Bonne année,élections !
La nouvelle année, 2008, tant attendue est déjà vieille de plus de soixante douze heures. Après la fête, beaucoup s'attendent à quelques petites défaites dans les foyers. La semaine faste aura tout soufflé dans les coffres et bourses. Perçu comme le mois le plus long, janvier 2008 s'annonce particulièrement difficile. Pour ne pas dire éreintant. N'empêche, les v?ux continuent de fuser de partout. Santé, Bonheur et prospérité, sont les mieux partagés comme aspiration. Car pour l'Ivoirien moyen qui ne se soucie guère de la cherté de la vie et des pillages des ressources communes, la paix est déjà là. Gbagbo et Soro l'ont déclaré et ont fait disparaître le front. Peu importe, les coups de feu qui font des dizaines de morts à Bouaké. Les affrontements inter miliciens qui font de nombreux blessés à Guiglo, ne sont rien d'autres en face des symboles dont on a abreuvés les populations tout au long de l'année 2007. Une guerre opposant partisans de Soro et supposés partisans d'Ibrahim Coulibaly (entre rebelles donc) n'en est pas une. Elle ne concerne pas "la partie utile" de la Côte d'Ivoire, comme le disaient "les patriotes" de Gbagbo. Soro est désormais dans cette partie utile. Bouaké est si loin ! Une guerre entre des miliciens ne peut inquiéter. "Ces jeunes défenseurs de la République" ne disent plus rien aux gouvernants. Guiglo est si loin! On a donc la paixromaine des braves. Qui ose parler de se méfier ?
Dans son discours de fin d'année, le Chef de l'Etat s'est voulu à la fois rassurant et triomphant : " L'accord de Ouagadougou marche et il marchera. Des actes concrets montrent bien nos avancées vers la paix depuis la signature de cet accord le 4 mars 2007 et ont rendu possible, en premier lieu et dès le 29 mars, la nomination d'un Premier ministre accepté par tous les protagonistes de la crise, en particulier par ceux qui avaient pris les armes. Cela a permis de poursuivre le dialogue direct à tous les niveaux, sur tous les sujets et de mener de front toutes les actions prévues pour la mise en ?uvre de l'Accord, c'est-à-dire pour la sortie de crise. Ces actions ne sont pas de simples gestes symboliques. La Côte d'Ivoire retrouve son intégrité territoriale avec le démantèlement de la zone de confiance et l'inauguration du Centre de Commandement Intégré (CCJ) le 16 avril. Nous avons proclamé solennellement la fin de la guerre, le Premier ministre et moi-même, au cours d'une cérémonie de la flamme de la paix le 30 juillet à Bouaké, en présence de six chefs d'Etat étrangers". Et le chef de l'Etat de dire que: "L'année 2008 sera l'année des électionsA la fin des visites que j'effectuerai durant les mois de janvier et de février 2008 dans les régions de l'Ouest, du Centre et du Nord-Est, je saisirai le Conseil Constitutionnel, conformément à notre loi fondamentale, pour requérir son avis sur les conditions d'organisation de l'élection présidentielle".
De son côté, le Premier ministre Soro Guillaume, qui est toujours secrétaire général des Forces Nouvelles n'a pas sacrifié à la tradition des discours de fin d'année. Il se retrouve donc dans celui de Gbagbo Laurent. Vive la réconciliation des deux frères ennemis. On ne fait plus la guerre. Mais l'amour. Toutefois, la paix se fait encore désirer. Combien étaient-ils le 27 décembre dernier à Bouaké et à Guiglo à fuir encore les crépitements des armes ? Aux pauvres habitants des ces cités lointaines, il sera désormais plus difficile d'expliquer que l'accord de Ouagadougou apporte la tranquillité. C'est ce que Gbagbo ira constater sur le terrain et dira par la suite au Conseil Constitutionnel. Déjà, le chef de l'Etat lance un appel : " Allons à la paix. Allons aux élections. N'ayons pas peur de la Paix. N'ayons pas peur des élections ". Les conditions importent donc très peu. Pourvu que ce que les deux veulent, soit.
Alors citoyens, "Bonne année, élections"!
Eddy Péhé
Dans son discours de fin d'année, le Chef de l'Etat s'est voulu à la fois rassurant et triomphant : " L'accord de Ouagadougou marche et il marchera. Des actes concrets montrent bien nos avancées vers la paix depuis la signature de cet accord le 4 mars 2007 et ont rendu possible, en premier lieu et dès le 29 mars, la nomination d'un Premier ministre accepté par tous les protagonistes de la crise, en particulier par ceux qui avaient pris les armes. Cela a permis de poursuivre le dialogue direct à tous les niveaux, sur tous les sujets et de mener de front toutes les actions prévues pour la mise en ?uvre de l'Accord, c'est-à-dire pour la sortie de crise. Ces actions ne sont pas de simples gestes symboliques. La Côte d'Ivoire retrouve son intégrité territoriale avec le démantèlement de la zone de confiance et l'inauguration du Centre de Commandement Intégré (CCJ) le 16 avril. Nous avons proclamé solennellement la fin de la guerre, le Premier ministre et moi-même, au cours d'une cérémonie de la flamme de la paix le 30 juillet à Bouaké, en présence de six chefs d'Etat étrangers". Et le chef de l'Etat de dire que: "L'année 2008 sera l'année des électionsA la fin des visites que j'effectuerai durant les mois de janvier et de février 2008 dans les régions de l'Ouest, du Centre et du Nord-Est, je saisirai le Conseil Constitutionnel, conformément à notre loi fondamentale, pour requérir son avis sur les conditions d'organisation de l'élection présidentielle".
De son côté, le Premier ministre Soro Guillaume, qui est toujours secrétaire général des Forces Nouvelles n'a pas sacrifié à la tradition des discours de fin d'année. Il se retrouve donc dans celui de Gbagbo Laurent. Vive la réconciliation des deux frères ennemis. On ne fait plus la guerre. Mais l'amour. Toutefois, la paix se fait encore désirer. Combien étaient-ils le 27 décembre dernier à Bouaké et à Guiglo à fuir encore les crépitements des armes ? Aux pauvres habitants des ces cités lointaines, il sera désormais plus difficile d'expliquer que l'accord de Ouagadougou apporte la tranquillité. C'est ce que Gbagbo ira constater sur le terrain et dira par la suite au Conseil Constitutionnel. Déjà, le chef de l'Etat lance un appel : " Allons à la paix. Allons aux élections. N'ayons pas peur de la Paix. N'ayons pas peur des élections ". Les conditions importent donc très peu. Pourvu que ce que les deux veulent, soit.
Alors citoyens, "Bonne année, élections"!
Eddy Péhé