Audiences foraines - Les graves amalgames de Ouattara et du RDR
Le climat de vigilance qui entoure les audiences foraines afin de débusquer toute fraude, embarrasse Alassane Ouattara et son parti, le RDR. Acculés, ils brandissent le chiffon rouge de la guerre civile sur fond d'amalgames.
Alassane Dramane Ouattara et son parti, le RDR, veulent-ils réellement des élections transparentes en Côte d'Ivoire ? Pourquoi sonnent-ils les cors de la division face à une situation apaisée et honnête ? Ces questions revêtent toute leur importance au moment où l'on constate les graves amalgames que font Ouattara et le RDR autour des audiences foraines. Dans une action parfaitement synchronisée, le président du RDR et la presse qui lui est proche se sont lancés depuis quelque temps dans une campagne de tribu assiégée? au motif que les audiences foraines se dérouleraient contre des supposés partisans de Ouattara. Brigades anti-fraude : le FPI déclare la guerre aux balafrés?, a titré hier pompeusement Nord-Sud, quotidien proche à la fois des forces nouvelles et de Dramane Ouattara. Le Patriote, journal du RDR, attise ouvertement quant à lui, la flamme de l'affrontement. Le RDR ravive les vieux démons de l'exclusion et de la xénophobie. Des prétextes que Ouattara avaient accolé à la Côte d'Ivoire pour ensanglanter le pays en décembre 1999 à travers un coup d'Etat puis en septembre 2002, par une rébellion armée.
Au sortir, le jeudi 18 octobre 2007, de son audience avec le Président de la République, Laurent Gbagbo, le chef du RDR a tenu des propos qui dénotent son intention de mettre en péril le processus de paix enclenché avec bonne fortune par l'accord de Ouagadougou. Nous avons engagé une phase importante de l'accord politique de Ouagadougou : les audiences foraines. Il est important que ces audiences se fassent dans un climat apaisé et que les problèmes de fond, notamment la question de la citoyenneté, soient réglés de façon définitive pour nous permettre d'aller aux élections?, a-t-il confié.
Amalgame grave
Un décryptage des propos d'Alassane Dramane Ouattara, le brave tchê? du RDR, permet d'identifier deux axes majeurs de compréhension. Il y a d'abord, la menace que renferment les dires de Ouattara, ensuite l'amalgame grave que le président du RDR fait entre le but des audiences foraines et la problématique de l'acquisition de la nationalité ivoirienne. Il serait irrévérencieux de notre part d'affirmer qu'Alassane Dramane Ouattara ignore tout de l'objectif des audiences foraines.
Homme politique qui court depuis plusieurs années, à tue-tête, après le pouvoir d'Etat, Ouattara sait pertinemment que les audiences foraines ne sont pas une tribune pour distribuer la nationalité ivoirienne. Nous croyons qu'il entretient à dessein cet amalgame abject pour mieux instrumentaliser une frange de la population à qui , il avait fait croire que son combat politique était celui d'une ethnie, d'une religion. Ce cynisme de Ouattara a plongé la Côte d'Ivoire dans une crise depuis septembre 2002.Une crise de laquelle, nous nous efforçons de sortir grâce à l'accord de Ouagadougou. Chassez le naturel, il reviendra au galop?, dit l'adage. Revoilà le naturel de putschiste et de destructeur de Ouattara qui revient à la charge à travers les menaces contenues dans son adresse à la presse. A demi-mot, le chef du RDR menace de perturber la quiétude des audiences foraines si les choses ne se passent pas comme il le désire. C'est-à-dire si la nationalité ivoirienne n'est pas distribuée à tour de bras à tout pétitionnaire lors de ces audiences. Certes ces menaces doivent être prises au sérieux et permettre aux autorités de mieux sécuriser les audiences foraines. Mais elles ne sauraient inhiber la volonté commune des Ivoiriens d'avoir des élections transparentes. Les audiences foraines étant la première étape vers ces élections, il apparaît nécessaire qu'elles se déroulent dans le respect de la loi, loin de toute fraude. Le guide opératoire des audiences foraines est bien clair. Il s'agit de délivrer des jugements supplétifs aux personnes âgées de plus de 13 ans (Ivoiriennes ou Etrangères) nées en Côte d'Ivoire et n'ayant eu jusque-là aucun contact avec l'Etat civil. C'est-à-dire qui n'ont jamais eu d'acte de naissance. Cela n'a rien à voir avec l'acquisition de la nationalité ivoirienne. Les audiences foraines ne sont pas le cadre pour délivrer des certificats de nationalité. C'est donc totalement faux de faire croire aux uns et autres, comme tente de le suggérer Ouattara, que la question de la citoyenneté ivoirienne se règle au cours des audiences foraines. Le code de nationalité ivoirien prône le droit du sang depuis les années 60.Il est très clair : est Ivoirienne, toute personne née d'un parent ivoirien. Pour le ressortissant étranger qui veut être Ivoirien, il se doit d'adresser une demande dans ce sens au Président de la République. La nationalité est attribuée au pétitionnaire par décret présidentiel après une enquête menée en amont par les services compétents. La loi punit tout individu qui s'activerait à obtenir la nationalité ivoirienne par la fraude.
Remporter les élections dans la transparence
C'est aussi cette logique qui commande la vigilance dont font preuve les militants de certains partis politiques dont ceux du FPI depuis le déclenchement des audiences foraines. L'autre raison étant liée à la fiabilité des listings électoraux et à la transparence des futures élections générales (présidentielle et autres). Si les audiences foraines sont entachées de fraude, les listes électorales qui seront fournies conduiront vers des élections biaisées. Cela personne n'en veut. Ni les Ivoiriens, ni la communauté internationale. Il apparaît par conséquent impérieux de ne pas admettre de fraudeurs dans le corps électoral. D'où la vigilance dont l'administration impliquée dans les audiences foraines et les militants de certains partis politiques font preuve pour assainir ces audiences. Ouattara et Bédié se disent majoritaires en Côte d'Ivoire. Comment pourront-ils s'en convaincre, eux qui se réclament démocrates ? Comment les observateurs le sauront-ils ? Seules des élections transparentes, auxquelles aura pris part un corps électoral conforme à la loi et débarrassé de fraudeurs, pourront l'attester. Ce n'est pas en faisant de la fraude un compagnon politique qu'on obtiendra les élections transparentes que tout le monde appelle de ses v?ux.
Didier Depry didierdepri@yahoo.fr
Alassane Dramane Ouattara et son parti, le RDR, veulent-ils réellement des élections transparentes en Côte d'Ivoire ? Pourquoi sonnent-ils les cors de la division face à une situation apaisée et honnête ? Ces questions revêtent toute leur importance au moment où l'on constate les graves amalgames que font Ouattara et le RDR autour des audiences foraines. Dans une action parfaitement synchronisée, le président du RDR et la presse qui lui est proche se sont lancés depuis quelque temps dans une campagne de tribu assiégée? au motif que les audiences foraines se dérouleraient contre des supposés partisans de Ouattara. Brigades anti-fraude : le FPI déclare la guerre aux balafrés?, a titré hier pompeusement Nord-Sud, quotidien proche à la fois des forces nouvelles et de Dramane Ouattara. Le Patriote, journal du RDR, attise ouvertement quant à lui, la flamme de l'affrontement. Le RDR ravive les vieux démons de l'exclusion et de la xénophobie. Des prétextes que Ouattara avaient accolé à la Côte d'Ivoire pour ensanglanter le pays en décembre 1999 à travers un coup d'Etat puis en septembre 2002, par une rébellion armée.
Au sortir, le jeudi 18 octobre 2007, de son audience avec le Président de la République, Laurent Gbagbo, le chef du RDR a tenu des propos qui dénotent son intention de mettre en péril le processus de paix enclenché avec bonne fortune par l'accord de Ouagadougou. Nous avons engagé une phase importante de l'accord politique de Ouagadougou : les audiences foraines. Il est important que ces audiences se fassent dans un climat apaisé et que les problèmes de fond, notamment la question de la citoyenneté, soient réglés de façon définitive pour nous permettre d'aller aux élections?, a-t-il confié.
Amalgame grave
Un décryptage des propos d'Alassane Dramane Ouattara, le brave tchê? du RDR, permet d'identifier deux axes majeurs de compréhension. Il y a d'abord, la menace que renferment les dires de Ouattara, ensuite l'amalgame grave que le président du RDR fait entre le but des audiences foraines et la problématique de l'acquisition de la nationalité ivoirienne. Il serait irrévérencieux de notre part d'affirmer qu'Alassane Dramane Ouattara ignore tout de l'objectif des audiences foraines.
Homme politique qui court depuis plusieurs années, à tue-tête, après le pouvoir d'Etat, Ouattara sait pertinemment que les audiences foraines ne sont pas une tribune pour distribuer la nationalité ivoirienne. Nous croyons qu'il entretient à dessein cet amalgame abject pour mieux instrumentaliser une frange de la population à qui , il avait fait croire que son combat politique était celui d'une ethnie, d'une religion. Ce cynisme de Ouattara a plongé la Côte d'Ivoire dans une crise depuis septembre 2002.Une crise de laquelle, nous nous efforçons de sortir grâce à l'accord de Ouagadougou. Chassez le naturel, il reviendra au galop?, dit l'adage. Revoilà le naturel de putschiste et de destructeur de Ouattara qui revient à la charge à travers les menaces contenues dans son adresse à la presse. A demi-mot, le chef du RDR menace de perturber la quiétude des audiences foraines si les choses ne se passent pas comme il le désire. C'est-à-dire si la nationalité ivoirienne n'est pas distribuée à tour de bras à tout pétitionnaire lors de ces audiences. Certes ces menaces doivent être prises au sérieux et permettre aux autorités de mieux sécuriser les audiences foraines. Mais elles ne sauraient inhiber la volonté commune des Ivoiriens d'avoir des élections transparentes. Les audiences foraines étant la première étape vers ces élections, il apparaît nécessaire qu'elles se déroulent dans le respect de la loi, loin de toute fraude. Le guide opératoire des audiences foraines est bien clair. Il s'agit de délivrer des jugements supplétifs aux personnes âgées de plus de 13 ans (Ivoiriennes ou Etrangères) nées en Côte d'Ivoire et n'ayant eu jusque-là aucun contact avec l'Etat civil. C'est-à-dire qui n'ont jamais eu d'acte de naissance. Cela n'a rien à voir avec l'acquisition de la nationalité ivoirienne. Les audiences foraines ne sont pas le cadre pour délivrer des certificats de nationalité. C'est donc totalement faux de faire croire aux uns et autres, comme tente de le suggérer Ouattara, que la question de la citoyenneté ivoirienne se règle au cours des audiences foraines. Le code de nationalité ivoirien prône le droit du sang depuis les années 60.Il est très clair : est Ivoirienne, toute personne née d'un parent ivoirien. Pour le ressortissant étranger qui veut être Ivoirien, il se doit d'adresser une demande dans ce sens au Président de la République. La nationalité est attribuée au pétitionnaire par décret présidentiel après une enquête menée en amont par les services compétents. La loi punit tout individu qui s'activerait à obtenir la nationalité ivoirienne par la fraude.
Remporter les élections dans la transparence
C'est aussi cette logique qui commande la vigilance dont font preuve les militants de certains partis politiques dont ceux du FPI depuis le déclenchement des audiences foraines. L'autre raison étant liée à la fiabilité des listings électoraux et à la transparence des futures élections générales (présidentielle et autres). Si les audiences foraines sont entachées de fraude, les listes électorales qui seront fournies conduiront vers des élections biaisées. Cela personne n'en veut. Ni les Ivoiriens, ni la communauté internationale. Il apparaît par conséquent impérieux de ne pas admettre de fraudeurs dans le corps électoral. D'où la vigilance dont l'administration impliquée dans les audiences foraines et les militants de certains partis politiques font preuve pour assainir ces audiences. Ouattara et Bédié se disent majoritaires en Côte d'Ivoire. Comment pourront-ils s'en convaincre, eux qui se réclament démocrates ? Comment les observateurs le sauront-ils ? Seules des élections transparentes, auxquelles aura pris part un corps électoral conforme à la loi et débarrassé de fraudeurs, pourront l'attester. Ce n'est pas en faisant de la fraude un compagnon politique qu'on obtiendra les élections transparentes que tout le monde appelle de ses v?ux.
Didier Depry didierdepri@yahoo.fr