Manque de politique culturelle de l`Etat ivoirien - Hanny Tchelley crache ses vérités !
Contente, la cinéaste ivoirienne Hanny Tchelley ne l'est pas du tout. Elle a du mal à comprendre que pour l'Etat de Côte d'Ivoire, la culture et les artistes ivoiriens ne représentent quasiment rien. Elle a crié son ras-le-bol au cours d'une rencontre qu'elle a eue dernièrement avec les membres de l'AIESEC au campus de Cocody.
"Rien n'est fait pour le cinéma chez nous ! Il n'y a pas une politique élaborée qui puisse permettre aux cinéastes de bien faire leur travail ici en Côte d'Ivoire. Les artistes ivoiriens, de façon générale, n'ont aucun statut. On n'a aucune considération pour eux. On ne sait même pas qui est artiste". Ainsi s'exprimait Mme Etibou Hanny Tchelley, artiste comédienne, cinéaste, patron du Festival du court métrage d'Abidjan (FICA), et directrice de African Queen Productions, le mardi 10 avril dernier. Elle était ce jour là face aux membres de l'Association des étudiants en sciences économiques (AIESEC, Abidjan). Ils l'avaient invitée à partager son expérience de femme leader dans le domaine du 7e art. Au cours de cette rencontre, elle a aussi fait savoir qu'elle a du mal à comprendre qu'un Etat comme la Côte d'Ivoire puisse ignorer aussi royalement sa propre culture. "Je ne comprends pas qu'un Etat puisse ignorer sa culture jusqu'à ce point. Qui sommes-nous ? Quelle est notre identité ? Un Etat qui délaisse sa culture ne sait pas qui il est, d'où il vient et où il va. C'est un Etat sans véritable identité ", a-t-elle souligné avec amertume. Les conséquences qu'elle tire de cet état de fait sont au nombre de deux. Premièrement, soutient-elle, chez " nous en Afrique, on n'a pas de mémoire." La raison, sous les tropiques, les films, les documentaires et autres productions audiovisuelles, qui mettent en valeur la culture, ne sont pas produits en abondance. Deuxièmement, elle affirme que lorsqu'un pays ne respecte pas sa culture, c'est qu'il court de facto à sa perte. A contrario, elle soutient que les Etats les plus puissants du monde accordent une place de choix de façon générale à la culture ; et particulièrement au cinéma. "Le cinéma est un art qui assoie la puissance. Si les Etats-Unis ont consacré un Etat, Hollywood, au 7e art, ce n'est pas par hasard. Ils ont compris que la culture est un puissant moyen pour asseoir une grande nation". La directrice du FICA, dont la 4e édition a eu lieu en avril 2006, a en outre fait savoir que la France, pour consacrer l'exception culturelle, apporte d'énormes soutiens au cinéma. A ce titre, elle facilite la réalisation de centaines de films diffusés dans le monde entier. A cette rencontre, Mme Etibou est longuement revenue sur son parcours : " Je ne suis pas devenue artiste parce que j'ai échouéJe suis passée par l'école de danse à l'INA, aujourd'hui INSAACJe suis allée ensuite à Londres pour poursuivre mes étudesEnfin de compte je suis rentrée dans le cinéma avec beaucoup de grâce. Petit à petit, le 7e art m'a happé " La directrice de African Queen Productions s'est prêtée sans faut fuyant aux nombreuses questions des étudiants : sa vie privée, les émissions qu'elle a animées à la télévision ivoirienne, tout comme celles qu'elle anime aujourd'hui, ses passages dans les festivalsRien de tout cela n'est resté dans l'ombre. Enfin elle n'a pas manqué de donner des conseils aux étudiants. Toutes choses qui leur permettront d'être les leaders de demain.
Marcel Appena
"Rien n'est fait pour le cinéma chez nous ! Il n'y a pas une politique élaborée qui puisse permettre aux cinéastes de bien faire leur travail ici en Côte d'Ivoire. Les artistes ivoiriens, de façon générale, n'ont aucun statut. On n'a aucune considération pour eux. On ne sait même pas qui est artiste". Ainsi s'exprimait Mme Etibou Hanny Tchelley, artiste comédienne, cinéaste, patron du Festival du court métrage d'Abidjan (FICA), et directrice de African Queen Productions, le mardi 10 avril dernier. Elle était ce jour là face aux membres de l'Association des étudiants en sciences économiques (AIESEC, Abidjan). Ils l'avaient invitée à partager son expérience de femme leader dans le domaine du 7e art. Au cours de cette rencontre, elle a aussi fait savoir qu'elle a du mal à comprendre qu'un Etat comme la Côte d'Ivoire puisse ignorer aussi royalement sa propre culture. "Je ne comprends pas qu'un Etat puisse ignorer sa culture jusqu'à ce point. Qui sommes-nous ? Quelle est notre identité ? Un Etat qui délaisse sa culture ne sait pas qui il est, d'où il vient et où il va. C'est un Etat sans véritable identité ", a-t-elle souligné avec amertume. Les conséquences qu'elle tire de cet état de fait sont au nombre de deux. Premièrement, soutient-elle, chez " nous en Afrique, on n'a pas de mémoire." La raison, sous les tropiques, les films, les documentaires et autres productions audiovisuelles, qui mettent en valeur la culture, ne sont pas produits en abondance. Deuxièmement, elle affirme que lorsqu'un pays ne respecte pas sa culture, c'est qu'il court de facto à sa perte. A contrario, elle soutient que les Etats les plus puissants du monde accordent une place de choix de façon générale à la culture ; et particulièrement au cinéma. "Le cinéma est un art qui assoie la puissance. Si les Etats-Unis ont consacré un Etat, Hollywood, au 7e art, ce n'est pas par hasard. Ils ont compris que la culture est un puissant moyen pour asseoir une grande nation". La directrice du FICA, dont la 4e édition a eu lieu en avril 2006, a en outre fait savoir que la France, pour consacrer l'exception culturelle, apporte d'énormes soutiens au cinéma. A ce titre, elle facilite la réalisation de centaines de films diffusés dans le monde entier. A cette rencontre, Mme Etibou est longuement revenue sur son parcours : " Je ne suis pas devenue artiste parce que j'ai échouéJe suis passée par l'école de danse à l'INA, aujourd'hui INSAACJe suis allée ensuite à Londres pour poursuivre mes étudesEnfin de compte je suis rentrée dans le cinéma avec beaucoup de grâce. Petit à petit, le 7e art m'a happé " La directrice de African Queen Productions s'est prêtée sans faut fuyant aux nombreuses questions des étudiants : sa vie privée, les émissions qu'elle a animées à la télévision ivoirienne, tout comme celles qu'elle anime aujourd'hui, ses passages dans les festivalsRien de tout cela n'est resté dans l'ombre. Enfin elle n'a pas manqué de donner des conseils aux étudiants. Toutes choses qui leur permettront d'être les leaders de demain.
Marcel Appena