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En guerre contre l'illégalité : Le CNP ferme des journaux dès lundi

Le président du Conseil national de la presse va en guerre contre les parutions illégales. Le 18 avril, vous interpelliez l'ensemble de la presse écrite en Côte d'Ivoire à se conformer aux conditions de création d'un journal. Auquel cas, à partir du 02 juin, comme stipule le communiqué, les publications illégales continuant de paraître seront fermées. Quel est le point aujourd'hui?
A trois jours de la date limite, nous sommes à 73 journaux qui sortent. Et 41 entreprises de presse sur les 73 que compte la Côte d'Ivoire sont en règle. Avez-vous cherché à savoir pourquoi les 32 autres ne se conforment pas aux règles?
Pourquoi voulez-vous qu'on cherche à savoir tout cela ? Ce sont des entreprises ! Et comme telles, avant d'en créer, il faut respecter les lois qui les régissent. Il faut en connaître les lois. Il y a des gens qui viennent faire des choses et qui ne cherchent pas à connaître les lois. Mais, c'est à leurs risques et périls. Depuis 2004, il y a eu la nouvelle loi. 6 mois avaient été accordés pour que les gens se mettent en conformité avec la loi. Les 6 mois sont passés. Ensuite, avant de contrôler les entreprises de presse, on a fait de la sensibilisation de 2004 jusqu'à maintenant. N'est-ce pas assez suffisant pour qu'on commence à sanctionner ?
Dans l'appel au respect de la réglementation en vigueur, se pose le problème de la convention
collective. Le Groupement des éditeurs de Presse en Côte d'Ivoire (GEPCI), par la voix de son président, dit, entre autres: nous sommes prêts à l'appliquer, mais il faudrait que l'Etat remplisse ses obligations envers la presse. Ce n'est pas notre problème ! Nous, c'est la loi que nous respectons. Et la loi dit que les journalistes doivent être payés à la convention collective. Point barre. Le GEPCI représente les éditeurs. Le syndicat des journalistes a décidé avec le GEPCI. Ils se sont entendus pour dire que nous sommes prêts à ce qu'elle soit appliquée. Mais qu'elle commencera à être appliquée dans 18 mois. Nous n'avons créé aucun problème à cela. Seulement ce que nous nous sommes dit, c'est qu'il faut que la loi soit appliquée et qu'il faut s'engager à payer à la convention collective. Un papier a été signé qui les engage à payer à la convention collective. Nous savons qu'il faut simplement appliquer la loi, en payant à la convention collective. Ce matin, vous avez rencontré le Procureur. Doit-on écrire que la menace est réelle si l'on s'en tient au récent communiqué?
Ce n'est pas une menace. On dit aux gens: soyez en règle ! C'est la loi. La loi est dure, mais c'est la loi. Et le Procureur de la République nous a donné son accord. Il nous a dit qu'il nous soutenait, qu'on pouvait nous adosser à lui. C'est lui qui est la Justice. De quels moyens disposez-vous?
Dès à présent, avec l'accord du Procureur de la République, nous avons déjà écrit aux distributeurs ; à Edipress et Côte d'Ivoire distribution pour que ceux qui ne sont pas en règle ne soient pas distribués. C'est la première sanction. La deuxième, c'est que nous avons écrit aux imprimeurs. S'ils veulent se distribuer eux-mêmes, les imprimeurs n'impriment pas. Sinon, les imprimeurs sont en faute. Le Procureur de la République a décidé d'écrire non seulement à ces entreprises illégales, mais aussi aux imprimeurs et aux distributeurs. Et en dernier lieu si les gens vont se faire imprimer je ne sais où et se distribuer eux-mêmes, le Procureur a décidé de mettre la force publique. Quelle est la date limite ?
Le 02 juin. C'était le 02 mai, auparavant. Nous sommes retrouvés avec eux, ils nous ont demandé de prolonger d'un mois et c'est ce que nous avons fait. Au matin du 02 juin, tous ceux qui ne seront pas en règle ne paraîtront pas. Par rapport au plaidoyer du président du GEPCI qui disait qu'ils attendent que l'Etat fasse sa part, nous pensons, au Conseil National de la Presse, que l'Etat a déjà commencé à faire sa part avec la prise de décret octroyant le fonds de soutien et de développement à la presse. Et l'une des conditions préalables pour pouvoir concourir à ce fonds est la constitution des obligations en entreprises de presse. Je pense que ces structures gagneraient à soutenir l'action du CNP, pour qu'un grand nombre, un maximum donc, puisse se constituer en entreprises de presse pour pouvoir postuler à ce fonds d'aide. Le Procureur et le CNP sont deux structures qui interviennent dans le contrôle de la presse écrite. Selon la loi, le Procureur réceptionne tous les dossiers, il vérifie leur authenticité et adresse une copie au CNP, pour que celui-ci puisse faire le contrôle à son tour. C'est donc tout à fait normal que le Procureur et le CNP s'entendent dans cette voie pour veiller à son application.



Interview réalisée par Michel Koffi

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