Aller au contenu

FPI : Dans le centre, la déchirure

Le Front populaire ivoirien (FPI) pourra-t-il obtenir un bon score dans la région des Lacs? Difficile d'y répondre avec exactitude. Et pour cause, le parti au pouvoir semble être grippé dans le centre par des plaies qui peuvent lui être fatales, si sa direction ne pose pas un diagnostic approprié. En vue d'apporter un traitement de choc. Surtout que l'on tend de manière irréversible vers les élections, dans le cadre de l'application de l'Accord de Ouagadougou. Qui, à petits trots, ramène progressivement la paix.
Il s'agit, entre autres, de querelles de leadership, de contestations intempestives, d'affrontements entre militants et d'actes de vandalisme. Ici, le FPI n'a pas encore réussi sa métamorphose de parti d'opposition en parti au pouvoir. Les militants se comportent encore comme des opposants. A Tiébissou et Didiévi, ils sont mis à l'index dans les troubles à l'ordre public. Dans la première ville par exemple, pour un malentendu avec leur directeur de campagne le mois dernier, des militants et des membres du bureau fédéral se sont organisés pour le séquestrer et casser sa voiture. Toujours dans cette ville, raconte-t-on, ce sont eux qui, très souvent sont à la tête des manifestations de rue. La récente grève des fonctionnaires relative aux indemnités initiées par le CNPRA en est un exemple. Pareil à Didiévi, où le fédéral de Yamoussoukro, par ailleurs fédéral de la région pris a partie par des militants déchaînés, lors d'une élection fédérale, n'a eu la vie sauve que grâce à la force de ses jambes. Partout, il y a des problèmes. Parfois, ce sont les différents directeurs de campagne qui sont confrontés à des oppositions internes fortes. Soit, avec le fédéral qui se dit au-dessus de lui, ou dans la majeure partie des cas, avec une catégorie de militants. A Yamoussoukro, le directeur de campagne, M. Koko Yao Jérôme, a eu maille à partir avec certains secrétaires de section et des responsables de structures spécialisées. Ces derniers avaient destitué leur fédéral et s'étaient désolidarisés du directeur de campagne.
Même son de cloche à Tiébissou. M. Kouamé Raymond est contesté par le fédéral et son bureau ainsi que certains cadres du parti. A Didiévi, c'est Kouassi Kouakou Benoît dit Gbagbo Kouakou qui est opposé à l'ex-député Kouamé Louis Gloris. A ces faits, il faut ajouter le comportement des anciens militants, vis-à-vis des nouvelles recrues. Pour les anciens qui tiennent à leurs prérogatives, les nouveaux arrivants, doivent se mettre à l'arrière-plan. Même s'ils sont compétents. En clair, ils supportent mal les débauchages. La mouvance présidentielle n'est pas en reste. Elle est perçue comme concurrente par certains directeurs de campagne et des fédéraux. De plus, certains responsables promus ont des problèmes avec leurs populations.
Quand bien même la direction a essayé de concilier les différentes parties, à certains endroits, ces problèmes demeurent soit, parceque leur diagnostic a été mal fait, soit ils sont mal traités. Il serait plus bénéfique pour le FPI, que la direction se penche sérieusement sur le fonctionnement dans le centre. En envoyant des missions d'enquêtes sur le terrain, afin de s'imprégner de la réalité. Ce qui permettra de trouver les solutions idoines pour mettre fin à cette situation qui peut être fatale à tous les frontistes. Surtout que d'autres partis effectuent une percée fulgurante sur le terrain. Il y va de l'intérêt du parti. Car toute surprise désagréable n'est pas à proscrire.

Koffi Kouamé
Correspondant régional

Dans cet article