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Après 16 mois d`exil: Le colonel déserteur Yao Yao Jules dans la république

L'ancien porte-parole de l'Armée ivoirienne a regagné discrètement Abidjan il y a quelques jours. Il a sablé le champagne avec l'état-major des Forces de défense et de sécurité.

Champagne, toast, tapes amicales, le tout mêlé de blagues et de souvenirs. C'est l'atmosphère conviviale qui a régné hier, entre 13 et 14 h, au mess de l'état-major, au camp Gallieni au Plateau. L'évènement, le colonel Yao Yao Jules mieux connu des Ivoiriens sous le petit nom de ''Haut les c?urs'' y était à l'honneur. Cela, parce qu'il est rentré au bercail après des mois d'exil. L'état-major et ses ''frères d'armes'' ayant tenu à ne pas revenir sur le passé. Dressé dans un uniforme treillis, l'officier de l'armée de l'air affiche une mine joviale, un air rassuré. "Je n'ai aucune assurance ", nous a-t-il répondu à la question de savoir quelle garantie il a eu avant de rentrer au pays. " Je suis rentré, a-t-il poursuivi, tout simplement parce que j'ai confiance, et puis parce que mes camarades et moi n'avons pas rompu les amarres ". Il n'a pas perdu le sens de l'humour non plus tant il reconnaît que "l'oiseau ne peut se fâcher contre l'arbre pendant longtemps ". C'est tout dire, l'homme est résolument rentré en ''famille'' pour reprendre la vie militaire là où il l'avait laissée. Mais plus question pour lui d'assumer le porte-parolat, si on le lui demandait. " Niet ! " a-t-il repondu avant de se prononcer sur la délicatesse d'un tel rôle. "C'est un exercice très délicat qui nécessite des initiatives ; tant que c'est bon, c'est bon. Quand ce n'est pas bon, vous passez à la trappe ". Le " malentendu " avec la hiérarchie est parti " à 90% " de la responsabilité du porte-parole qu'il était pour l'Armée. " Je suis un être humain, ce n'est pas une seule fois mais plusieurs fois que je me suis trompé. J'ai essayé de rattraper quand c'était possible, parfois je n'ai pas réussi ", retient-il des controverses dont il a fait l'objet. Revenu après des déboires, Monsieur ''Haut les c?urs'' a trinqué avec ses pairs et profité pour prendre les nouvelles de leurs familles. Ce fut le cas avec le général de brigade Philippe Mangou dont il s'est informé de la santé de l'épouse. Le colonel a également retrouvé ses pairs de l'armée de l'air en l'occurrence le colonel Ouegnin. Qui, le premier, lui a fait l'honneur d'ouvrir la portière du véhicule civil l'ayant conduit de sa résidence des II Plateaux au camp militaire. Entre autres personnes accompagnant l'ancien exilé, ses parents dont sa génitrice. " J'ai beaucoup souffert de son absence. Je suis en joie, très contente qu'il soit revenu. Je souhaite la paix ", dira la sexagénaire. Il était un peu plus de 13 h quand la délégation, a échangé des civilités avec les généraux Mangou, Kassaraté Tiapé, commandant supérieur de la Gendarmerie nationale. Outre des voisins de résidence, la société civile était représentée par M. Zié Jean Gervais, secrétaire général de l'Association des rois et chefs traditionnels de Côte d'Ivoire. Un point de presse, à la salle de conférence, a servi de cadre pour la lecture des déclarations (voir en annexe). Cette étape qui s'est déroulée en la présence des militaires de la promotion du colonel Yao Yao Jules s'est terminée par un cocktail en l'honneur de ce dernier. Pour rappel, c'est le 20 juillet 2005 que le colonel Yao Yao Jules s'est exilé pour question d'insécurité, disait-il. Il lui était notamment reproché d'avoir répondu à l'invitation à déjeuner de l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire sans le consentement de la hiérarchie. On se souvient également qu'au sortir de cette invitation, l'officier supérieur, alors Lieutenant Colonel, a eu maille à partir avec des soldats. Et qu'étant dans son exil, aux Etats-Unis, a-t-on appris, dans cette même période, il a été nommé colonel. Son retour au pays est consécutif à l'amnistie accordée à tous les exilés par le chef de l'Etat.

On verra les autres bientôt

Le commandant supérieur de la Gendarmerie nationale figure parmi les artisans du retour du col. Yao Yao Jules. L'officier supérieur de la Gendarmerie l'a lui-même signifié. Mais en plus, il a affirmé que le départ pour l'exil de ''Monsieur Haut les coeurs'' l'avait " beaucoup attristé ". C'est pourquoi le général Tiapé Kassaraté dit également avoir " joué (sa) partition pour qu'il revienne. C'est chose faite, je suis un homme heureux ". Répondant à la préoccupante question du retour des autres militaires, le général Doué, IB, le commandant s'est voulu discret. Mais, il a montré un air optimiste. " Le gendarme est très discret, on verra bientôt les résultats ", a-t-il lancé tout sourire.

Bidi Ignace

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