Firmin Kouakou, directeur de campagne du candidat Gbagbo à Bouaflé - La visite de la Première Dame est un test pour nous
Dans le cadre des missions de sensibilisation du FPI, la Première Dame, Simone Gbagbo, entame, aujourd'hui, une tournée dans le département de Bouaflé. Dans cet entretien, le directeur de campagne du candidat Gbagbo à Bouaflé, Firmin Kouakou, revient sur l'ambiance qui prévaut dans la capitale de la Marahoué.
Notre Voie : A quel niveau êtes-vous dans les préparatifs de la visite de la Première Dame dans votre département ?
Firmin Kouakou : Si je m'en tiens à la dernière réunion que nous avons eue pour faire le point, je peux dire que nous sommes prêts pour recevoir la première Dame.
N.V. : Que représente pour vous cette visite ?
F.K. : Pour nous, c'est une aide dans le travail qu'on nous a confié. Que la Première Dame vienne à Bouaflé à la rencontre des populations est en soi un acte important. Qu'elle vienne expliquer ce que le Front populaire ivoirien (FPI) et le président Laurent Gbagbo prévoient pour tous ceux qui vivent en Côte d'Ivoire à la veille des élections est une aide inestimable pour le directeur de campagne que je suis. En quelque sorte, elle vient déblayer la route. Maintenant que la date du premier tour de la présidentielle est connue et que tout le monde se prépare, quand la Première Dame sera passée et qu'elle aura parlé aux populations, pour nous, ce sera comme si elle faisait un premier labour. Alors, nous nous dépêcherons de passer sur ses traces pour le travail de détail et de finition. Toute la Côte d'ivoire et la communauté internationale savent que les prochaines élections sont d'une importance capitale. Pour ce qui concerne notre département, nous voulons que la victoire du président de la République et celles de ceux qu'il aura désignés pour les élections qui suivront soient des victoires nettes. C'est donc avec beaucoup de joie que nous accueillons toux ceux qui peuvent nous aider à atteindre cet objectif.
N.V. : Qui la Première Dame va-t-elle rencontrer. Les militants du FPI ou toute la population ?
F.K. : Nous avons expliqué à nos populations que la Première Dame de Côte d'Ivoire vient voir les populations du département de Bouaflé. Nous savons qu'il y aura la campagne officielle et chaque parti à sa manière ira expliquer aux populations son projet. Mais, avant, nous estimons qu'il y a une tâche importante qui est d'expliquer aux populations non seulement l'importance de ces élections, mais de leur dire que ces élections doivent se dérouler dans le calme et la paix. Aujourd'hui, c'est l'enjeu majeur. Vous savez qu'il y a unCode de bonne conduite qui a été signé par les politiques. C'est vrai que la Côte d'Ivoire n'est pas le Kenya et que tous les pays n'ont la même réalité, mais cela ne nous empêche pas de prendre des précautions. La Première Dame vient donc pour parler à toutes les populations et non aux seuls militants du FPI. Nous n'avons d'ailleurs pas manqué, pour cette visite, d'appeler tous nos frères de Bouaflé, qu'ils soient du FPI ou pas, pour qu'ensemble, nous recevions la Première Dame.
N.V. : Vos frères des autres partis ont-ils entendu votre appel ?
F.K. : A la réunion que j'évoquais tantôt, le maire PDCI de la commune de Bonon est venu pour dire sa disponibilité à se mettre au service du comité d'organisation pour faire de la visite de la Première Dame une réussite. C'est déjà un exemple et il y en a d'autres. Je pense que nous avons été compris et que cela va se concrétiser pendant la visite.
N.V. : Dans son programme initial, la Première Dame ne devait pas se rendre que dans le pays ayaou. Ce qui avait inquiété certains cadres de Bouaflé. Qu'en est-il aujourd'hui ?
F.K. : Nous avons réussi à régler ce problème et, aujourd'hui, il est derrière nous. Bouaflé est en Côte d'Ivoire parmi les départements aux populations très composites. A Bouaflé, vous avez les Gouro, les Yowrè, les Ayaou, une population ivoirienne d'origine burkinabé assez importante et les populations ivoiriennes des autres régions de la Côte d'ivoire. Pour le travail d'implantation du FPI dans le département, il ne nous a pas semblé indiqué que la Première Dame vienne à Bouaflé pour rencontrer seulement une partie de la population. Parce que nous-même à Bouaflé, nous travaillons à ce que les populations comprennent que nous devons être ensemble. Pas vivre les uns à côté des autres. Aborder nos problèmes ensemble, mener la bataille du développement ensemble. Pour nous, c'est la seule voie pour que Bouaflé évolue. Donc, quand le problème s'est posé, nous nous sommes expliqués, nous sommes compris. Nous avons eu des séances de travail avec le cabinet de la Première Dame qui nous a très bien compris et ce problème est aujourd'hui résolu, et la Première Dame visitera tout le département de Bouaflé. La direction départementale de campagne qui a en charge l'organisation de cette visite a mis en place un comité d'organisation avec comme président le directeur général de l'imprimerie nationale, Thierry Bouikalo, qui a fait un travail formidable en très peu de temps. Aujourd'hui, nous avons un programme qui prévoit quatre points de visite. Pacouabo et Attoffé dans le pays ayaou, Gougouessou dans le pays yowrè, Bonon et le meeting de clôture à Bouaflé. Pour si peu de temps la Première Dame ne pouvait pas rendre visite à tous les cantons. Pour le dernier jour à Bouaflé, les populations du Thon, du Gola et du Yassoua rejoindront les populations de la commune.
N.V. : Si ce problème est réglé, qu'en est-il des clivages entre certains cadres qui se sont particulièrement exacerbés sur ce dossier ?
F.K. : Tous les problèmes dus à la première approche ont été aplanis. On s'est expliqués. C'est vrai que la nouvelle de certains éclats de voix vous est parvenue bien qu'on ne l'ait pas souhaité. Mais, après, nous nous sommes assis, nous nous sommes parlé et nous nous sommes compris. Parce que ce qui est important ici, c'est l'avenir et l'intérêt de Bouaflé. Aujourd'hui, il règne, au niveau du comité d'organisation, une discipline formidable. Le comité d'organisation a arbitré sur toutes les propositions qui ont été faites et le programme arrêté l'est pour tout le monde. C'est pour cela que nous avons fait le point pour arrêter les dernières décisions et aller les c?urs unis à cette fête. Notre souci à la direction départementale de campagne de Bouaflé, c'est de rassembler tout le monde. Le FPI est un parti organisé. Et quand il doit aller à la bataille électorale, il met en place une architecture. Et c'est cette architecture qui organise tous les évènements liés à la campagne électorale. Il est demandé à tous les fils de Bouaflé d'apporter ce qu'ils peuvent pour que la campagne se déroule très bien chez nous. C'est-à-dire que le président gagne avec une très large majorité. Chacun est donc invité à apporter ce qu'il peut. Mais dans l'ordre et la discipline, et dans le cadre de la direction départementale de campagne. C'est ce que nous avons expliqué aux uns et aux autres, et nous nous sommes compris.
N.V. : Il y a eu aussi le problème de l'ajout du département de Bouaflé qui a fait grincer beaucoup de dents. A ce niveau, y a-t-il eu des explications pour rassurer tout le monde ?
F.K. : Nous avons rapidement rectifié cette confusion que certains ont voulu créer dans l'esprit de nos populations. Bouaflé n'est pas dans le grand Centre. Bouaflé est dans le Centre-Ouest. C'est très clair. Nous avons eu l'honneur de bénéficier de la visite de la Première Dame parce que, dans le cadre de la campagne, il a été décidé d'aider les équipes de campagne à lever certaines difficultés particulières. Et ce n'est pas un secret que, traditionnellement, les populations ont toujours majoritairement voté pour le PDCI. C'est particulièrement le cas pour les populations baoulé. Or, dans la composition de la population que je vous ai décrite, nous avons une population baoulé avec les Ayaou. Et comme la première dame, dans sa tournée devait arriver à trente minutes de nous, c'est-à-dire à Yamoussokro, nous nous sommes dit avec nos frères ayaou qu'il ne serait pas mauvais qu'elle vienne nous donner un coup de main pour parler à nos parents baoulé. Ce c'est qu'elle a accepté de faire. Bouaflé est la capitale de la région de la Marahoué qui est bien ancrée dans le Centre-Ouest, et cela ne date pas d'aujourd'hui. Il ne faut donc pas faire d'amalgame. C'est vrai qu'il n'y a aucune honte du Centre. Mais quand les découpages administratifs sont faits, il faut s'y tenir.
N.V. : Certains ne comprennent pas justement que vous ayez encore recours à la première dame pour vous aider à travailler dans le pays ayaou. Ils estiment que vous avez aujourd'hui les moyens de faire bouger les choses dans cette zone. Qu'est-ce qui coince ?
F.K. : En matière d'élection, pour vérifier une évolution, cela se fait après le vote. En tout cas, c'est la manière la plus sûre. Aux élections générales de 2000, nous avons des scores catastrophiques dans la zone ayaou à toutes les élections. Pour nous, c'est ça le repère pour le moment. Du travail a été fait. Par la fédération, la direction départementale de campagne, les cadres ayaou de Bouaflé, par le président de la république. Mais nous ne pouvons, sur cette base, estimer que l'objectif est atteint. Nous disons que nous ne ferons jamais assez pour être sûr que, le jour des élections, les changements que nous souhaitons vont se réaliser. C'est pour cela que l'aide de la première dame nous est précieuse. Mais je pense que le président Laurent Gbagbo, depuis qu'il est au pouvoir, a posé des actes importants en direction du pays ayaou. Il a confié de grandes responsabilités à des fils ayaou. Le ministre de l'économie et des finances est ayaou, le directeur général de l'économie est Ayaou ; pour ne citer que les cas les plus importants. Je crois que nos parents ont compris le message et vous avez remarqué que, pendant la crise, le peuple Ayaou s'est toujours promptement rendu auprès du président de la république pour l'assurer de son soutien et de sa solidarité. Nous, nous pensons que le message est compris par nos parents. Mais quand on est responsable d'une élection, on ne peut pas dormir sur ses lauriers. Tant que les élections n'ont pas eu lieu, on ne peut être sûr de rien. C'est pour cette raison que tout ce que nous devons faire pour qu'au soir des élections, nous ayons un bon score nous le faisons. C'est comme ça qu'il faut comprendre la visite de la première dame.
N.V. : Comment la visite va-t-elle se dérouler ?
F.K. : La première dame arrive aujourd'hui à Bouaflé. Nous nous rendrons tous à Pacouabo pour la première étape de la tournée. La première dame aura un entretien avec les chefs ayaou et animera un meeting. De là, nous nous rendrons à Attoffé, dans l'Ayaou sud, où elle animera un autre meeting. Nous prendrons le déjeuner sur place. Aussitôt après, nous nous rendrons à Gbégbessou, dans le Yowrè-nord pour un autre meeting. Après le meeting, elle rencontrera les chefs et nous rentrerons à Bouaflé. Ce sera la fin de la première journée. Le 30, la première dame a des engagements ailleurs, donc elle ne sera pas à Bouaflé. Elle ne nous retrouvera que le 1er mai. Et la journée commence par Bonon où elle rencontrera les chefs, tiendra un grand meeting et Bonon va nous recevoir à déjeuner, et le clou de la tournée se fera l'après-midi à Bouaflé. Elle aura une séance de travail avec les autorités locales, avant d'animer un grand meeting au stade Tchin-tchin à Dioulabougou.
N.V. : Au moment où commence cette tournée qu'attendez-vous de vos parents de Bouaflé, de façon générale, et des cadres, en particulier ?
F.K. : Je dirai aux populations de Bouaflé de sortir nombreux. Bouaflé fait partie des régions qui ont compris très vite le message du président de la république quand il était dans l'opposition. De sorte que Bouaflé est aujourd'hui une terre de forte implantation du Front populaire ivoirien (FPI). La venue d'un responsable du FPI suscite déjà un réel engouement. Je dirai à la population que nous sommes à la veille des élections. Les dates sont connues et cette visite de la Première Dame sera, pour nous, comme un test en direction de toute la Côte d'ivoire. C'est pour quoi nos parents devront venir nombreux aux différents meetings pour dire à la Côte d'ivoire tout entière que Bouaflé est à la pointe du combat derrière le président Gbagbo pour le développement de la Côte d'Ivoire.
entretien réalisé par Guillaume T. Gbato
Notre Voie : A quel niveau êtes-vous dans les préparatifs de la visite de la Première Dame dans votre département ?
Firmin Kouakou : Si je m'en tiens à la dernière réunion que nous avons eue pour faire le point, je peux dire que nous sommes prêts pour recevoir la première Dame.
N.V. : Que représente pour vous cette visite ?
F.K. : Pour nous, c'est une aide dans le travail qu'on nous a confié. Que la Première Dame vienne à Bouaflé à la rencontre des populations est en soi un acte important. Qu'elle vienne expliquer ce que le Front populaire ivoirien (FPI) et le président Laurent Gbagbo prévoient pour tous ceux qui vivent en Côte d'Ivoire à la veille des élections est une aide inestimable pour le directeur de campagne que je suis. En quelque sorte, elle vient déblayer la route. Maintenant que la date du premier tour de la présidentielle est connue et que tout le monde se prépare, quand la Première Dame sera passée et qu'elle aura parlé aux populations, pour nous, ce sera comme si elle faisait un premier labour. Alors, nous nous dépêcherons de passer sur ses traces pour le travail de détail et de finition. Toute la Côte d'ivoire et la communauté internationale savent que les prochaines élections sont d'une importance capitale. Pour ce qui concerne notre département, nous voulons que la victoire du président de la République et celles de ceux qu'il aura désignés pour les élections qui suivront soient des victoires nettes. C'est donc avec beaucoup de joie que nous accueillons toux ceux qui peuvent nous aider à atteindre cet objectif.
N.V. : Qui la Première Dame va-t-elle rencontrer. Les militants du FPI ou toute la population ?
F.K. : Nous avons expliqué à nos populations que la Première Dame de Côte d'Ivoire vient voir les populations du département de Bouaflé. Nous savons qu'il y aura la campagne officielle et chaque parti à sa manière ira expliquer aux populations son projet. Mais, avant, nous estimons qu'il y a une tâche importante qui est d'expliquer aux populations non seulement l'importance de ces élections, mais de leur dire que ces élections doivent se dérouler dans le calme et la paix. Aujourd'hui, c'est l'enjeu majeur. Vous savez qu'il y a unCode de bonne conduite qui a été signé par les politiques. C'est vrai que la Côte d'Ivoire n'est pas le Kenya et que tous les pays n'ont la même réalité, mais cela ne nous empêche pas de prendre des précautions. La Première Dame vient donc pour parler à toutes les populations et non aux seuls militants du FPI. Nous n'avons d'ailleurs pas manqué, pour cette visite, d'appeler tous nos frères de Bouaflé, qu'ils soient du FPI ou pas, pour qu'ensemble, nous recevions la Première Dame.
N.V. : Vos frères des autres partis ont-ils entendu votre appel ?
F.K. : A la réunion que j'évoquais tantôt, le maire PDCI de la commune de Bonon est venu pour dire sa disponibilité à se mettre au service du comité d'organisation pour faire de la visite de la Première Dame une réussite. C'est déjà un exemple et il y en a d'autres. Je pense que nous avons été compris et que cela va se concrétiser pendant la visite.
N.V. : Dans son programme initial, la Première Dame ne devait pas se rendre que dans le pays ayaou. Ce qui avait inquiété certains cadres de Bouaflé. Qu'en est-il aujourd'hui ?
F.K. : Nous avons réussi à régler ce problème et, aujourd'hui, il est derrière nous. Bouaflé est en Côte d'Ivoire parmi les départements aux populations très composites. A Bouaflé, vous avez les Gouro, les Yowrè, les Ayaou, une population ivoirienne d'origine burkinabé assez importante et les populations ivoiriennes des autres régions de la Côte d'ivoire. Pour le travail d'implantation du FPI dans le département, il ne nous a pas semblé indiqué que la Première Dame vienne à Bouaflé pour rencontrer seulement une partie de la population. Parce que nous-même à Bouaflé, nous travaillons à ce que les populations comprennent que nous devons être ensemble. Pas vivre les uns à côté des autres. Aborder nos problèmes ensemble, mener la bataille du développement ensemble. Pour nous, c'est la seule voie pour que Bouaflé évolue. Donc, quand le problème s'est posé, nous nous sommes expliqués, nous sommes compris. Nous avons eu des séances de travail avec le cabinet de la Première Dame qui nous a très bien compris et ce problème est aujourd'hui résolu, et la Première Dame visitera tout le département de Bouaflé. La direction départementale de campagne qui a en charge l'organisation de cette visite a mis en place un comité d'organisation avec comme président le directeur général de l'imprimerie nationale, Thierry Bouikalo, qui a fait un travail formidable en très peu de temps. Aujourd'hui, nous avons un programme qui prévoit quatre points de visite. Pacouabo et Attoffé dans le pays ayaou, Gougouessou dans le pays yowrè, Bonon et le meeting de clôture à Bouaflé. Pour si peu de temps la Première Dame ne pouvait pas rendre visite à tous les cantons. Pour le dernier jour à Bouaflé, les populations du Thon, du Gola et du Yassoua rejoindront les populations de la commune.
N.V. : Si ce problème est réglé, qu'en est-il des clivages entre certains cadres qui se sont particulièrement exacerbés sur ce dossier ?
F.K. : Tous les problèmes dus à la première approche ont été aplanis. On s'est expliqués. C'est vrai que la nouvelle de certains éclats de voix vous est parvenue bien qu'on ne l'ait pas souhaité. Mais, après, nous nous sommes assis, nous nous sommes parlé et nous nous sommes compris. Parce que ce qui est important ici, c'est l'avenir et l'intérêt de Bouaflé. Aujourd'hui, il règne, au niveau du comité d'organisation, une discipline formidable. Le comité d'organisation a arbitré sur toutes les propositions qui ont été faites et le programme arrêté l'est pour tout le monde. C'est pour cela que nous avons fait le point pour arrêter les dernières décisions et aller les c?urs unis à cette fête. Notre souci à la direction départementale de campagne de Bouaflé, c'est de rassembler tout le monde. Le FPI est un parti organisé. Et quand il doit aller à la bataille électorale, il met en place une architecture. Et c'est cette architecture qui organise tous les évènements liés à la campagne électorale. Il est demandé à tous les fils de Bouaflé d'apporter ce qu'ils peuvent pour que la campagne se déroule très bien chez nous. C'est-à-dire que le président gagne avec une très large majorité. Chacun est donc invité à apporter ce qu'il peut. Mais dans l'ordre et la discipline, et dans le cadre de la direction départementale de campagne. C'est ce que nous avons expliqué aux uns et aux autres, et nous nous sommes compris.
N.V. : Il y a eu aussi le problème de l'ajout du département de Bouaflé qui a fait grincer beaucoup de dents. A ce niveau, y a-t-il eu des explications pour rassurer tout le monde ?
F.K. : Nous avons rapidement rectifié cette confusion que certains ont voulu créer dans l'esprit de nos populations. Bouaflé n'est pas dans le grand Centre. Bouaflé est dans le Centre-Ouest. C'est très clair. Nous avons eu l'honneur de bénéficier de la visite de la Première Dame parce que, dans le cadre de la campagne, il a été décidé d'aider les équipes de campagne à lever certaines difficultés particulières. Et ce n'est pas un secret que, traditionnellement, les populations ont toujours majoritairement voté pour le PDCI. C'est particulièrement le cas pour les populations baoulé. Or, dans la composition de la population que je vous ai décrite, nous avons une population baoulé avec les Ayaou. Et comme la première dame, dans sa tournée devait arriver à trente minutes de nous, c'est-à-dire à Yamoussokro, nous nous sommes dit avec nos frères ayaou qu'il ne serait pas mauvais qu'elle vienne nous donner un coup de main pour parler à nos parents baoulé. Ce c'est qu'elle a accepté de faire. Bouaflé est la capitale de la région de la Marahoué qui est bien ancrée dans le Centre-Ouest, et cela ne date pas d'aujourd'hui. Il ne faut donc pas faire d'amalgame. C'est vrai qu'il n'y a aucune honte du Centre. Mais quand les découpages administratifs sont faits, il faut s'y tenir.
N.V. : Certains ne comprennent pas justement que vous ayez encore recours à la première dame pour vous aider à travailler dans le pays ayaou. Ils estiment que vous avez aujourd'hui les moyens de faire bouger les choses dans cette zone. Qu'est-ce qui coince ?
F.K. : En matière d'élection, pour vérifier une évolution, cela se fait après le vote. En tout cas, c'est la manière la plus sûre. Aux élections générales de 2000, nous avons des scores catastrophiques dans la zone ayaou à toutes les élections. Pour nous, c'est ça le repère pour le moment. Du travail a été fait. Par la fédération, la direction départementale de campagne, les cadres ayaou de Bouaflé, par le président de la république. Mais nous ne pouvons, sur cette base, estimer que l'objectif est atteint. Nous disons que nous ne ferons jamais assez pour être sûr que, le jour des élections, les changements que nous souhaitons vont se réaliser. C'est pour cela que l'aide de la première dame nous est précieuse. Mais je pense que le président Laurent Gbagbo, depuis qu'il est au pouvoir, a posé des actes importants en direction du pays ayaou. Il a confié de grandes responsabilités à des fils ayaou. Le ministre de l'économie et des finances est ayaou, le directeur général de l'économie est Ayaou ; pour ne citer que les cas les plus importants. Je crois que nos parents ont compris le message et vous avez remarqué que, pendant la crise, le peuple Ayaou s'est toujours promptement rendu auprès du président de la république pour l'assurer de son soutien et de sa solidarité. Nous, nous pensons que le message est compris par nos parents. Mais quand on est responsable d'une élection, on ne peut pas dormir sur ses lauriers. Tant que les élections n'ont pas eu lieu, on ne peut être sûr de rien. C'est pour cette raison que tout ce que nous devons faire pour qu'au soir des élections, nous ayons un bon score nous le faisons. C'est comme ça qu'il faut comprendre la visite de la première dame.
N.V. : Comment la visite va-t-elle se dérouler ?
F.K. : La première dame arrive aujourd'hui à Bouaflé. Nous nous rendrons tous à Pacouabo pour la première étape de la tournée. La première dame aura un entretien avec les chefs ayaou et animera un meeting. De là, nous nous rendrons à Attoffé, dans l'Ayaou sud, où elle animera un autre meeting. Nous prendrons le déjeuner sur place. Aussitôt après, nous nous rendrons à Gbégbessou, dans le Yowrè-nord pour un autre meeting. Après le meeting, elle rencontrera les chefs et nous rentrerons à Bouaflé. Ce sera la fin de la première journée. Le 30, la première dame a des engagements ailleurs, donc elle ne sera pas à Bouaflé. Elle ne nous retrouvera que le 1er mai. Et la journée commence par Bonon où elle rencontrera les chefs, tiendra un grand meeting et Bonon va nous recevoir à déjeuner, et le clou de la tournée se fera l'après-midi à Bouaflé. Elle aura une séance de travail avec les autorités locales, avant d'animer un grand meeting au stade Tchin-tchin à Dioulabougou.
N.V. : Au moment où commence cette tournée qu'attendez-vous de vos parents de Bouaflé, de façon générale, et des cadres, en particulier ?
F.K. : Je dirai aux populations de Bouaflé de sortir nombreux. Bouaflé fait partie des régions qui ont compris très vite le message du président de la république quand il était dans l'opposition. De sorte que Bouaflé est aujourd'hui une terre de forte implantation du Front populaire ivoirien (FPI). La venue d'un responsable du FPI suscite déjà un réel engouement. Je dirai à la population que nous sommes à la veille des élections. Les dates sont connues et cette visite de la Première Dame sera, pour nous, comme un test en direction de toute la Côte d'ivoire. C'est pour quoi nos parents devront venir nombreux aux différents meetings pour dire à la Côte d'ivoire tout entière que Bouaflé est à la pointe du combat derrière le président Gbagbo pour le développement de la Côte d'Ivoire.
entretien réalisé par Guillaume T. Gbato