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Violences à caractère politique : Human Rights Watch demande la fin de l'impunité? pour la FESCI

L'organisation de défense des droits de l`Homme Human Rights Watch (HRW) a réclamé dans un rapport publié mercredi la fin de "l`impunité" dont bénéficie le principal syndicat étudiant de Côte d`Ivoire, la Fesci, responsable de nombreux actes de violences "à caractère politique". "Depuis 2002, lorsqu`un coup d`État manqué a plongé le pays dans une crise politico-militaire, la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d`Ivoire (Fesci) (...) s`est rendue responsable de violences à caractère politique et criminel, notamment de meurtres, d`agressions, d`extorsion et de viols", affirme l`ONG dont le siège est à New York. "Les attaques ont souvent ciblé de supposés opposants au parti au pouvoir, le Front populaire ivoirien" (FPI), la formation du président Laurent Gbagbo, selon HRW. "Depuis des années, le gouvernement ivoirien, faisant preuve d`un esprit partisan, a régulièrement omis d`enquêter sur les délits criminels graves perpétrés par des membres de la Fesci et de poursuivre ou de punir les auteurs de ces actes", a déploré Corinne Dufka, directrice pour l`Afrique de l`Ouest de HRW. "L`impunité dont jouissent les groupements tels que la Fesci doit cesser dès maintenant afin de créer un climat propice à des élections pacifiques", a-t-elle ajouté en référence à l`élection présidentielle prévue le 30 novembre 2008. Intitulé "La meilleure école: La violence estudiantine, l`impunité et la crise en Côte d`Ivoire", le rapport de HRW décrit sur 111 pages comment, au cours des dernières années, les membres de la Fesci ont été impliqués dans des attaques à l`encontre de ministres de l`opposition, de magistrats, de journalistes ainsi que d`organisations de défense des droits humains". Sur la base de témoignages recueillis lors d`une enquête menée à Abidjan et Bouaké (centre), l`ONG ajoute que "le groupement estudiantin a tué, violé et violemment passé à tabac des étudiants perçus comme des sympathisants de la rébellion basée dans le Nord ou de l`opposition politique". La Fesci est aussi accusée d`avoir "un comportement de type mafieux, se livrant notamment à l`extorsion et au racket auprès de commerçants travaillant sur les sites des universités et écoles secondaires ou aux abords de ceux-ci", souligne le rapport. Depuis 2002, elle a été souvent mobilisée avec d`autres groupements de jeunes progouvernementaux, comme les "Patriotes", "pour entraver le processus de paix en Côte d`Ivoire à des moments cruciaux, au profit du FPI", estime l`ONG. La sortie de son rapport intervient deux jours après de vives critiques du président Gbagbo à l`encontre de la Fesci lors d`une cérémonie à laquelle participait le secrétaire général du syndicat, élu en décembre. "Abandonnez les combats à la machette, le banditisme, le gangstérisme, la mafia", avait notamment dit le chef de l`Etat.

AFP

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