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Le Temps
· 1 min de lecture

Comme une déesse

Un grand ne meurt jamais. Mais Joëlle est partie comme le savent bien le faire les grands. Elle est partie, du moins, elle a quitté la scène au moment où on avait encore besoin d'elle. Elle a déposé le micro au moment où le public commençait à crier bissez ! bissez ! Heureusement qu'elle nous laisse une ?uvre de qualité qui se déguste avec autant de bonheur. On ne consacre pas à une "tradition hypocrite" qui consiste à reconnaître un talent à un disparu, même s'il est médiocre. Joëlle mérite à elle seule, des pages d'éloges. Même dithyrambiques soient-ils. Sur scène, sa voix ne laisse indifférent, tant elle est envoûtante. Que dire de sa musique ? Un nectar qu'elle a servi aux Ivoiriens à chaque album. Elle alliait merveilleusement beauté et talent. Elle n'était pas le genre de fille à vivre de sa beauté. Elle comptait d'abord sur sa tête. A ses qualités, s'ajoute encore son côté humain. Joëlle avait le c?ur grand et large pour les autres. Ils sont rares, ses proches et ses amis qui gardent un mauvais souvenir d'elle. Humble aussi, sa main même en donnant, était quelquefois en bas. Joëlle était amie à tout le monde. Même aux pires insanités qui se déversaient sur elle, elle répondait par un sourire désamorçant. Elle faisait tout avec foi. Ce qui lui donnait la force nécessaire pour surmonter les difficultés. En fait, Joëlle est une déesse. Et comme une déesse ne meurt jamais, elle sera toujours là. Avec ses fans. C'est pourquoi, ils l'ont régulièrement ovationnée pendant ses funérailles. Malgré la douleur.

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Article publié par Le Temps et référencé par 225.ci.