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Transfert de la capitale : Je travaille pour la Côte d'Ivoire éternelle

Le Chef de l'État est satisfait de l'avancement des travaux. Le Chef de l'Etat a voulu commenter les chantiers du transfert de la capitale et après un propos liminaire (ci-dessous), il s'est spontanément prêté aux questions des journalistes. Quand on entreprend un travail et qu'on voit le résultat, on est d'abord fier de voir que le travail avance. Mais, ce qu'il faut dire est que notre pays est vraiment le poumon de l'Afrique de l'Ouest. Et Abidjan est dépassée comme ville parce qu'elle n'a pas été suivie. La conception et les installations qui sont à Abidjan étaient prévues pour 300.000, 400.000 habitants, voire 500.000 au plus. Après, on n'a pas suivi. La ville s'est développée de façon anarchique. Même quand des bâtiments ont été construits en dur, tous les travaux d'assainissement n'ont pas été prévus. Yopougon, Koumassi, Abobo, Port-Bouet, ce sont des nouvelles villes, ce sont des nouveaux quartiers. Mais on n'a pas prévu tout le soubassement. C'est pour tout ça que, en 1983, le Président Houphouet-Boigny a décidé du transfert de la capitale; mais il n'en a pas eu le temps. Je suis arrivé, j'ai compris qu'il a raison et j'ai décidé de venir ici. Mais il faut alors faire une capitale qu'on a au moins pour cent ans. Il ne faut pas se précipiter et faire un travail à la va-vite. Le Palais de la Présidence d'Abidjan a été construit en un an. Les travaux ont été lancés le 7 août 1960 et se sont achevés le 7 août 1961. Voyez dans quel état il se trouve! On peut faire vite aussi, mais quand on fait vite avec le mur, avec la pierre, on se rend compte après qu'on a eu tort d'aller très vite. Donc ici, je ne voudrais pas que demain, on ait tort d'avoir été trop vite. On prend le temps, on fait du solide. Ça prend du temps, mais patientez. C'est parce que j'ai devant un résultat que je veux éviter les conséquences de ce que j'ai en face de moi à Abidjan.
Monsieur le Président, si pendant la guerre, vous arrivez à réaliser ce que nous voyons, que feriez-vous en temps de paix?
C'est à vous de répondre à cette question (Rires). Moi, je travaille pour la Côte d'Ivoire qui est éternelle. Or, quand on construit un pays qui est éternel, on ne connaît pas le temps de guerre, on ne connaît pas le temps de paix. Vous comprenez? En outre, il faut toujours lancer les grands travaux en temps de crise. Parce qu'ils servent aussi à résorber la crise. Ils servent à donner une âme, un esprit, un idéal, une voie à vos concitoyens et ces travaux-là servent et les aident à surmonter les affres de la crise. Ils servent aussi à créer les emplois, tout banalement. Vous le voyez vous-mêmes, ceux qui chantent là-bas (les ouvriers des chantiers, ndlr), ils sont à l'abri du besoin, ils ont un salaire. Donc voilà toutes les raisons. Monsieur le Président, peut-on avoir une idée du coût de ces travaux ?
Non, non. On n'a pas encore une idée du coût des travaux.
Ils coûtent cher?
Ah oui. Ça coûte cher, mais on vous donnera une idée quand les dépenses auront été faites. Vous savez, même quand on fait un budget de l'Etat, c'est quelque chose d'approximatif. L'argent, on le dépense au fur et à mesure qu'on le gagne. Donc ici, nous dégageons l'argent et nous le dépensons au fur et à mesure. C'est quand nous serons au milieu des travaux, qu'on pourra faire une première estimation et ce qu'il y a à projeter sur le reste.

Propos recueillis par Ferro M. Bally
Envoyé spécial à Yamoussoukro

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