Aller au contenu

Gestion du port d`Abidjan - La leçon de Marcel Gossio au PDCI

En améliorant de façon considérable les performances du Port d'Abidjan depuis sa nomination à la tête de cette structure, Marcel Gossio et ses collaborateurs relèvent un grand défi. Ils font taire surtout ceux qui ont toujours attaqué la refondation sur sa gestion.

Depuis sa nomination à la tête du port autonome d'Abidjan, le directeur général, Marcel Gossio, a réellement contribué à l'amélioration du rendement et de l'image de marque du poumon économique de la Côte d'Ivoire. Des chiffres qui témoignent de la performance de la structure ont été livrés avant-hier en présence du chef de l'Etat qui y effectuait sa deuxième visite en moins d'une semaine. A l'analyse, on note une évolution progressive du trafic marchandises depuis l'avènement de Laurent Gbagbo au pouvoir. En 2007, le PAA enregistre ainsi un trafic marchandises de plus de 21 millions de tonnes. Déjà en 2001, un an après sa nomination au poste de directeur général du Port d'Abidjan par le Président Laurent Gbagbo, Marcel Gossio avait annoncé les couleurs en mettant la barre nettement au-delà du chiffre plafond de 14 millions de tonnes à l'actif du pouvoir PDCI. Avec les mêmes infrastructures utilisées sous Bédié, 17 millions de tonnes sont enregistrées en 2001 et la direction générale entendait faire mieux quand survint la guerre. L'acquisition de nouveaux portiques et la réalisation de nouvelles infrastructures en vue de renforcer les capacités du port devront attendre. A cause de la guerre qui a beaucoup perturbé les activités commerciales dès le 19 septembre 2002, le tonnage chute à 16,3 millions à la fin de l'année, puis à 15,5 millions en 2003. Une année qui fut particulièrement chaude. En 2004, c'est la reprise malgré les troubles qui ont suivi le bombardement au sol de la flotte aérienne de l'armée ivoirienne. En 2005, on enregistre 17 millions de tonnes et 18,8 millions en 2006. En 2007, avec l'accord de Ouaga qui a contribué à faire baisser littéralement la tension socio-politique au plan en Côte d'Ivoire et à redynamiser les relations avec nos voisins. Notamment les pays de l'hinterland : Burkina Faso, Niger et Mali qui utilisent traditionnellement le port d'Abidjan pour leurs transactions. Par ailleurs, ces performances sont dues à plusieurs facteurs dont le principal est la nouvelle approche managériale mise sur pied par Marcel Gossio. En effet, pour mieux positionner le port d'Abidjan qui a une position stratégique dans la région, le directeur général a mis un point d'honneur à assainir la gestion des ressources engrangées. Il a ainsi réduit au maximum les risques de corruption, de fraude et autres maux qui avaient cours sous le régime PDCI. Dans le même temps, Gossio a acquis deux nouveaux portiques, portant le nombre total à cinq pour plus d'efficacité. Aussi a-t-il pris des mesures rigoureuses en vue de ramener à leur meilleur niveau les relations entre la direction générale et les partenaires du PAA, en vue de leur faciliter la tâche et de répondre avec beaucoup d'efficacité à certaines de leurs préoccupations. Le coût de l'escale ou du magasinage a enregistré une baisse sensible. Et sur le plan sécuritaire, le PAA peut s'enorgueillir d'avoir une sécurité garantie, matérialisée par le code ISPS. Des missions commerciales en Afrique puis en Europe, dans le but de convaincre les opérateurs économiques de revenir en Côte d'Ivoire, ont été menées ces derniers temps avec beaucoup de réussite et l'année 2008 a commencé sous de bons auspices pour Gossio et ses collaborateurs. Et dire qu'en 40 ans de règne, le PDCI n'a songé un seul instant à tirer le meilleur profit du Port d'Abidjan qui fait face aujourd'hui à la concurrence de ports montants dont ceux d'Accra, Lomé et Dakar. On se rend que n'eut été la guerre, l'équipe actuelle dirigée par un pur cadre de la refondation, en l'occurrence Marcel Gossio, aurait déjà multiplié au moins par deux le tonnage plafond réalisé par le PDCI. On comprend dès lors l'acharnement du parti cinquantenaire contre le directeur général depuis son avènement à ce poste. A commencer par les man?uvres du ministre des Infrastructures économiques, Patrick Achi, qui a voulu contre vents et marées coopter à sa place un cadre PDCI. Sur ordre de la haute direction du parti vert et blanc, il se battra en vain pour installer à ce poste un proche qui sera chargé d'assurer la pérennité des pratiques de gestion malveillantes auxquelles le PDCI est habitué. Bédié et ses collaborateurs rêvaient en tout cas de reprendre en main la gestion du port dont les caisses seraient pillées pour assurer la survie du parti. Comme ce fut le cas pendant l'absence de Gossio alors sous le coup d'une mesure de suspension prise par Banny en 2006. L'enjeu était tel que le RHDP avait organisé une marche en mars 2004 pour obtenir le départ de Gossio, malgré une mesure d'interdiction de manifestation de rue alors en vigueur. En 2006, lors de la crise des déchets toxiques déversés dans la ville d'Abidjan, rebelote. La bataille pour le contrôle de l'infrastructure reprend de plus belle. Le Premier ministre Charles Konan Banny qui lorgnait certainement le poumon économique de la Côte d'Ivoire accablait Gossio et rien ne semblait pouvoir inverser la tendance. La supercherie était telle que le chef de l'Etat a dû intervenir pour décrier l'attitude de son chef de gouvernement remplacé à ce poste quelques mois plus tard par Soro Guillaume. Par sa gestion qui se veut moderne, Marcel Gossio confond, il faut le dire, le PDCI qui a toujours accusé la refondation de malversations. Les chiffres sont là qui montrent qu'en dépit de la guerre, le Port autonome d'Abidjan apporte beaucoup à la Côte d'Ivoire. Et c'est cela qui gêne.

Emmanuel Akani

Dans cet article