Arrogance et contradictions
C'est le résultat de l'impunité. Autrement, rien d'autre ne peut autoriser Gnamien Konan, épinglé dans le scandale des déchets toxiques, à parler ainsi d'un ancien Premier ministre et du Premier ministre actuel. A écouter Gnamien Konan, le Directeur général des douanes ivoiriennes, devant la presse hier, on le prendrait pour Dieu en personne. Il a donné le sentiment à l'assemblée que lui, Gnamien, était omniscient et omnipotent. Il sait tout, sait tout faire et est tout. Par conséquent, c'est uniquement à cause de lui que les salaires de nos parents sont payés. Il peut donc se permettre se donner des leçons à l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny qui aurait confondu leur suspension à la bonne gouvernance. La bonne gouvernance, c'est ce que je fais à la tête des douanes, proclame-t-il. Par ailleurs, la fin de la guerre proclamée par le Chef de l'Etat ne veut rien dire. La paix pour lui, c'est lorsque (ses) douaniers seront en armes à Pôgô et à Laleraba . Il refuse de parler de zones ex-assiégées. Il enrage contre les ex-rebelles. Ils ont profité de la guerre pour s'enrichir. Il enjoint au Premier ministre Guillaume de libérer les zones car il n'est pas normal qu'il se fasse payer par les impôts du Sud. Sans doute, lui et tant d'autres obligés du régime du Gbagbo n'ont tiré aucune dividende de la guerre. C'est idiot, c'est idiot de faire la rébellion, s'emporte Gnamien. C'est vrai qu'il les hait, les rebelles. Au point d'étaler son tribalisme. Alors que Doukouré Vazoumana exprime les frustrations des commerçants, il se penche vers un voisin et affirme que Ce sont les mêmes Dioulas. Comment quelqu'un qui a proclamé durant de longues heures son attachement passionnel à son pays peut-il tenir un tel discours ? A la vérité, Gnamien Konan fait partie de tous ces opportunistes qui abusent de langue de Molière pour tromper le monde. Il n'aime pas la Côte d'Ivoire. Il n'aime que lui-même. Il n'est guère l'incorruptible, l'intègre douanier pour qui il veut se faire passer. J'ai cessé d'aller au guichet automatique en 1995, révèle-t-il. Je suis tombé sur une grosse fraude. Et j'avais droit à une prime. Le directeur m'a appelé et m'a remis de l'argent et m'a dit : tais toi. Je savais que j'avais droit à plus mais je n'ai rien dit. C'est avec cet argent que j'ai payé ma maison et j'ai construit un magasin. Qu'on nous dise si cela est régulier. Il s'agit là ni plus ni moins que de la complicité dans la fraude. Comprenez Monsieur, la fin de la guerre, c'est aussi la fin de certains avantages contrairement à ce qu'il veut faire croire. Avec la guerre ont tout raconté. Avec la guerre on peut justifier, on peut cacher, on peut tout fabriquermême la compétence et l'intégrité.
KIGBAFORY Inza
KIGBAFORY Inza