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Le Patriote
· 2 min de lecture

L'obsession du désarmement pour affaiblir Soro

Depuis peu, les officines et laboratoires de la refondation embouchent une même trompette. Pour crier à l'unisson au désarmement des Forces Nouvelles du Premier ministre Guillaume Kigbafori Soro. Ils en font même la condition indispensable pour la tenue des élections annoncées, pour vider les contentieux qui fâchent et qui ont plongé le pays dans la guerre du 19 septembre 2002. Pas un jour ne passe sans que la question ne soit mise à l'ordre du jour. L'objectif du régime est sans ambigüité. Le Front Populaire Ivoirien, qui n'est pas prêt pour des élections transparentes et démocratiques, convaincu qu'il est de mordre la poussière devant l'opposition, a trouvé un fallacieux prétexte. Une argutie qui ne tient pas la route, étant donné que l'Accord de Ouagadougou, dont le FPI est le pouvoir est l'un des principaux signataires, aborde autrement la question et parle désormais de cantonnement et de réinsertion des ex- combattants. D'où vient alors que la refondation en arrive à vouloir saborder l'accord dont elle a été le principal initiateur ? La réponse saute aux yeux. L'obsession du désarmement est une parade toute trouvée du régime, pour espérer mettre à mal le premier ministre et bien plus, l'affaiblir vis-à-vis des éléments des Forces nouvelles. En effet si selon l'Accord politique de Ouaga, le cantonnement des troupes est le pendant du désarmement, il convient de signaler que les conditions d'une telle réalité ne sont pas encore réunies. Les primes et soldes promis aux combattants viennent de façon sporadique, s'ils ne sont pas renvoyés aux calendes grecques. Il y a aussi la préoccupation non moins importante des milices tribales et ethniques qui essaiment la zone gouvernementale, qui font le mort et dont le pouvoir ne parle pas du tout. Et les observateurs avertis du problème ivoirien savent très bien que ces combattants détiennent de grandes quantités d'armes, que la parodie de destruction de Guiglo, sous la direction du ministre Kadet Bertin, conseiller spécial du Chef de l'Etat, ne saurait nullement occulter. Personne n'est dupe et tout le monde est d'avis que ces jeunes qui ne font que du jogging , selon l'expression de Laurent Gbagbo, détiennent encore des armes et attendent le moment propice pour mettre en mal le processus de paix. Dans ces conditions, désarmer les forces nouvelles serait ouvrir la porte du suicide. Le premier ministre et ses collaborateurs, qui sont avertis du double langage et de la duplicité du régime, ne sont sans doute pas des naïfs. Pour se faire piéger aussi grossièrement.
Bakary Nimaga

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.