Ferraille de Yamoussoukro - Une roquette explose : 4 blessés dont un très grave
Yamoussoukro Dioulabougou, sous-quartier de Yirikoro. Il est 9h25, ce 11 mai 2008 quand une forte déflagration déchire le silence dominical. C'est la panique. La foule se dirige vers la casse ou encore la ferraille d'où est venu le bruit. Seuls les débris de l'engin, le burin du ferrailleur et les flaques de sang témoignent du drame qui s'est déroulé à cet endroit il y a à peine une demi heure. Les ferrailleurs ont déjà, avec célérité, emmené les blessés au Chr de Yamoussoukro. Une dizaine selon certains lorsque d'autres affirment mordicus le double avec des morts. On n'est pas arrivé à joindre les pompiers , déclare un mécanicien.
Quelques minutes après, arrive le commandant Kabran du commandement du théâtre des opérations. Après ses constats, l'officier annonce une enquête de la gendarmerie et des artificiers du commandement opérationnel pour déterminer les propriétés de l'explosif et éclaircir l'affaire. Ne touchez à rien , conseille-t-il aux badauds de plus en plus nombreux. Plus tard, nous apprenons que c'est une roquette modèle 84 ABL F1 de fabrication française qui a explosé.
La population s'est ruée vers le service des urgences du Chr. Mon fils de 11 ans est parmi les blessés , gémit une mère angoissée. Dans la salle deux blessés légers qui ont déjà reçu les premiers soins geignent dans leurs lits : Seydou Traoré et Moussa, tous les deux la quarantaine. Ils sont en observation , explique un infirmier qui affirme que leur cas n'est pas aussi grave que celui d'à côté. Arrivent trois personnes dont l'un tient dans ses bras le petit Binafou Togola (10 ans). Il est atteint au pied. Les médecins ont préféré lui faire une radiographie. C'est de là qu'on arrive , déclare le porteur. La majorité des blessés seront libérés vers 16 h, leur état étant jugé satisfaisant.
Mais, sur la table de soins, les médecins continuent à s'activer autour d'Aboudramane Souaré dit Chef?, le ferrailleur par qui le drame est arrivé. Sa face est entièrement recouverte de sparadrap. Et les infirmiers continuent à enlever de son pied droit les éclats de l'explosif dont plusieurs sont déjà dans un bac. Il a perdu deux doigts de la main droite. L'homme émet de temps en temps une complainte et réclame un besoin physique. Spectacle insoutenable. Comme nous le faisons avec tous les fers morts, Chef voulait démonter l'engin avec un burin. Dès son premier coup de marteau, l'explosion est survenue et comme il s'était abaissé pour travailler, il a été atteint de plein fouet , témoigne un ferrailleur. Un autre ajoute que le blessé n'avait pas cru à un de ses collègues qui lui avait pourtant dit qu'il tenait un explosif entre ses mains.
Aucun d'entre eux ne sait l'origine de l'engin. Les gens viennent nous vendre le fer à 50 F le Kilo. Ils s'en procurent partout, explique un ferrailleur. Plusieurs enfants trouvent là une source de revenus. Ils parcourent la ville et transportent en ces lieux tout ce qu'ils peuvent trouver comme fer. C'est, dit-on, le cas du petit Togola qui était venu vendre son lot de fer lorsqu'est arrivé le drame.
Ousmane Diallo
Correspondant régional
Quelques minutes après, arrive le commandant Kabran du commandement du théâtre des opérations. Après ses constats, l'officier annonce une enquête de la gendarmerie et des artificiers du commandement opérationnel pour déterminer les propriétés de l'explosif et éclaircir l'affaire. Ne touchez à rien , conseille-t-il aux badauds de plus en plus nombreux. Plus tard, nous apprenons que c'est une roquette modèle 84 ABL F1 de fabrication française qui a explosé.
La population s'est ruée vers le service des urgences du Chr. Mon fils de 11 ans est parmi les blessés , gémit une mère angoissée. Dans la salle deux blessés légers qui ont déjà reçu les premiers soins geignent dans leurs lits : Seydou Traoré et Moussa, tous les deux la quarantaine. Ils sont en observation , explique un infirmier qui affirme que leur cas n'est pas aussi grave que celui d'à côté. Arrivent trois personnes dont l'un tient dans ses bras le petit Binafou Togola (10 ans). Il est atteint au pied. Les médecins ont préféré lui faire une radiographie. C'est de là qu'on arrive , déclare le porteur. La majorité des blessés seront libérés vers 16 h, leur état étant jugé satisfaisant.
Mais, sur la table de soins, les médecins continuent à s'activer autour d'Aboudramane Souaré dit Chef?, le ferrailleur par qui le drame est arrivé. Sa face est entièrement recouverte de sparadrap. Et les infirmiers continuent à enlever de son pied droit les éclats de l'explosif dont plusieurs sont déjà dans un bac. Il a perdu deux doigts de la main droite. L'homme émet de temps en temps une complainte et réclame un besoin physique. Spectacle insoutenable. Comme nous le faisons avec tous les fers morts, Chef voulait démonter l'engin avec un burin. Dès son premier coup de marteau, l'explosion est survenue et comme il s'était abaissé pour travailler, il a été atteint de plein fouet , témoigne un ferrailleur. Un autre ajoute que le blessé n'avait pas cru à un de ses collègues qui lui avait pourtant dit qu'il tenait un explosif entre ses mains.
Aucun d'entre eux ne sait l'origine de l'engin. Les gens viennent nous vendre le fer à 50 F le Kilo. Ils s'en procurent partout, explique un ferrailleur. Plusieurs enfants trouvent là une source de revenus. Ils parcourent la ville et transportent en ces lieux tout ce qu'ils peuvent trouver comme fer. C'est, dit-on, le cas du petit Togola qui était venu vendre son lot de fer lorsqu'est arrivé le drame.
Ousmane Diallo
Correspondant régional