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Notre Voie
· 3 min de lecture

Libérons l'intelligence !

Les indicateurs que sont le produit intérieur brut (PIB), le revenu par habitant, le SMIG, le taux de chômage et le niveau de santé de la population dévoilent le niveau de développement d'un pays. Parmi ces indicateurs il faut aussi citer le taux d'intellectuels dans la population jeune, la faible capacité d'insertion de la jeunesse compétente dans le tissu professionnel, la corruption et le népotisme qui greffe les mécanismes d'insertion aussi bien dans le public que dans le privé.
Dans nos pays, des millions de jeunes intellectuels se battent chaque jour en vain pour mettre leur capacité de réflexion et d'analyse au profit de leur pays. N'a t-on pas coutume de dire que la jeunesse est l'avenir du pays ? Mais lorsqu'on le dit et que rien n'est fait pour permettre son émancipation, le doute qui plane sur la véritable motivation des auteurs de ses propos est totalement justifié. Ils sont très prolixes quand il s'agit de convaincre mais inactifs quand il s'agit de poser des actes concrets.
Nous imaginons dans nos pays africains des prisons discrètes et minutieusement conçues dans lesquelles se débat l'intelligence et la réflexion, socle d'un véritable développement et gage de toute réussite.
Certains autoritaires ou du moins certaines autorités et décideurs de ce pays n'auront pas le privilège de ma part d'être accusé de spectateurs distraits des gesticulations de la fougueuse intelligence d'une jeunesse non encore corrompue seule capable de relever le défi du développement. Car je suis informé de cette espèce de rationalisation qui se traduit par la justification des échecs. Pendant que nous attendons une aide de leur part, ils nous présentent un goulot d'étranglement d'où parviennent à sortir certains jeunes lavés des vertus capitales et habillés luxueusement d'infamies morales. Ces jeunes finissent par ne plus croire au pouvoir du travail bien fait et en l'intelligence car telles n'ont pas été les critères qui leurs permettent de jouir- à un moment donné d'une aisance matérielle. Autorités ivoiriennes, votre jeunesse perd ses repères. Si nous n'y prenons garde, nous ne passerons jamais l'étape où l'intelligence combat l'intelligence. Les agissements des capitalistes nationaux ne sont aucunement dissociables de ceux des capitalistes internationaux qui établissent le cadre réglementaire mondial d'où ils tirent le maximum de profit au grand dam de nos autorités plaintives pendant qu'elles s'adonnent à la même chose au pays. Aujourd'hui, pour pousser plus loin le ridicule en ce qui concerne la dette extérieure, certains pays africains s'accordent pour exiger une annulation pure et simple de celle-ci, feignant de savoir qu'elle constitue une arme très puissante dans le système capitaliste mondial. Ce que nous pouvons proposer à juste titre, c'est l'audit de cette dette mais puisque nous refusons de réfléchir, donc de libérer l'intelligence, nous utilisons des faux-fuyants. La bible dit : Efforcez-vous de passer par les chemins étroits. Les mécanismes socio-économiques de gestion des ressources mondiales sont très dynamiques tandis que la gestion des ressources humaines se traduisant par la promotion d'une jeunesse capable de s'y adapter est d'une lenteur choquante dans nos pays. Traînant toujours ce gros boulet lourd qu'est la politique telle qu'elle est perçue par la grande majorité des Africains.
Il est grand temps de promouvoir l'esprit scientifique qui juge au résultat sans se contenter de prétexte. Nous avons des élus, des autorités et des cadres dans nos régions mais la jeunesse n'a d'intérêt que pour conforter leurs privilèges matériels au prix de quelques miettes de survie. Je n'accuse pas parce que je condamne aussi cette prédisposition morale à s'accommoder des vices sociaux à laquelle est contrainte la jeunesse et à laquelle elle s'adonne à c?ur joie. Evitons ce piège qui consiste à nous faire avaler un copieux repas empoisonné car tel est le cas. Nous devons constamment croire aux vertus capitales pour ne donner aucun prétexte à ceux qui retirent du plaisir à faire constamment passer l'intelligence de la prison au cimetière. Si les Etats des pays africains, à travers leurs structures en charge de l'éducation de population et de l'édification d'une conscience nationale, sont d'une compétence approximative, la jeunesse doit libérer l'intelligence car il y va de notre sens élevé de la responsabilité. Nous ne percevrons les changements que si nous y croyons car dans le cas contraire, nous serons emportés par ce vent de ces esprits malsains qui touchent aussi bien les nantis matériellement que les économiquement faibles que nous sommes. Alors, brisons les barrières et libérons l'intelligence pour explorer ses immenses potentialités.





Gohi Obrai Charles Libre-penseur

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Article publié par Notre Voie et référencé par 225.ci.