mercredi 10 decembre 2014 par AFP

L'ex-Premier ministre ivoirien Charles Konan
Banny, membre de la coalition au pouvoir, a annoncé mercredi sa candidature à
l'investiture de son parti pour la présidentielle de 2015, contredisant
l'appel du chef de sa formation à soutenir le président Alassane Ouattara.
Charles Konan Banny, Premier ministre (2006-2007) d'un gouvernement d'union
nationale sous l'ancien président Laurent Gbagbo, s'est vu confier par
Ouattara la lourde tâche de diriger la Commission dialogue vérité et
réconciliation, dont les multiples dysfonctionnements lui ont valu de vives
critiques.
M. Banny a informé par courrier l'ancien chef de l'Etat Henri Konan Bédié,
président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) et grand allié de M.
Ouattara, de son souhait d'"être investi comme candidat du PDCI à l'élection
présidentielle de 2015".
"Je veux que les Ivoiriens m'apportent leur suffrage pour que le PDCI
participe aux élections présidentielles, parce que le PDCI est le plus grand
parti de Côte d'Ivoire et (qu'il) doit participer à l'élection présidentielle.
C'est une évidence", a expliqué M. Banny à l'AFP.
Henri Konan Bédié, président ivoirien de 1993 jusqu'au putsch de 1999, est
un partenaire-clé de M. Ouattara, dont il avait permis l'élection en 2010 face
au sortant Laurent Gbagbo à la faveur d'une alliance de second tour.
En septembre, M. Bédié avait appelé à soutenir la candidature de son allié
à la présidentielle d'octobre 2015.
"Tu seras le candidat unique" de la majorité "pour l'élection
présidentielle", "sans préjudice pour les irréductibles qui voudront se
présenter en leurs noms propres", avait assuré Bédié à Ouattara.
L'"appel de Daoukro", prononcé à l'occasion de la venue du chef de l'Etat
dans le fief de Bédié, avait provoqué de vives tensions au sein du PDCI, des
cadres dénonçant un "acte de haute trahison".
Bertin Kouadio Konan, un député du PDCI, s'est déclaré vendredi candidat à
la présidentielle. Avant lui, un comité de cadres de ce parti avait annoncé
soutenir la candidature en interne d'Amara Essy, un ancien ministre des
Affaires étrangères.
La Côte d'Ivoire sort d'une décennie de crise politico-militaire, qui a
culminé avec les violences postélectorales de 2010-2011. Plus de 3.000
personnes étaient mortes en cinq mois.
La réussite du scrutin d'octobre 2015 est jugée primordiale pour la
stabilité du pays.
eak/jf/tsz

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