Yamoussoukro : L'entretien des édifices publics pose problème
Le premier lundi de chaque mois a lieu à la préfecture de région, le traditionnel salut aux couleurs initié depuis quelques années par le préfet de région, M. Gilbert Ahipo Ori (qui vient d'être remplacé après le mouvement préfectoral). Ce lundi 7 mai 2007, la place du drapeau est couverte de broussailles. Les fleurs qui décorent l'esplanade ressemblent plus à des arbustes sauvages.
Une visite des locaux montre que le bâtiment est en ruine. Des actes de vandalisme et d'incivisme sont perçus ici et là. Les plaques d'aluminium, le marbre, etc., ne sont plus que de vieux souvenirs. De même que les interrupteurs et autres accessoires électriques. L'étanchéité est défectueuse. La climatisation centrale également. L'état civil de la mairie est entouré de broussailles. Au sein desquelles vivent des agoutis et des rats. L'Institut national polytechnique Félix Houphouet-Boigny (INPHB), le lycée scientifique tombent en ruine. Sans travaux de réhabilitation. L'étanchéité et la climatisation sont défaillantes dans certains départements. Pareil aux 100 Logements, aux 50 Logements où se trouvent bon nombre de services publics. A l'entrée de ces cités, l'attention du visiteur est d'abord frappée par les broussailles. Les installations d'éclairage public ne fonctionnent plus. Dans les paliers des deux Cités, c'est l'obscurité totale la nuit tombée. Autant de signes qui en disent long sur le manque d'entretien des édifices et infrastructures publics à Yamoussoukro. Un fait que reconnaît le préfet approché.
Selon lui, cela s'explique par la situation de crise que vit l'Etat de Côte d'Ivoire. Mais surtout par la mort d'Houphouet-Boigny, l'architecte? de ces imposantes bâtisses. Il y a, en plus, le fait que Yamoussoukro a été construit sans avoir prévu de bureaux. Parce que sous-préfecture à l'époque. Devenu chef-lieu de département en 1986, puis de région en 1991, il fallait loger les différents services administratifs y afférents. Ainsi, à partir de 2000, diverses directions régionales, entre autres, les FRAR et FIAU, les statistiques, le budget, l'industrie, la Croix-Rouge, vont être casées à la préfecture. L'installation de ces différentes structures, surtout avec le système de climatisation qu'il fallait changer, a contribué à la dégradation du bâtiment. Surtout au niveau de la tuyauterie et de l'étanchéité. Dans les différentes cités, des fonctionnaires ont été délogés pour céder la place à des services publics. Pareil pour les infrastructures scolaires et universitaires qui sont surexploitées du fait de la guerre. En témoignent les chiffres de la population qui est passée de 160.000 habitants en 1998, à plus de 280.000 aujourd'hui. Au point que l'entretien des différentes infrastructures constitue un réel problème. Auquel s'ajoutent les actes de vandalisme et d'incivisme. Les panneaux de signalisation et les lampadaires sont coupés par endroits pour servir à la fabrication de marmites; les fils téléphoniques et électriques sont arrachés on ne sait par quelle technologie. Il y a peu, les 80 Lgts? n'avaient plus de téléphone. Simplement parce que des individus avaient emporté les câbles. L'on va jusqu'à casser le béton de certaines canalisations le long des voies pour en extraire le fer à béton, afin de le vendre sur le marché. Ces actes sont visibles sur la voie qui mène à Oumé, non loin de la gare Sans Frontières?.
L'Institut pour la formation et l'éducation de la femme (IFEF), sis au quartier Sopim, n'y a guère échappé. Cet Institut serait passé inaperçu, s'il n'existait pas une pancarte pour en indiquer la localisation. Il est couvert de broussailles. En plus, non seulement les portes sont rongées par les termites, mais celles-ci ont été défoncées par des inconnus. De même que les anti-vols qui protègent les fenêtres. Chaises, tables, bureaux et matériel servant à la formation des pensionnaires ont été pillés. Sans oublier les vitres ainsi que les accessoires électriques qui ont été tous emportés. Il convient de souligner ici que ce pillage a été favorisé par le manque de collaboration entre la Mairie, qui est le maître d'ouvrage et le ministère de la Famille, de la Femme et des Affaires sociales, le ministère de tutelle. De fait, les locaux de l'IFEF ont été construits il y a 3 ans. Sans clôture, ni abonnement électrique, encore moins d'adduction d'eau. Il appartenait, dit-on, au ministère de combler ce vide et d'engager aussi des vigiles pour la surveillance du centre. Mais rien de tout cela.
Au dire du préfet, la majorité des services implantés à Yamoussoukro ne disposent pas de budget pour l'entretien des édifices. Pour la préfecture par exemple, le premier administrateur a révélé qu'il ne reçoit que 125.000F CFA par trimestre, pour l'entretien des climatiseurs et les travaux d'électricité et de plomberie. Il n'y a pas de ligne budgétaire pour l'entretien de l'espace et des locaux. Lorsque je le fais, en ce qui concerne la préfecture, je le fais à mes frais?, a-t-il déploré.
M. Gilbert Ahipo Ori souhaite que quelque chose soit fait. Parce que, aujourd'hui, la réalisation d'un bâtiment à l'image de la Préfecture coûterait 10 fois plus qu'en 1986, date de sa construction?. Il se propose de faire l'inventaire de tous les travaux concernant les édifices publics, pour les soumettre à l'unité d'exécution du programme de transfert de la capitale. Afin que cet investissement lourd soit inscrit dans le programme. Car, dira-t-il, si l'on construit de nouveaux locaux et que les anciens acquis tombent en ruine, il y aura un dysfonctionnement. Parce qu'il va falloir recommencer. Il vaut mieux commencer un programme de réhabilitation de l'existant?, pense M. Gilbert Ahipo Ori, préfet de région. Il a recommandé en outre que des bureaux soient construits pour caser les éventuels services publics qui s'installeront à Yamoussoukro, dans le cadre du transfert de la capitale. Et qu'un mécanisme pour l'entretien des édifices publics réalisés et à réaliser soit trouvé.
Koffi Kouamé
Correspondant régional
Entre nous : Désolation Des édifices de grande importance tombent en ruine faute d'entretien. C'est malheureux. Mais cela n'est guère étonnant dans ce pays. Où l'on sait si bien construire de beaux bâtiments sans se soucier de les entretenir. D'ailleurs, personne ne s'en émeut. Triste réalité. A cela s'ajoutent des actes de vandalisme et d'incivisme. Non seulement, aucun moyen n'est dégagé pour entretenir l'existant, mais des personnes sans scrupule ont l'audace de tout détruire pour s'en servir à des fins personnelles. Les panneaux de signalisation et les lampadaires sont transformés en casseroles. Les câbles de téléphone sont vendus sur le marché. Les écoles ne sont pas épargnées par ces pilleurs qui ne craignent nullement de se retrouver sous les verrous. Quoi de plus normal dans ce pays où règne l'impunité. Ce pays où ceux qui ont pour parent tel homme politique ou tel commissaire de police ou encore tel homme d'affaires vous narguent à tout moment. Tu sais qui je suis ?.
par Nimatoulaye Ba
Une visite des locaux montre que le bâtiment est en ruine. Des actes de vandalisme et d'incivisme sont perçus ici et là. Les plaques d'aluminium, le marbre, etc., ne sont plus que de vieux souvenirs. De même que les interrupteurs et autres accessoires électriques. L'étanchéité est défectueuse. La climatisation centrale également. L'état civil de la mairie est entouré de broussailles. Au sein desquelles vivent des agoutis et des rats. L'Institut national polytechnique Félix Houphouet-Boigny (INPHB), le lycée scientifique tombent en ruine. Sans travaux de réhabilitation. L'étanchéité et la climatisation sont défaillantes dans certains départements. Pareil aux 100 Logements, aux 50 Logements où se trouvent bon nombre de services publics. A l'entrée de ces cités, l'attention du visiteur est d'abord frappée par les broussailles. Les installations d'éclairage public ne fonctionnent plus. Dans les paliers des deux Cités, c'est l'obscurité totale la nuit tombée. Autant de signes qui en disent long sur le manque d'entretien des édifices et infrastructures publics à Yamoussoukro. Un fait que reconnaît le préfet approché.
Selon lui, cela s'explique par la situation de crise que vit l'Etat de Côte d'Ivoire. Mais surtout par la mort d'Houphouet-Boigny, l'architecte? de ces imposantes bâtisses. Il y a, en plus, le fait que Yamoussoukro a été construit sans avoir prévu de bureaux. Parce que sous-préfecture à l'époque. Devenu chef-lieu de département en 1986, puis de région en 1991, il fallait loger les différents services administratifs y afférents. Ainsi, à partir de 2000, diverses directions régionales, entre autres, les FRAR et FIAU, les statistiques, le budget, l'industrie, la Croix-Rouge, vont être casées à la préfecture. L'installation de ces différentes structures, surtout avec le système de climatisation qu'il fallait changer, a contribué à la dégradation du bâtiment. Surtout au niveau de la tuyauterie et de l'étanchéité. Dans les différentes cités, des fonctionnaires ont été délogés pour céder la place à des services publics. Pareil pour les infrastructures scolaires et universitaires qui sont surexploitées du fait de la guerre. En témoignent les chiffres de la population qui est passée de 160.000 habitants en 1998, à plus de 280.000 aujourd'hui. Au point que l'entretien des différentes infrastructures constitue un réel problème. Auquel s'ajoutent les actes de vandalisme et d'incivisme. Les panneaux de signalisation et les lampadaires sont coupés par endroits pour servir à la fabrication de marmites; les fils téléphoniques et électriques sont arrachés on ne sait par quelle technologie. Il y a peu, les 80 Lgts? n'avaient plus de téléphone. Simplement parce que des individus avaient emporté les câbles. L'on va jusqu'à casser le béton de certaines canalisations le long des voies pour en extraire le fer à béton, afin de le vendre sur le marché. Ces actes sont visibles sur la voie qui mène à Oumé, non loin de la gare Sans Frontières?.
L'Institut pour la formation et l'éducation de la femme (IFEF), sis au quartier Sopim, n'y a guère échappé. Cet Institut serait passé inaperçu, s'il n'existait pas une pancarte pour en indiquer la localisation. Il est couvert de broussailles. En plus, non seulement les portes sont rongées par les termites, mais celles-ci ont été défoncées par des inconnus. De même que les anti-vols qui protègent les fenêtres. Chaises, tables, bureaux et matériel servant à la formation des pensionnaires ont été pillés. Sans oublier les vitres ainsi que les accessoires électriques qui ont été tous emportés. Il convient de souligner ici que ce pillage a été favorisé par le manque de collaboration entre la Mairie, qui est le maître d'ouvrage et le ministère de la Famille, de la Femme et des Affaires sociales, le ministère de tutelle. De fait, les locaux de l'IFEF ont été construits il y a 3 ans. Sans clôture, ni abonnement électrique, encore moins d'adduction d'eau. Il appartenait, dit-on, au ministère de combler ce vide et d'engager aussi des vigiles pour la surveillance du centre. Mais rien de tout cela.
Au dire du préfet, la majorité des services implantés à Yamoussoukro ne disposent pas de budget pour l'entretien des édifices. Pour la préfecture par exemple, le premier administrateur a révélé qu'il ne reçoit que 125.000F CFA par trimestre, pour l'entretien des climatiseurs et les travaux d'électricité et de plomberie. Il n'y a pas de ligne budgétaire pour l'entretien de l'espace et des locaux. Lorsque je le fais, en ce qui concerne la préfecture, je le fais à mes frais?, a-t-il déploré.
M. Gilbert Ahipo Ori souhaite que quelque chose soit fait. Parce que, aujourd'hui, la réalisation d'un bâtiment à l'image de la Préfecture coûterait 10 fois plus qu'en 1986, date de sa construction?. Il se propose de faire l'inventaire de tous les travaux concernant les édifices publics, pour les soumettre à l'unité d'exécution du programme de transfert de la capitale. Afin que cet investissement lourd soit inscrit dans le programme. Car, dira-t-il, si l'on construit de nouveaux locaux et que les anciens acquis tombent en ruine, il y aura un dysfonctionnement. Parce qu'il va falloir recommencer. Il vaut mieux commencer un programme de réhabilitation de l'existant?, pense M. Gilbert Ahipo Ori, préfet de région. Il a recommandé en outre que des bureaux soient construits pour caser les éventuels services publics qui s'installeront à Yamoussoukro, dans le cadre du transfert de la capitale. Et qu'un mécanisme pour l'entretien des édifices publics réalisés et à réaliser soit trouvé.
Koffi Kouamé
Correspondant régional
Entre nous : Désolation Des édifices de grande importance tombent en ruine faute d'entretien. C'est malheureux. Mais cela n'est guère étonnant dans ce pays. Où l'on sait si bien construire de beaux bâtiments sans se soucier de les entretenir. D'ailleurs, personne ne s'en émeut. Triste réalité. A cela s'ajoutent des actes de vandalisme et d'incivisme. Non seulement, aucun moyen n'est dégagé pour entretenir l'existant, mais des personnes sans scrupule ont l'audace de tout détruire pour s'en servir à des fins personnelles. Les panneaux de signalisation et les lampadaires sont transformés en casseroles. Les câbles de téléphone sont vendus sur le marché. Les écoles ne sont pas épargnées par ces pilleurs qui ne craignent nullement de se retrouver sous les verrous. Quoi de plus normal dans ce pays où règne l'impunité. Ce pays où ceux qui ont pour parent tel homme politique ou tel commissaire de police ou encore tel homme d'affaires vous narguent à tout moment. Tu sais qui je suis ?.
par Nimatoulaye Ba