samedi 10 janvier 2015 par AFP

Abidjan - L'ancien ministre et directeur de campagne de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo pour des élections internes à son parti, Assoa Adou, poursuivi pour "meurtre", a été placé en détention vendredi à Abidjan, a indiqué samedi son avocat.

L'ancien ministre de la Construction est poursuivi notamment pour "meurtre", "homicide involontaire" et "participation à une bande armée" pour des faits "qui remonteraient à 2008-2009 et qu'il réfute vigoureusement", a affirmé Me Toussaint Dako à l'AFP.

Arrêté mercredi soir à son domicile, M. Adou a d'abord été interrogé à la Direction de la surveillance du territoire (DST), avant d'être entendu vendredi par la justice, qui a délivré un mandat de dépôt à son encontre, a déclaré Me Dako.

"Ici, ce n'est pas le droit qu'on applique. On instrumentalise le droit pour atteindre des objectifs politiques", a-t-il dénoncé.

Aucune source judiciaire n'a pu être jointe par l'AFP pour commentaire.

Assoa Adou était rentré en novembre du Ghana, où il vivait en exil, afin de diriger la campagne de Laurent Gbagbo pour des élections internes au Front populaire ivoirien (FPI), le parti créé par l'ex-président, qui en brigue la direction depuis sa cellule de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye.

La justice ivoirienne a rejeté fin décembre la candidature de M. Gbagbo, emprisonné depuis plus de trois ans à La Haye, en attente d'un procès pour "crimes contre l'humanité" devant la CPI.

Le président Ouattara "a dit qu'il laissait la porte ouverte" aux exilés du régime Gbagbo, "qui ne seraient pas inquiétés" à leur retour, "mais quand Assoa arrive, il est arrêté. C'est très troublant", s'est ému Sébastien Dano Djédjé, cadre du FPI.

Alassane Ouattara a appelé à maintes reprises au retour des "frères" exilés, dans un un but de réconciliation nationale après les violences postélectorales de 2010-2011, qui ont constitué l'épilogue sanglant d'une décennie de crise politico-militaire.

Plus de 3.000 personnes sont mortes entre décembre 2010 et avril 2011, après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire électorale de son adversaire Alassane Ouattara.

jf/jpc

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