Aller au contenu
Notre Voie
· 3 min de lecture

Mécontentement au FPI - Pourquoi la base grogne

Les militants du Front populaire ivoirien ne sont pas contents et ils l`expriment vertement depuis quelque temps à leurs responsables.
Poussée de fièvre au Front populaire ivoirien (FPI). La base mécontente a décidé de crier sa colère à la face du sommet. Et la tournée qu`effectue actuellement l`OFFPI dans le District d`Abidjan se présente comme un bon baromètre pour prendre le pouls de cette grogne qui monte, à quelques petits mois des consultations électorales.
Les femmes militantes d`Abidjan et sa banlieue, recevant les émissaires de la direction de l`OFFPI, ne sont pas passées par quatre chemins pour dire haut ce que les hommes ruminent bas dans les sections et autres structures de base. Les griefs formulés sont multiples, multiformes et adressés à la direction, aux élus et aux cadres du parti de Pascal Affi N'Guessan.
De façon générale, les mi-litantes se disent abandonnées par leur parti après la prise du pouvoir d`Etat. Nous nous sommes battues pour que le FPI arrive au pouvoir. Nous avons tout perdu dans la lutte et aujourd`hui, nous sommes abandonnées. Le parti nous a oubliées. Nous avons des problèmes et il n`y a personne pour nous aider?, ont clamé en ch?ur, les militantes partout où les envoyées de Marie-Odette Lorougnon, secrétaire générale de l'OFFPI, sont passées. Les femmes comme les hommes qui ont battu le pavé pendant les moments de braise, bravé la prison, les brimades, les humiliations et tout ce qui entoure la galère de l`opposition, attendaient une légitime récompense, une fois le pouvoir acquis. Certes, les militants sont conscients que la guerre a faussé les calculs de leur parti, mais ils restent aussi convaincus que cette guerre, aussi sale et nuisible qu`elle soit, ne peut expliquer tous les écarts de leurs dirigeants. De leurs recoins où ils scrutent l`horizon, les militants suivent avec vigilance tout ce qui se passe dans la République.
Certains ont évoqué les nombreux dons en espèces faits par le président Gbagbo à des personnes, des groupes constitués, des sportifs pour quelques lauriers glanés ou des églises à la faveur des fêtes de moissons et autres rituels. D`autres se sont offusqués du traitement trop privilégié accordé aux membres de la galaxie patriotique au sein de laquelle pullulent de fiéfés opportunistes en quête de pitance?.
Les plaintes ont concerné aussi la cherté de la vie, le racket sur les routes et dans les hôpitaux où le pauvre n'a pas droit aux soins, la vente des places au concours de la Fonction publique, etc.
Les militants du FPI reprochent à la direction de n`avoir pas promu la solidarité qui constitue un des leviers de tout parti socialiste. Cette solidarité devrait, selon eux, se traduire par l`assistance aux camarades confrontés aux difficultés et la conception de stratégies visant à assurer l`insertion socio-économique des militants. C`est dans cet ordre d`idées que s`inscrit, par exemple, la requête des militantes de Cocody portant sur la création d`un fonds de solidarité au niveau du parti. La base accuse, en outre, le sommet de mal gérer la petite parcelle de pouvoir qui est restée dans l`escarcelle du parti après les sacrifices consentis au nom de la paix. Il n`y a aucune politique de promotion des militants?, déplorent-ils.
S`agissant des élus et cadres, le réquisitoire des militants est plus salé. Il leur est reproché de couper le pont avec leurs camarades dès qu`ils sont élus ou nommés à des postes juteux. Cette critique est revenue sur plusieurs lèvres pendant la tournée du bureau national de l`OFFPI.
Les élus (députés et maires) et les cadres (ministres, PDG, DG, conseillers économiques et sociaux) sont inaccessibles. Au dire des militants, obtenir un rendez-vous avec un élu ou un cadre relève d`un parcours du combattant. Bien sûr, il y a des exceptions et la base n`hésite pas à saluer les bons exemples.
En un mot comme en mille, les militants du FPI veulent plus de solidarité. Ils souhaitent que leurs camarades qui ont eu la chance de goûter aux fruits de la lutte se souviennent de ceux qui sont encore dans le creux de la vague.
Le moins qu`on puisse dire, c`est que Affi N'Guessan et ses camarades du FPI ont eu le nez creux en décidant d`aller à la rencontre de la base. Cela leur permettra, à n'en point douter, de désarmorcer une bombe sous les pieds du FPI avant les élections.

Junior Dekassan

Dans cet article

Article publié par Notre Voie et référencé par 225.ci.