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Histoire d`une réouverture

Fermée le 19 septembre 2002 dès le déclenchement de la guerre, l'université de Bouaké a réouvert ses portes le 28 mars 2006. Selon Konaté Moussa, président de la coordination des étudiants, de nombreuses péripéties ont jalonné la réouverture du campus. De fait, après le déclenchement de la guerre, tous les étudiants ont fui le campus. Mais une vingtaine parmi eux vont revenir quelques jours après. Ils vont y demeurer jusqu'à la grande attaque du 7 octobre 2002, appelée le lundi noir. Ce jour-là, des gens au sud avaient annoncé la libération de Bouaké. Retournés à la maison, les étudiants qui sont venus deux semaines après pour chercher leurs affaires constatent avec surprise le pillage du campus. Dans le souci de préserver ce qu'il y avait, ils décident de loger au campus. Pour survivre, ils s'adonnent au métier d'enseignants volontaires ou de membres des ONG. En 2003 après la signature du traité de fin de guerre le 4 juillet à Yamoussoukro entre les généraux Doué Mathias et Bakayoko Soumaïla, les étudiants mettent en place le comité des étudiants restés en zone Forces nouvelles. Avec pour objectif de mener des activités et actions pour obtenir la réouverture de l'université. Ce comité identifie le nombre d'étudiants par une tournée de recensement. Il prend contact avec les autorités des Forces nouvelles pour montrer la nécessité de la réouverture de l'université. Ils en font autant pour les autorités académiques. Des contacts ont lieu avec le ministre de l'Enseignement supérieur de l'époque Zémogo Fofana. Celui-ci est invité à visiter l'université à plusieurs reprises et à tenir des séances de travail avec le secrétaire général des Forces nouvelles et certains de ses collaborateurs. Des séminaires sont organisés et un mémorandum est adressé au Premier ministre Seydou Diarra et au ministre Zémogo Fofana. Malgré les problèmes survenus, parfois dans le processus de paix avec le retrait parfois des Forces nouvelles, les étudiants refusent le génocide intellectuel. Le bombardement des Sukhoï en novembre 2004 assombrit l'espoir. Mais les tractations avec les autorités se poursuivent. La communauté internationale est sollicitée à travers la force Licorne et les actions civilo-militaires de l'ONUCI. Les échanges sont facilités à Abidjan. Une délégation d'étudiants rencontre le ministre Zémogo et le Représentant spécial de Kofi Annan, Pierre Schori. Ce dernier accepte de financer la réhabilitation d'un amphithéâtre et la scolarité. L'arrivée du Premier ministre Charles Konan Banny va donner une autre impulsion. Le ministre Cissé Ibrahim pilote de main de maître le dossier. La rentrée annoncée pour le mois de janvier 2006 a finalement lieu en mars. Les Forces nouvelles payent le droit d'inscription de 1000 étudiants. Pour la rentrée 2005-2006, plus de 1500 étudiants sont inscrits. Environ 2500 nouveaux bacheliers sont aussi inscrits. Courant 2005, Licorne et ONUCI réhabilitent des bâtiments. L'université reçoit de nombreux dons dont des matelas offerts par l'ex-ministre délégué chargé de l'Economie Charles Diby. En septembre 2006 un arrêt de cours survint du fait des professeurs qui réclamaient des primes. La reprise est effective en janvier 2007. L'année universitaire 2005-2006 tire à sa fin. Celle de 2006-2007 se prépare.
D. S

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