Bouaké / La bourse et les aides du ministère divisent les étudiants - Le film d`une journée d`affrontements
De violents affrontements ont opposé hier deux groupes d`étudiants de l`université de Bouaké. A l`origine de leur discorde, la liste des bénéficiaires des bourses et aides sociales affichée la semaine dernière.
Chasse à l`homme, bastonnade, jets de pierres, amphis et cités quadrillés par des soldats armés de Kalachnikovle campus de Bouaké a renoué, le week-end dernier, avec ses vieux démons. Face à face sur le théatre des affrontements, se regardent en chiens de faïence, des étudiants se réclamant du comité des étudiants restés en zones CNO présidé par Konaté Moussa, et un autre groupe, conduit par Koné Gueu Hervé, meneur de la vague de colère, la guerre est née de la publication, au début de la semaine dernière, de la liste des bénéficiaires des bourses et aides au titre de l`année académique. Au milieu des deux groupes de belligérants, les bérets verts du commandant Shérif Ousmane. Près de la scolarité, sont assis, une dizaine d`étudiants au regard inquiet, torses nus, tirés des griffes du comité. Pris entre les deux feux, alors qu`il dispensait son cours, Kouamé Kouakou, représentant du chef du département des sciences du langage et de la communication, ne se laisse pas intimider. Il reconnaît en revanche que cette situation malheureuse annihile les efforts déployés pour la normalisation de campus de Bouaké. Initiée pour ramener le calme sur le campus l`assemblée générale va vite tourner au drame. La réunion de conciliation et d`explication des modes d`octroi des bourses et aides, va plutôt servir de point de départ à des échauffourées. Qui vont ébranler sérieusement le temple du savoir de la capitale du Centre jusqu`en fin de matinée. Comme annoncée depuis le jeudi dernier sur les antennes de la télévision locale, une rencontre entre le président Konaté Moussa et l`ensemble des camardes étudiants était prévue ce matin pour échanger sur la question de bourses et aides. Pendant que nous étions en amphi, Gueu et ses camarades ont refusé de s`asseoir. Composé d`une quarantaine de personnes, ce groupe, peu après le début de l`assemblée, s`est retiré pour se regrouper sous le manguier. A un moment donné, nous avions senti qu`ils étaient en train de nous encercler. Nous sommes alors sortis pour les repousser, affirme Soro Nongopégué Mamadou, secrétaire à l`organisation du comité des étudiants de l`université de Bouaké. Le boycott de la réunion d`échanges par les hommes de Koné Gueu Hervé, est expliqué ici par un de ses proches. Lundi dernier, nous nous sommes vigoureusement élevés contre le nombre restreint d`ayants droit aux aides et bourses. Sur un total de 3.000 étudiants, à peine 250 ont été satisfaits. Assurance nous a été donnée quant à la tenue d`une réunion avec les responsables du Crou et de l`administration, en vue de trouver une issue favorable. A notre surprise, ces deux structures n`étaient pas présentes à la réunion. En clair, nous pensons que le comité n`est pas la structure indiquée pour nous entretenir sur ce sujet lié aux aides et bourses. Voilà pourquoi, nous nous sommes retirés, précise-t-il sous le sceau de l`anonymat. Sur l`esplanade du bureau de la scolarité, Koné Gueu Hervé, tient un meeting improvisé, qui est vite écourté. Au sein de l`amphi où se poursuit l`assemblée générale, la peur de se faire encercler, grandit. L`amphi se vide aussitôt. Une fois dehors, les esprits s`échauffent, la tension monte d`un cran. Les provocations des deux côtés, gagnent en intensité. L`affrontement dévient alors inévitable. Barbelés, gourdins, machettes, toutes les armes sont permises pour porter le coup décisif. Cette épreuve de force, d`une violence extrême tourne à l`avantage du camp du comité. Neutralisés, dix étudiants de la garde rapprochée de Koné Gueu Hervé sont conduits manu militari dans un cachot improvisé. Repoussés et mis en déroute, le reste de ses partisans, cèdent du terrain pour se retrouver sur la voie bitumée. En rangs serrés, l`élan de leur seconde offensive sera brisé par l`arrivée sur les lieux des bérets verts. Une course poursuite disperse la foule. Les hommes du commandant Shérif Ousmane, pacifient le campus et libèrent les prisonniers. Un dispositif musclé prend forme pour calmer les ardeurs. Arrivé quelques heures plus tard sur le théâtre des affrontements, le commandant de zone 3 des Forces nouvelles, est reçu dans le bureau du vice président. Pour y tenir une réunion avec les autorités universitaires. Après deux heures de huis clos, l`autorité militaire regagne les étudiants, et prodigue des conseils. Libérés, les arrêtés retrouvent leurs vêtements. Entouré maintenant des membres de chaque partie, le commandant insiste sur le retour d`un climat de sérénité favorable à la bonne marche des études de tous. Je souhaite ne plus revenir ici pour les mêmes choses, espère-t-il. Face à la presse, Dr Yao Sékou a donné les assurances quant à la poursuite des cours. Il n`y aura, rassure-t-il, aucune perturbation sur le bon déroulement des enseignements.
Marcel Konan, Correspondant régional
Chasse à l`homme, bastonnade, jets de pierres, amphis et cités quadrillés par des soldats armés de Kalachnikovle campus de Bouaké a renoué, le week-end dernier, avec ses vieux démons. Face à face sur le théatre des affrontements, se regardent en chiens de faïence, des étudiants se réclamant du comité des étudiants restés en zones CNO présidé par Konaté Moussa, et un autre groupe, conduit par Koné Gueu Hervé, meneur de la vague de colère, la guerre est née de la publication, au début de la semaine dernière, de la liste des bénéficiaires des bourses et aides au titre de l`année académique. Au milieu des deux groupes de belligérants, les bérets verts du commandant Shérif Ousmane. Près de la scolarité, sont assis, une dizaine d`étudiants au regard inquiet, torses nus, tirés des griffes du comité. Pris entre les deux feux, alors qu`il dispensait son cours, Kouamé Kouakou, représentant du chef du département des sciences du langage et de la communication, ne se laisse pas intimider. Il reconnaît en revanche que cette situation malheureuse annihile les efforts déployés pour la normalisation de campus de Bouaké. Initiée pour ramener le calme sur le campus l`assemblée générale va vite tourner au drame. La réunion de conciliation et d`explication des modes d`octroi des bourses et aides, va plutôt servir de point de départ à des échauffourées. Qui vont ébranler sérieusement le temple du savoir de la capitale du Centre jusqu`en fin de matinée. Comme annoncée depuis le jeudi dernier sur les antennes de la télévision locale, une rencontre entre le président Konaté Moussa et l`ensemble des camardes étudiants était prévue ce matin pour échanger sur la question de bourses et aides. Pendant que nous étions en amphi, Gueu et ses camarades ont refusé de s`asseoir. Composé d`une quarantaine de personnes, ce groupe, peu après le début de l`assemblée, s`est retiré pour se regrouper sous le manguier. A un moment donné, nous avions senti qu`ils étaient en train de nous encercler. Nous sommes alors sortis pour les repousser, affirme Soro Nongopégué Mamadou, secrétaire à l`organisation du comité des étudiants de l`université de Bouaké. Le boycott de la réunion d`échanges par les hommes de Koné Gueu Hervé, est expliqué ici par un de ses proches. Lundi dernier, nous nous sommes vigoureusement élevés contre le nombre restreint d`ayants droit aux aides et bourses. Sur un total de 3.000 étudiants, à peine 250 ont été satisfaits. Assurance nous a été donnée quant à la tenue d`une réunion avec les responsables du Crou et de l`administration, en vue de trouver une issue favorable. A notre surprise, ces deux structures n`étaient pas présentes à la réunion. En clair, nous pensons que le comité n`est pas la structure indiquée pour nous entretenir sur ce sujet lié aux aides et bourses. Voilà pourquoi, nous nous sommes retirés, précise-t-il sous le sceau de l`anonymat. Sur l`esplanade du bureau de la scolarité, Koné Gueu Hervé, tient un meeting improvisé, qui est vite écourté. Au sein de l`amphi où se poursuit l`assemblée générale, la peur de se faire encercler, grandit. L`amphi se vide aussitôt. Une fois dehors, les esprits s`échauffent, la tension monte d`un cran. Les provocations des deux côtés, gagnent en intensité. L`affrontement dévient alors inévitable. Barbelés, gourdins, machettes, toutes les armes sont permises pour porter le coup décisif. Cette épreuve de force, d`une violence extrême tourne à l`avantage du camp du comité. Neutralisés, dix étudiants de la garde rapprochée de Koné Gueu Hervé sont conduits manu militari dans un cachot improvisé. Repoussés et mis en déroute, le reste de ses partisans, cèdent du terrain pour se retrouver sur la voie bitumée. En rangs serrés, l`élan de leur seconde offensive sera brisé par l`arrivée sur les lieux des bérets verts. Une course poursuite disperse la foule. Les hommes du commandant Shérif Ousmane, pacifient le campus et libèrent les prisonniers. Un dispositif musclé prend forme pour calmer les ardeurs. Arrivé quelques heures plus tard sur le théâtre des affrontements, le commandant de zone 3 des Forces nouvelles, est reçu dans le bureau du vice président. Pour y tenir une réunion avec les autorités universitaires. Après deux heures de huis clos, l`autorité militaire regagne les étudiants, et prodigue des conseils. Libérés, les arrêtés retrouvent leurs vêtements. Entouré maintenant des membres de chaque partie, le commandant insiste sur le retour d`un climat de sérénité favorable à la bonne marche des études de tous. Je souhaite ne plus revenir ici pour les mêmes choses, espère-t-il. Face à la presse, Dr Yao Sékou a donné les assurances quant à la poursuite des cours. Il n`y aura, rassure-t-il, aucune perturbation sur le bon déroulement des enseignements.
Marcel Konan, Correspondant régional