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Le Repère
· 6 min de lecture

KoNé KoBaLi (Libre auteur, créateur) : Destination, Gbagbo !

"C'est la raison pour laquelle, une analyse de l'évolution politique et socioculturelle de la Côte d'Ivoire au cours des dix dernières années doit être le point de départ de notre réflexion ".

Rapidement, ces propos ont été entendus lors du pré-colloque tenu les 27 et 28 juin 2009 avec pour auteur, Monsieur Gervais Coulibaly, nouvellement affecté à la chambre de la promotion de la candidature présidentielle de l'actuel chef de l'Etat, Monsieur Laurent Gbagbo.

Nous n'étions pas aux assises de ce pré-colloque, mais un peu comme les convergences soudaines qui se manifestent activement pour la réélection de Monsieur Gbagbo Laurent candidat non déclaré, je viens au débat car le " mot d'ordre " énoncé par le président du Cap-UR- LG mérite le détour.

Commençons par le commencement, ceux que nous avons pompeusement nommés : les bénévoles de la destination Gbagdo sont des Ivoiriens qui, avant la proclamation des résultats des élections d'octobre 2000, appartenaient à d'autres formations politiques et qui, depuis quelques motifs " politiques ", apprennent à militer pour sa réélection. Ils s'appuient, pour la plupart, sur des organisations hybrides. A l'origine, ils ne sont ni sympathisants, ni militants du FPI. Ce sont des néogbagbo. Vu de loin, ils ont la manie et le panache d'énerver les militants de la première heure de ce parti. Mais ils s'obstinent crânement ! C'est entre autres choses ce comportement là précisément que nous allons tenter d'analyser.

Vu que le FPI est un parti politique qui a toujours envisagé son avènement à la tête de ce Pays par la seule et unique voie des urnes, personne, à la naissance du FPI, ne pouvait s'imaginer et soupçonner le fait que ce parti parviendrait au pouvoir un jour en ayant pour seul et unique véritable adversaire l'auteur du coup d'Etat du 24 décembre 1999. Pas même les experts en stratégies militaires dont regorge si opportunément ce parti !

Les élections présidentielles d'octobre 2000 ont ceci de singulier que les deux grands candidats (FPI et Udpci) dont les candidatures ont été retenues ont également réussi à battre hors urnes, deux autres candidatures communément désignées par le terme de poids lourd. A ce jeu de deux élections (In et Off), la partie était visiblement gagnée pour le FPI. Vu que ce groupement politique avait réussi à se tisser une structuration politique vieille de plusieurs années et capitalisait l'expérience d'une candidature présidentielle présentée contre le très charismatique père de la nation ; et plus d'un tour dans le sac de l'exercice en question. S'étant ainsi cooptés en vue d'augmenter leur chance d'être élus sans coup férir au premier tour, ces deux partis venaient de sceller entre elles, un élan et une tradition d'accompagnement aux élections nationales en vue de leur suprématie respective. Dans cette configuration, l'UDPCI version 2000 était un nain devant le " Goliath " politique qu'était déjà le FPI. Le FPI est donc parvenu au pouvoir à l'issue de ces élections, par le simple fait qu'une frange importante d'Ivoiriens n'entendait pas troquer si facilement le balai traditionnel du général contre un outil de la même nature et de fabrication industrielle cette fois ! A preuve, lorsqu'il s'est agi de contester les résultats de ce scrutin, les populations civiles de toutes sympathies politiques ont envahi les rues pour exiger que la gestion des affaires soit attribuée au candidat civil. Ce qui fut fait !

S'il faut une dimension calamiteuse à ces élections (octobre 2000), alors elle résiderait dans le fait pour l'un ou l'autre candidat, à se tailler un candidat sur mesure duquel il triompherait assez facilement le plus naturellement du monde ! L'un, (Guéi) comptant sur la force militaire, et l'autre, (Gbagbo) sur la mobilisation civile ! Notons au passage qu'aux yeux de la communauté internationale, il est de plus en plus mal vu qu'une population aux mains nues, se fasse décimer par son armée qu'elle a contribué à entretenir par le biais d'une politique fiscale des plus hardies et particulièrement ruineuse !

En reconnaissance à ce soutien populaire attendu, une fois parvenu au pouvoir, l'actuel chef de l'Etat sans complexe, s'est entouré d'hommes et de femmes de divers horizons politiques et de groupements " apolitiques ". Cette généreuse ouverture à toutes les composantes de la société ivoirienne est due, selon nous, au patriotisme des militants du FPI et surtout à leur réalisme, qu'à d'autres considérations du genre : " ce parti dispose d'une liste de cadres trop pointue pour être illimitée et inépuisable ".

Cette nouvelle dynamique à promouvoir la candidature de Monsieur Gbagbo Laurent par ces candidats paradoxalement libres de tout engagement vis-à-vis du FPI, n'est en rien intrigant ! Car ces hommes et femmes qui accomplissaient parfois leurs devoirs à différents niveaux dans notre administration, veulent simplement témoigner de leur gratitude à leur bienfaiteur commun. Pour eux, il n' y a donc pas de honte à rendre une monnaie qu'on s'empresserait de récupérer dans les mains de son bienfaiteur, une fois les conditions d'un nouveau mandat assuré ! Contribuer de façon éclatante à la réélection de celui-ci leur permettra de conserver leurs postes, voire à leur ouvrir de nouvelles perspectives qu'ils pourraient savourer sur une plus longue période dans des conditions d'une légitime idéalité. Visiblement, cette approche éminemment clientéliste en vaut la chandelle ! Fait notable, la nouvelle génération des animateurs de la destination Gbagbo ne manipule pas l'art de la rhétorique politicienne. Ils n'en sont pas pour autant incultes. Ils ont l'art et la promesse d'initier des nouvelles idées dans un paysage résolument ancien. Le spectre de leur action vise à promouvoir l'importance de la voix supplémentaire, celle qui pourrait offrir le mandat en question par la qualité de sa différence. C'est d'ailleurs ce qui justifie leur présence autour de l'arène politique. Ils ont conscience de l'importance de la voix commune qu'ils représentent par ces temps de rut électoral. Si la démocratie est une affaire de majorité, alors ils ne craignent pas d'être échaudés, ni d'être pourfendus fondamentalement. A partir du moment où ils ne représentent pas une frange contestataire à l'intérieur de la machine FPI qui revendique un courant, ils ne craignent aucune menace, vu qu'ils ne constituent pas une force qui fragilise. Officieusement, ils sont les bienvenus, surtout que la jonction vers le navire de synthèse (fusion FPI-UDPCI) tarde à accoster, toutes les bonnes volontés qui convergent vers la destination Ggbagbo devraient bénéficier de tarifs promotionnels assortis de tous les passeports ! Biométriques ou non ! A défaut d'être combattus par ceux qui en ont la légitimité partisane et le devoir politique, ces bénévoles, au regard des projets qu'ils initient ici et là, bénéficieraient à coup sûr d'une source de financement moral occulte ! Sinon comment comprendre, alors qu'ils sont parfois de hauts fonctionnaires à divers endroits du corps administratif de notre Pays, ces dames et messieurs à la faveur de la présidentielle à venir, parcourent le monde entier sur des places " boursières prestigieuses ", avec pour seul argument leur nouvelle et occasionnelle vocation de vendeur de destination politique ? Pour atteindre leur unique et noble objectif, Ils semblent n'avoir qu'un seul et unique leitmotiv : ni de zèle, ni d'excès de zèle !

Ces stewards appuyés de leurs hôtesses savent mieux que quiconque : que l'avenir du Président Gbagbo et de son parti le FPI dépend aussi bien de la nouvelle génération de commerciaux politiques qu'ils représentent, que des jeunes militants auxquels il reviendrait de tirer les leçons des égarements qui sont aujourd'hui à l'origine de certaines contre-humeurs capables de divertir leur v?u de reconduction à la tête du Pays.

Si en octobre 2000, l'arc-en-ciel, sous la malicieuse poussée du FPI, s'était illustré dans le ciel politique national avec les belles couleurs que l'on lui connaît, la météo de novembre 2009 semble indécise quant à la reproduction de cette expérience si particulièrement anamorphosée ! Si donc " Gbagbo Laurent n'a pas crucifié Jésus Christ ", qu'en est-il du cas des "apôtres" !

KoNé KoBaLi
Libre auteur, créateur
Kokobali_fr@yahoo.fr

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Article publié par Le Repère et référencé par 225.ci.