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Notre Voie
· 3 min de lecture

Bédié, un véritable mal qui s'ignore

M. Aimé Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), a parlé à ses militants à Soubré. Comme toujours, il a lu un texte écrit. Une pratique à laquelle il a habitué les Ivoiriens quand il veut s'adresser à eux. On se souvient que, même pour une adresse de quelques secondes au pied d'un avion, l'ancien président de la République est chaque fois obligé de sortir un papier pour lire. Il est connu des Ivoiriens comme étant l'homme politique qui ne peut haranguer la foule sans lire. C'est un mal. Mais allons sur le terrain politique pour rappeler à N'Zuéba qu'il est libre de soutenir que l'actuel président de la République, M. Laurent Gbagbo, est un sanguinaire, un dictateur, un président autoproclamé qui a pris le pays en otage et qui refuse d'aller aux élections. Pour Bédié, Gbagbo fait recours à la Constitution quand elle est à son avantage. Il a même eu le courage et l'audace de dire que c'est Laurent Gbagbo qui emprisonne les journalistes et qui a ordonné la tuerie des ménagères qui dénonçaient la cherté de la vie. Comme c'est beau ! Bédié est blanc comme neige et le diable, c'est toujours l'autre. Mais Bédié oublie que c'est parce que le président Gbagbo a fait recours à la Constitution qu'il lui a été possible de regagner sa terre natale, mettant ainsi fin à un exil en France où il errait à la suite du coup d'Etat des jeunes gens? du général Robert Guéi. On le voit, ce recours à la Constitution profite non à Gbagbo mais à Bédié. Cet acte salvateur de Gbagbo, doit lui être reconnu par Bédié même si la politique est l'univers de la mauvaise foi.
En accusant Gbagbo de dictateur et de l'homme qui emprisonne et qui tue, l'ancien chef de l'Etat ignore qu'il a lui-même été le mal qui a fait plus de victimes en Côte d'Ivoire. Il a emprisonné des journalistes : Koré Emmanuel, Freedom Neruda, Souleymane T. Senn et Sangaré Abou Drahamane, Dèbê Kwassi et autres. Il a jeté en prison Henriette Dagri Diabaté, Amadou Gon et a traqué l'opposant Alassane Dramane Ouattara et celle qui a été présentée comme sa mère, Nabintou Cissé. Bédié qui se targue d'être démocrate a refusé de confier l'organisation des élections à une structure indépendante en 95, et a opposé un non retentissant au vote des jeunes à 18 ans. A cette époque, les opposants Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara ont refusé d'aller à l'élection présidentielle. Bédié s'est frotté les mains devant Francis Wodié du Parti ivoirien des travailleurs et a osé recourir aux dozos, chasseurs traditionnels du Grand Nord, pour tuer les Ivoiriens qui avaient répondu au boycott actif décidé par le FPI et le RDR.
Cet état de fait a fait que des Ivoiriens épris de justice et de liberté ont applaudi le coup d'Etat qui l'a chassé du pouvoir. En temps normal, ce pustch devait être condamné sévèrement, mais il a été accueilli comme un mal nécessaire, vu qu'aucun début de dialogue n'était possible avec Bédié, qui conduisait le pays inexorablement dans le mur. Si Bédié n'a pu réaliser qu'il a payé cash, à travers le coup d'Etat, pour son mépris, sa dictature et son refus de démocratie, c'est qu'il est un véritable mal des Ivoiriens qui s'ignore.




Benjamin Koré benjaminkore@yahoo.fr


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Article publié par Notre Voie et référencé par 225.ci.