce soit alors qu'il est d'évidence qu'on ne doit en aucun cas participer à la campagne électorale de l'adversaire dont on sait que l'objectif et l'obsession sont de trafiquer les élections et de se cramponner au pouvoir ?
Que pourrait-on répondre à cet adversaire lorsqu'il affirmera qu'il a été réélu en se référant à l'accueil "triomphal" qu'il aura reçu dans les régions visitées parce que les élus et cadres du RHDP auront mobilisé leurs militants pour un tel accueil ?
L'appartenance à un parti, c'est donc refuser de faire la passe à l'adversaire quel que soit le manteau dans lequel il se drape. Concernant l'actuel chef de l'Etat par arrangement de la Côte-d'Ivoire, il se rend dans les localités en qualité de président de la République.
Or nous savons tous que depuis le 25 octobre 2005, il n'y a plus de président de la République en Côte-d'Ivoire. Pourquoi alors participer à cette mascarade qui dessert totalement le PDCI et le RHDP ? On nous parle d'acte républicain vis-à-vis de quelqu'un qui se situe hors de cette République et en viole les règles au quotidien, de quelqu'un dont nous savons que s'il avait été à notre place, nous aurait fait vivre les pires cauchemars et les affres de l'enfer, quelqu'un dont nous savons que la grande spécialité est de rendre par tous les moyens le pays ingouvernable lorsque ses adversaires sont au pouvoir !
Le Président BEDIE peut-il alors être vraiment heureux ? Rien n'est moins sûr. Car les militants de son parti sont pour certains si ondoyants et si divers qu'on ne peut jurer de rien les concernant !
L'appartenance à un parti ne se limite pas en effet à de belles paroles ou à des acrobaties verbales. Elle se ramène à des actes concrets et sans équivoque. "Res non verba"
DOUBE BINTY

Dans cet article