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Guerre de leadership au PDCI - Banny affiche déjà ses ambitions

Konan Banny, fort des promesses de Konan Bédié descend dans l'arène politique. Ce week-end, il a clairement affiché sa volonté d'être aux commandes du PDCI dans la cité des Lacs.

Pas de round d'observation. A peine Charles Konan Banny signe-t-il son retour au PDCI qu'il affiche ses ambitions politiques à Yamoussoukro. Il descend dans l'arène pour livrer la guerre à l'establishment politique local. Le gouverneur, le maire et les députés sont dans son viseur. Ce dimanche, il a sorti ses griffes, face à des organisations de jeunesse suscitées lors de son passage à la Primature. A l'époque, Konan Banny se taillait un costume de présidentiable. Il a revu ses ambitions à la baisse. Il vise au moins un poste électif dans son fief. Dans sa marche vers le sommet, il vise un siège à l'Assemblée nationale. Le perchoir que lui promet Konan Bédié en cas de victoire du PDCI aux législatives, l'exhorte à faire feu de tout bois. L'ancien patron de la BCEAO entend se tisser une carapace de leader du PDCI dans sa ville natale. Il ne s'en cache pas, estimant que le temps est venu de mettre de l'ordre dans la capitale politique où, selon lui, son parti manque de locomotive. « D'aucuns pensent que Yamoussoukro est devenu une terre où il n' y a pas d'hommes. Ce n'est pas vrai. Nous sommes là. Et nous allons prendre nos responsabilités. Dans toute région, il faut un leader, il y aura un leader à Yamoussoukro », avertit-il ceux qui occupent le terrain. Assurément, rien ne peut arrêter Konan Banny, dopé par les assurances de son chef de parti qu'il a longtemps combattu, avant de se ranger officiellement le 13 février dernier. Le gouverneur du District, Apollinaire N'dri, quoique nommé par le chef de l'Etat, le maire Kacou Gnrangbé Jean, mais surtout les députés de la commune, Mme Dikebié Koffi Joséphine et Amani Moro, sont avertis. Banny ne veut pas faire de quartier. Même si, observant une certaine tempérance, il confie aux jeunes venus le rencontrer dans son fief du quartier Morofè : « je ne le ferai pas pour moi. Je le ferai pour vous. » En vérité, sa capacité à prendre le gouvernail du PDCI à la suite de Bédié, passe par la maîtrise d'un bastion important. Après avoir tâté Divo, c'est Yamoussoukro qui constitue la rampe de lancement de la conquête du parti soixantenaire. Cela vaut de montrer des griffes aux éventuels adversaires. « Le leadership existe. Il existera de plus en plus et nous allons l'assumer. Personne ne viendra être maître ici parce qu'il y a déjà des maîtres », met-il en garde. Puis de rassurer son auditoire sur les contours de sa probable gouvernance. « Nous serons des maîtres ouverts », promet Konan Banny à ses futurs élèves. L'ancien Premier ministre balise donc la voie qui pourrait le conduire à la présidence du Parlement. Il prend une courte distance sur ses probables concurrents de même parti, qu'il brocarde au passage. Le successeur de Guillaume envisage le nettoyage des écuries, s'agissant de la guerre de positionnement qui fait rage dans les rangs du PDCI à Yamoussoukro. « Yamoussoukro ne doit plus offrir le spectacle d'une cité divisée, à cause des ambitions des uns et des autres », tranche celui qui se pose comme le Zorro de la ville aux caïmans. En tout, une sortie qui marque la fin d'une léthargie. Et qui achève de situer l'opinion sur le deal qui lie Konan Bédié et Konan Banny.

Guillaume N'Guettia

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