jeudi 7 juillet 2016 par RFI

Le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé se tient désormais en partie à huis clos. Les juges ont décidé de ne plus retransmettre en direct sur l'Internet les audiences au cours desquelles déposent des témoins protégés . Déjà fastidieux, ce procès au cours duquel seuls 13 témoins ont déposé en six mois devient de moins en moins lisible.

A la reprise du procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale le 6 juillet, les internautes ivoiriens ont dû vaquer à d'autres occupations. Le site internet, sur lequel sont retransmises les audiences, n'affichait rien d'autre qu'une mire de couleur. Les Ivoiriens n'ont qu'à bien se tenir ! C'est un peu la leçon infligée par les juges de la Cour pénale internationale (CPI), le 16 juin dernier. Les audiences impliquant des témoins protégés ne seraient plus retransmises en direct, mais accessibles quelques semaines après leur audition, une fois censurées des éléments permettant de les identifier, décidaient les juges. Seuls ceux présents à La Haye pourront suivre le procès dans la galerie publique, après contrôle de sécurité.

Ces mesures vont restreindre la possibilité pour le public de suivre en direct le procès, reconnaissait le président Cuno Tarfusser, mais ces mesures sont une réaction à l'action de certaines personnes qui ne représentent certes pas tout le peuple de la Côte d'Ivoire, mais qui ont créé un risque très grave pour l'intégrité de ce procès ainsi que pour la sécurité des témoins . La raison : des témoins censés être protégés ont été identifiés sur les réseaux sociaux et dans la presse ivoirienne. Pour les juges, le contexte et l'environnement sont devenus tel que nous pensons que c'est la seule façon d'assurer et de préserver l'intégrité du procès tout en préservant la publicité des débats .

Un crime passible de cinq ans de prison

Dès le début du procès, le 28 janvier 2016, l'identité des témoins faisait l'objet de nombreuses spéculations. Sur les 13 témoins entendus en six mois, seuls quatre ont déposé publiquement. Les autres ont bénéficié de mesures de protection décidées par la Cour : déposition sous pseudonyme, partie d'auditions à huis clos, voix et visages brouillés. Si la Cour fait porter la faute sur les internautes et journalistes ivoiriens, c'est elle-même qui à plusieurs reprises a identifié ses témoins. Le premier d'entre eux avait, dans le cours de son récit, révélé son identité. Celles de cinq autres, considérés comme des insiders par l'accusation, étaient révélées par le procureur, après que le greffe ait oublié de couper la retransmission d'une audience à huis clos. ... suite de l'article sur RFI

www.225.ci - A propos - Plan du site - Questions / Réponses © 2023