samedi 14 mars 2015 par Jeune Afrique

Ismaïl Ould Cheikh Ahmed est chef de la mission des Nations unies pour l'action d'urgence contre Ebola. Pour lui, l'urgence est de "traiter les poches de résistance dans les communautés qui continuent de cacher les malades".

Jeune Afrique : Le 4 mars, le Liberia a annoncé qu'il ne comptait plus aucun malade d'Ebola dans ses centres de traitement. En Sierra Leone et en Guinée, le nombre de nouveaux cas oscille désormais autour de 60 par semaine. Voit-on enfin le bout du tunnel ?

Ismaïl Ould Cheikh Ahmed : Oui, même si beaucoup de difficultés demeurent. Dans la gestion d'une épidémie, l'ultime étape est toujours la plus difficile. Il est beaucoup plus facile de passer de cent à dix cas que de passer de dix à zéro car, au bout d'un moment, les populations sont fatiguées et les donateurs tournent leur attention vers d'autres urgences. C'est pourtant à ce moment-là qu'il faut redoubler de vigilance pour éviter que l'épidémie ne redémarre.

Comment expliquez-vous que le Liberia, qui a connu le plus grand nombre de victimes et qui est apparu à un moment comme le pays le plus touché par cette maladie, ait atteint avant les autres le stade de "zéro cas" ?

Grâce aux analyses dont nous disposons, nous avons noté que ce qui a fait la différence, c'est l'implication des communautés. Lorsque celles-ci sont sensibilisées et acceptent la situation, tout change. C'est au Liberia que les populations ont été les plus promptes à se mobiliser pour faire face à la maladie, en parallèle au travail de l'État et des ONG. Même si, évidemment, l'aide internationale, notamment américaine dans ce pays, a été déterminante.

Les trois pays s'en sortiront ensemble ou ne s'en sortiront pas.
En Sierra Leone et en Guinée, il ne s'agit plus tant de régler le problème des moyens - car nous avons suffisamment de lits, de laboratoires, d'équipes formées - que de traiter les poches de résistance dans les communautés qui continuent de cacher les malades. C'est un problème fondamental, car même si le Liberia s'en sort aujourd'hui, il sera toujours menacé tant qu'il restera des cas chez ses voisins. Les trois pays s'en sortiront ensemble ou ne s'en sortiront pas. ... suite de l'article sur Jeune Afrique

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