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Notre malheur date de 1996

L'année 1996 doit être marquée en noir dans l'histoire de la télécommunication en Côte d'Ivoire. C'est à cette période-là qu'a été signée la convention de concession du secteur de la téléphonie fixe à France télécom. La téléphonie mobile était encore inconnue ou presque dans notre pays. Et le Chef de l'Etat se nommait M. Henri Konan Bédié. Certains de ses proches et lui avaient une solide mainmise sur les négociations du dossier de la télécommunication. Les négociations ont abouti à la création de Côte d'Ivoire-télécom où l'Etat ivoirien détient 49% des parts. La majorité soit 51% étant aux mains de la filiale France télécom. L'Etat ne songe guère à se doter d'une société de téléphonie mobile. La Côte d'Ivoire reste sourde au nouveau boom de la télécommunication. Si bien que Citélécom sera la seule société de téléphonie au monde à ne pas disposer de compagnie de téléphonie mobile.
Dès que les Français s'installent avec Côte d'Ivoire télécom, ils créent tout de suite Ivoiris, une société de téléphonie mobile. La Côte d'Ivoire n'y détient aucune part contrairement à des proches de Bédié qui y auraient des actions. Alors que tout le monde sait que la téléphonie mobile brasse beaucoup plus d'argent que la fixe. Le pays voit donc un véritable pactole lui passer sous le nez d'autant plus qu'Ivoiris contrôle une vaste part du marché.
Quelques années plus tard, Ivoiris deviendra Orange Côte d'Ivoire. Sans oublier qu'après le coup d'Etat de 1999, les proches de Bédié se retirent de l'actionnariat d'Ivoiris. L'Etat ivoirien n'est pas présent dans le capital d'Orange-Côte d'Ivoire qui est la propriété de France-Télécom. Et comme les Français veulent maximiser leurs gains, ils octroient les plus gros salaires à leurs compatriotes travaillant à Côte d'Ivoire Télécom mais rendent souvent des services à Orange où des techniciens ivoiriens de haut niveau sont employés avec des salaires largement en dessous de ce que gagnent leurs collègues français.
Un tel schéma, trop grossier, aurait été mis en place et toléré que grâce à l'affairisme de certains proches de Bédié. Au moment de la signature de la convention, Bédié et ses proches ont privilégié leurs intérêts personnels au détriment de ceux de la Côte d'Ivoire. Voilà d'où viennent les malheurs des Ivoiriens dans le secteur de la télécommunication en général, et la communication mobile en général.

Paul D. Tayoro


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Article publié par Notre Voie et référencé par 225.ci.