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Flashafrik
· 5 min de lecture

Piraterie

A son avènement, on n'avait pas pensé un instant que l'ordinateur pouvait porter préjudice aux artistes. La piraterie à travers la gravure des ?uvres phonographiques est monnaie courante de même que les productions des artistes s'éloignent du professionnalisme.
NERO, ROXIO... DES LOGICIELS POUR GRAVER LES CD Par définition, l'ordinateur est un ensemble de machines connectées entre elles de façon ordonnée par des câbles qui favorisent une communication interne et externe. Il contient des logiciels qui contrôlent ses opérations de base. On a des logiciels de base comme MS.DOS, Windows, des logiciels d'application (Word, Excel) et des logiciels de programmation dont Nero Express, Roxio qui servent à copier les chansons et à les graver sur plusieurs disques compacts appelés communément CD. C'est de ces logiciels que se servent les pirates pour assouvir leur sale besogne. Le système s'est répandu un peu partout en Côte d'Ivoire surtout dans les cités universitaires, précisément dans celle de Cocody où l'étudiant a mis un bémol sur ses études pour ne se consacrer qu'à la gravure des CD. Devant la crise économique grandissante, nous, c'est notre manière à nous d'obtenir notre pain?, nous a confié un étudiant en Deug2 de math-info. Même son de cloche chez les revendeurs qui se la coulent douce. De peur de grossir le cercle des pirates, nous faisons l'économie de décrire le processus pour graver un CD que l'étudiant, en un trait, nous a fait connaître. Si certains étudiants et revendeurs n'ont pas de scrupules à vivre au dépend des artistes, par le biais de la piraterie, les artistes chanteurs et musiciens par contre ne cesseront de maudire Bill Gates et son invention. Impuissant face à ce fléau, certains artistes vont même jusqu'à se confondre aux pirates en livrant eux-mêmes leurs ?uvres aux marchands ambulants parce que les bacs à cassettes ne sont plus les lieux indiqués pour la vente de leurs produits. Il n'y a qu'à faire un tour dans les marchés noirs de la place pour se rendre compte de la véracité des faits. De nombreuses maisons de distribution menacent même de fermer. L'artiste, celui là-même qui a consenti d'énormes sacrifices pour écrire ses textes, faire sa maquette et répéter sous les cris de son arrangeur, ne peut pas vivre de son art et cela à cause d'un instrument : l'ordinateur. La musique assistée par ordinateur, un autre fléau L'un des faits marquants des méfaits de l'ordinateur est la paresse et le manque de professionnalisme chez les artistes. Certains, à partir des logiciels de programmation tel Hip Hop ejay, Cool Edit, Adobe Audition, sortent, en deux jours, des albums et se font appeler artistes chanteurs et musiciens. Sans toutefois connaître la moindre lecture des notes musicale. Si les grikatas, grikatas des Disk-Jokers envahissent nos ménages, c'est bien à cause de la musique assistée par ordinateur qui permet de chanter n'importe quoi en posant simplement la voix sur une sonorité donnée. C'est par rapport à tous ces faits là que le maestro Boncana Maiga disait : les jeunes ne font pas de la musique. On ne fait que fabriquer des artistes?. Il sera suivi dans sa position par l'artiste béninoise lauréate aux Koras Award 2005, Jolidon Lafia : La musique assistée par ordinateur rend les jeunes très paresseux. On s'accapare des sonorités pour faire des albums en deux jours. Il faut plutôt communiquer et apprendre avec les instruments?, conseille-t-elle. S'il est vrai que celui qui ne sait pas manipuler l'ordinateur semble être en retard sur son temps, mais reconnaissons que cet instrument tue les artistes.

D'où viennent les fuites ?
Les pirates s'affichent aujourd'hui comme s'ils étaient des opérateurs économiques ou culturels légalement reconnus. La situation est encore plus préoccupante d'autant qu'il n'existe pas de cadre juridique et réglementaire adéquat en la matière. L'absence de mesures techniques et administratives appropriées empêche tout suivi. Devant l'ampleur du problème, les artistes qui ne croient plus aux actions d'envergure que mène en ce moment le Bureau Ivoirien du Droit d'Auteur (BURIDA). Le président de l'Union National des Artistes de Côte d'Ivoire (UNARTCI), Cadji Celi, affiche en premier une certaine opposition aux méthodes de la structure : ?? On ne prend pas de véritable résolution. D'où vient la fuite ? Je n'ai pas confiance aux brigades qui se forment au Burida. On en a eu beaucoup''. Le président des artistes recommande une brigade créée par les artistes eux-mêmes et qui ira sur le terrain. Cette méthode est dangereuse selon Obou, administrateur provisoire du Burida. L'on se rappelle encore les événements du 31 mai dernier où plusieurs artistes ont été grièvement blessés par les pirates. ??J'ai demandé à l'UNARTCI de laisser l'Etat prendre ses responsabilités. Je vais m'attaquer à ces personnes tapies dans l'ombre et qui profitent illégalement du savoir faire des artistes. Nous savons qui sont derrière. Les renseignements généraux ont fait leur travail''.

Ça devient dangereux et grave
Pendant que les artistes luttent contre toutes les formes de piraterie en Côte d'Ivoire, une autre forme très pernicieuse est en train d'achever les pauvres créateurs sans que cela n'émeuve personne. Les pirates sont désormais en avance sur les sorties d'album. Extraordinaire ! Du jamais vu, ce qui se passe sous nos yeux aux feux tricolores. Les pirates qui ne produisent rien, qui ne payent aucun impôt, qui n'investissent pas et donc qui ne prennent aucun risque, battent les artistes qui se plaignent légitimement. Alors qu'on n'a pas encore pris de décision pour éradiquer ce fléau, les ingénieux pirates sont passés à la vitesse supérieure. Désormais, ils déversent leurs produits piratés sur le marché avant les sorties officielles des artistes. Comment le font-ils ? Avec la complicité de qui ? Parce qu'il y a dans cette nouvelle forme de piraterie des complices faciles à identifier. Ceux qui ont accès à la bande master et au produit fini ou pas. Ce sont les producteurs, les distributeurs, les artistes eux-mêmes, les hommes du studio, les managers et tous ceux qui gravitent, pour on ne sait quelle raison, autour des produits artistiques. Les fuites de ce qui peut être qualifié de vol proviennent de ce cercle. Les récentes victimes sont le groupe Magic System, Garba 50, Soum Bill, Tiken Jah Fakoly pour ne citer que ceux-là. Des artistes qui n'ont pas encore mis sur le marché leur produit qu'ils ont mis des mois à réaliser et qui se retrouvent par on ne sait quelle magie, sur le marché à 500 f CFA ou 1000 f CFA selon la côte de l'artiste. Des noms circulent de plus en plus dans le milieu sur les probables auteurs de ces coups tordus et bas. Des noms qui ne surprennent pas vraiment car ces personnes sont des adeptes masqués de la piraterie lente et vicieuse. Attention donc à ceux qui se préparent à sortir. Le danger est là. L'Unartci, le Burida et les autorités compétentes sont interpellés.

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Article publié par Flashafrik et référencé par 225.ci.