Convention du PIT à Yamoussoukro - Le discours de rupture de Wodié
Déception ou simple réalisme politique ? En tout cas, le Professeur Francis Vangah Wodié a décidé de marquer la rupture entre sa formation politique, le Parti ivoirien des travailleurs (PIT) et celle de l'actuel chef de l'Etat Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI). Cela, à travers un discours qu'il a tenu le samedi dernier, lors de la convention de son parti à la Fondation Félix Houphouët Boigny de Yamoussoukro. Alliés autrefois, à la veille du multipartisme en Côte d'Ivoire, dans les années 1988-90, le PIT et son président ne comprennent plus aujourd'hui les attitudes de mauvaise gouvernance de Laurent Gbagbo et le FPI, depuis que ces derniers sont au pouvoir. Quand dans la nuit de la clandestinité, nous nous sommes, au risque de notre liberté et même de notre vie, engagés à changer la Côte d'Ivoire, ce n'est pas de cette Côte d'Ivoire d'aujourd'hui que nous rêvions. Nous voulions montrer aux jeunes générations qu'il n'y a pas de fatalité, qu'il peut exister une autre Côte d'Ivoire, une autre voie pour y arriver, une autre manière de gérer le pays, dans l'ordre et la rigueur, en toute solidarité et responsabilité , regrette le Pr Francis Wodié. Avant de souligner que, par la faute du régime de la Refondation, la Côte d'Ivoire est devenue un pays d'intolérance, de catégorisation, de la division et du désordre organisé . Chose qui, poursuit l'éminent Juriste, devient de plus en plus inacceptable. Non ! Ce n'est pas cette Côte d'Ivoire que nous visions , déplore le président du PIT. Avant de conclure qu'avec le FPI, c'est le rêve des Ivoiriens, dans leur ensemble, qui a été trahi et transformé en un véritable cauchemar. Le rêve commun a été trahi, en tout cas dévoyé. Et par bien des côtés, nous sommes revenus au pouvoir personnel, en réveillant les vieux démons , accuse le président et candidat du PIT à la prochaine élection présidentielle. Et concernant cette échéance électorale, le Pr Wodié se montre plutôt pessimiste quant à la volonté réelle du pouvoir, de l'organiser. On ne sait jusqu'à présent quand cette élection aura lieu, comment elle se tiendra et qui va fixer la nouvelle date ; cela fait désordre, cela inquiète, et cela est devenu inacceptable , s'indigne-t-il, avant de relever que les discours du Chef d'Etat ne sont guère rassurants, tant sont nombreuses les incohérences et les volte-face . Les jours pairs, il annonce allons vite vite aux élections. Les jours impairs, il annonce que s'il n'y a pas d'élection ça fait quoi, il n'y aura rien. Ce n'est pas très sérieux. Ce n'est pas digne et c'est inquiétant pour le pays , dénonce l'éminent Juriste. Une manière d'affirmer, haut et fort, que la Côte d'Ivoire sous le FPI, n'a essuyé que des échecs et surtout, qu'elle perd ses repères.
DS
DS