Tiken Jah
Après cinq ans d'exil volontaire au Mali, l'artiste-chanteur, Tiken Jah Facoly, est rentré au bercail depuis quelques jours. Doumbia Moussa, de son vrai nom, retrouve ainsi la Côte d'Ivoire qu'il a quittée, qu'il a abandonnée au moment où les salauds y mettaient le feu. Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Le descendant de Fakoly qui, certainement avait une idée du visage de cette rébellion naissante, avait vite fait de prendre le parti de celle-ci. Le parti de ceux qui avaient mis ''Gbangban'' dans notre pays. Et Tiken Jah de battre campagne à travers le monde entier pour que ceux-ci prennent le dessus sur le peuple de Côte d'Ivoire. Eh bien ! Après cinq ans de résistance au cours de laquelle, l'on a enregistré de nombreux morts, de nombreux blessés à vie, la vérité, c'est que la mobilisation des Ivoiriens n'a pas faibli. La preuve est là. Toute faite. La Côte d'Ivoire qu'on croyait mettre sous coupe réglée, est plus que jamais débout. Avec un président de la République tout aussi déterminé. Et le reggaeman ivoirien, Doumbia Moussa, qui avait plutôt prédit la victoire des salauds sur son propre pays, n'a que ses yeux pour pleurer. Car quel mérite Tiken Jah a-t-il à abandonner aux mains des Babylonéens, un peuple dont il dit être le porte-voix ? La honte est grande. La désillusion aussi. L'artiste lui-même en est conscient qu'il a choisi de rentrer en Côte d'Ivoire incognito. Sans tambours, ni grelots. Eh bien ! C'est un signe de deuil. Un signe de désolation. Mais aussi d'échec. Ce n'est nullement faire preuve d'humilité que de rentrer au bercail en rasant les murs. En tout cas, pas pour le descendant de Fakoly. Evitons donc de faire la fine bouche et de vouloir opposer Tiken Jah qui a appelé au renversement des institutions de la République à Alpha Blondy qui, lui, a le mérite d'être resté en Côte d'Ivoire, aux côtés du peuple ivoirien au moment où celui-ci essuyait les coups de canon de l'armée française. C'est là la vérité.