mardi 17 janvier 2012 par AFP

ABIDJAN, 17 jan 2012 (AFP) - La secrétaire d`Etat américaine Hillary Clinton a appelé mardi à Abidjan le président ivoirien Alassane Ouattara au "dialogue" avec son opposition après une crise politique meurtrière, tout en le félicitant pour les progrès accomplis, notamment sur la sécurité.

C`est un "moment historique" pour la Côte d`Ivoire, a-t-elle déclaré lors d`une conférence de presse avec M. Ouattara, qui l`a reçue au palais présidentiel.

Pour la première visite d`un secrétaire d`Etat depuis 1986 dans le pays, première puissance économique d`Afrique de l`Ouest francophone et premier producteur mondial de cacao, elle a décerné un satisfecit au nouveau pouvoir, saluant les "progrès" réalisés et le "retour progressif et porteur d`espérance à la paix et à la sécurité".

Cette ex-colonie française a été déchirée par une crise postélectorale de décembre 2010 à avril 2011, qui s`est conclue par deux semaines de guerre et a fait quelque 3.000 morts.

Les Etats-Unis ont été, avec la France et lONU, les principaux alliés d`Alassane Ouattara durant son bras-de-fer avec l`ex-président Laurent Gbagbo, qui refusait de se retirer après sa défaite au scrutin de novembre 2010.

"C`est une période excitante pour la Côte d`Ivoire comme pour l`Afrique de l`Ouest", a jugé Mme Clinton, en référence aux dernières élections présidentielles au Nigeria, au Niger, en Guinée et au Liberia.

"Sécuriser ces gains pour la démocratie, la prospérité et la sécurité - pour les gens d`ici comme pour vos voisins - demandera beaucoup de travail", a-t-elle cependant averti.

"Il sera particulièrement important d`inclure toutes les voix, y compris celles qui sont discordantes, dans le dialogue politique", a-t-elle souligné.

Si le fil n`est pas rompu, le dialogue reste très limité entre le nouveau régime - qui proclame son ambition de "réconcilier" les Ivoiriens - et le camp Gbagbo, qui a boycotté les législatives du 11 décembre dernier.

Coopérations

"Nous ne doutons pas, le président (américain Barack) Obama et moi-même, que la Côte d`Ivoire peut être de nouveau le moteur de la croissance économique pour les Ivoiriens mais aussi pour la région", a ajouté la secrétaire d`Etat.

De son côté, M. Ouattara a fait part de sa "ferme volonté de construire un Etat de droit, avec une justice impartiale et respectueuse des droits humains".

Il a souhaité un "renforcement de la coopération" entre les deux pays en matière de sécurité (face aux groupes jihadistes dans le Sahel, à la piraterie maritime et au trafic de drogue, notamment) et dans le domaine économique.

Il a promis que la réforme de la filière ivoirienne du cacao, dans laquelle les Etats-Unis ont de gros intérêts, serait complètement mise en oeuvre d`ici fin janvier.

Engagées dans une coopération tous azimuts avec la France, les nouvelles autorités ivoiriennes n`entendent pas pour autant négliger les autres partenaires, comme la Chine et les Etats-Unis.

La réforme de l`armée est le défi le plus urgent, alors que des exactions sont régulièrement commises par des ex-rebelles pro-Ouattara intégrés dans les forces de défense.

M. Ouattara avait été reçu en juillet 2011 par le président Obama à la Maison Blanche en compagnie des présidents du Niger, de Guinée et du Bénin, en soutien aux processus démocratiques dans ces pays.

Venue lundi du Liberia où elle a assisté à l`investiture de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, Mme Clinton a quitté la Côte d`Ivoire en début d`après-midi, pour conclure dans la journée sa mini-tournée au Togo et au Cap-Vert.

Au Togo, qui recevait pour la première fois un secrétaire d`Etat américain, Mme Clinton a rencontré le président Faure Gnassingbé. "Les Etats-Unis seront un bon partenaire du gouvernement du Togo alors qu`il est en train de construire sur les récents acquis démocratiques", a-t-elle promis.

Au Cap-Vert, elle devait s`entretenir dans la soirée avec le Premier ministre José Maria Neves.

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