Aller au contenu
Le Temps
· 3 min de lecture

Violation du code de bonne conduite - La CEI reste muette

Afin de préserver l'accalmie, jusqu'aux élections générales en Côte d'Ivoire, les partis politiques ivoiriens ont affiché leurs (bonnes ?) intentions, en adoptant un code de bonne conduite proposé par la CEI, sous l'égide de Ban Ki-moon, SG de l'ONU. Aujourd'hui, les mêmes violents ce code et l'arbitre (CEI) ne dit rien. Le durcissement de ton de la part de certains signataires du code de bonne conduite inquiète. Nombreux sont les Ivoiriens qui sont aujourd'hui, surpris des dérives langagières de certains leaders politiques en Côte d'Ivoire. C'est par exemple le cas de MM. Henri Konan Bédié, Alassane Dramane Ouattara et Affi N'guessan, respectivement présidents du PDCI-RDA, du RDR et du FPI. Le premier, lors d'un meeting à Soubré, a appelé à " chasser les dirigeants actuels du pouvoir comme des malpropres ". Le second, lui, a évoqué la " suppression de la cour constitutionnelle et la Cour suprême ". Quant au troisième, il a proposé depuis le nord ivoirien, de " débarrasser la Côte d'Ivoire des souillures ". Ainsi donc, pense-t-on qu'ils ont tous violé le code. Proposé par la commission électorale indépendante (CEI), adopté le 14 novembre 2007 et signé récemment par les partis politiques, groupements, forces politiques, et candidats aux élections en Côte d'Ivoire, désignés dans ce code sous le titre de " signataires ". La presse en fait son sujet d'information. Les pro et anti s'empoignent. Que dit alors la CEI, l'arbitre face à ces dérapages ? Silence radio. A l'institution de M. Beugré Mambé Robert, personne n'ose se prononcer sur ces sorties hasardeuses. Et les tentatives de ruse sont nombreuses. Certains, là-bas estiment que seuls M. Auguste Séverin Miremont, le porte-parole et ses adjoints (MM. Bamba Yacouba et Bayoro) sont habilités à parler. Or, ils sont tous en mission à l'intérieur du pays. En attendant leur retour, si le pire se produisait ? Continuerait-on de parler de devoir de réserve. Quand la CEI jouera-t-elle son rôle d'arbitre ? Devrait-on comprendre, au constat de son mutisme, que la CEI ne dispose pas de mesures de répression ou de sanction contre les transgresseurs du code de bonne conduite ? On attend peut-être que le mal se produise, avant d'agir. Car, bien souvent, ce sont des propos similaires qui enveniment la situation et créent des tensions entre militants de familles politiques adverses. Le code de bonne conduite comporte certainement en lui, un vide, des limites, malgré les bonnes intentions du genre : " faire preuve de retenue dans les discours, écrits, attitudes, comportements, et à respecter les opinions d'autrui (art : 4 du code de bonne conduite)". Ce constat est d'autant plus regrettable que les mêmes signataires ne s'interdisent, ni ne s'engagent à " interdire à leurs militants, partisans et sympathisants toute attitude, tout comportement, tout propos de nature à porter atteinte à la sécurité, à la dignité, à la vie privée, à l'intégrité physique et morale de toutes personnes, ainsi qu'aux biens publics et privés (art : 6) ". Alors qu'ils ont eux-mêmes adopté ces principes dans le cadre d'une mesure de portée générale, liée à l'impérieuse nécessité d'?uvrer à une sortie de crise rapide, pour une paix durable en côte d'Ivoire. D'où, l'inquiétude mêlée de nervosité des Ivoiriens. Qui ont le sentiment que les signataires du code de bonne conduite s'adonnent à un jeu de mauvais goût.

Frimo D. Koukou
koukoudf@yahoo.fr

Dans cet article

Article publié par Le Temps et référencé par 225.ci.